Le blog politique de Luc Mandret

13 août 2008

De la communication politique à la politique de communication

Classé dans : blogs, communication, politique — lucmandret @ 01:00
Pour avancer en politique, deux cerveaux sont nécessaires : les idées et la communication. Sans idées, la communication politique ne pourra fonctionner qu’un bref instant, pour vouloir vendre il faut un produit à vendre. Sans communication, les idées deviennent stériles, réfléchir et proposer ne présente un intérêt qu’à partir du moment ou les idées sont débattues, sont critiquées, sont incendiées, sont développées.

Ce paragraphe pourrait sembler d’une mièvre banalité, si l’on ne voyait régulièrement des militants, sympathisants ou passionnés de politique très régulièrement faire le procès de l’un ou de l’autre : qui pense que communiquer en politique s’apparente uniquement à un démon qu’il ne faut surtout pas approcher, qui utilise le buzz comme simple fonction politique.

Une même personne peut-elle alors s’occuper de ces deux fonctions : réfléchir et construire les projets, communiquer et publier ces projets ? Pas forcément. L’idéologue pourra travailler de son côté à un programme et à des réflexions. Le communicant pourra travailler à la diffusion des messages. Ils se doivent d’être en étroite liaison, pour d’une part ne pas biaiser le message, pour d’autre part s’assurer que le message peut être audible.

Pour ma part, je me passionne plus pour la communication politique. A partir d’une matière brute, chercher des outils et des solutions innovantes pour que les personnes qui réfléchissent voient leur travail être au minimum (re)connu par le plus grand nombre. Il n’empêche que je suis de très près les différentes réflexions. Mais à titre personnel, les idéologies existent déjà, la réflexion politique consistant plus aujourd’hui à chercher des mesures et des lois pour aller dans le sens de cette idéologie en fonction des impératifs et conditions de la société réelle.

Différentes discussions avec des personnes travaillant dans la communication m’ont amené à m’interroger sur l’importance de l’outil blog dans ces deux aspects de la politique. Peut-on réfléchir sur les blogs ? Très certainement. Et il existe quelques dizaine de blogs français sur lesquels on peut lire de très intéressantes analyses et propositions. Très souvent ces blogueurs y sont isolés dans un sujet très spécifique, très rarement ces blogueurs sont militants dans un parti. Ils se retrouvent plus dans une démarche de lobbying que de politique. Et malheureusement, les blogueurs dits politiques se complaisent bien plus à revendiquer un travail de fond qu’à la réflexion propre de ce travail. D’ailleurs, le blog rencontre très rarement la contrainte du militantisme primaire, les pro et les anti ne poussant pas la réflexion au-delà de leurs ornières militantes.

Les blogs comme outil de communication politique n’en sont qu’à leurs prémices. Finalement, très peu de blogs peuvent avoir l’influence d’un média traditionnel. La plus rapide, la plus efficace et la plus naturelle des communications politiques restant la presse écrite, la télévision ou la radio. Ou même une campagne d’affichage ou de distribution de tracts. Si les blogs très spécialisés peuvent avoir un impact considérable, ils s’en tiennent à leur spécialisation, et c’est plus aux partis politiques de veiller sur ces blogs, parfois de reprendre des idées ou de tenter de les approcher, plutôt que de les utiliser comme alliés. Personne ne peut prédire l’avenir des blogs à long terme. Mais il est fort probable qu’à l’approche d’échéances électorales, des blogs (existants ou non) prendront de la puissance dans la sphère médiatique. Une petite poignée seront des lieux incontournables de diffusion, de constestation. Probablement chapotés par les partis politiques directement, par des militants médiatisés, par des think tank amis, ou encore par des professionnels de la communication.

Si la réflexion ne peut véritablement se tenir sur les blogs, il existe des endroits pour que ce travail nécessaire s’effectue. Des lieux physiques, les réunions autour d’une table de commissions restent encore le moyen le plus évident. Des lieux virtuels également, mais le forum apporte une technologie plus propice à cet échange. Un forum fermé, des thématiques séparées et des sujets bien distincts. Il en existe un très productif et intéressant pour le MoDem, probablement aussi dans les autres partis. Mais sur les forums, aucune place pour les égos, une équipe de modérateurs doit être mise en place pour une véritable efficacité, une sélection des intervenants peut s’avèrer rude et parfois dangereuse si mal maîtrisée.

Si la communication politique perce au travers des blogs, il faudra que les partis et les plus hauts dirigeants des partis politiques accordent leur confiance à cet outil, qu’ils le comprennent et l’utilisent avec une certaine éthique. Qu’ils ne considèrent pas les blogs (comme peuvent le faire certaines agences spécialisées dans le buzz) comme des machines à diffusion de messages traditionnels, mais bel et bien comme un endroit où une nouvelle création politique peut voir le jour. Aux blogueurs de savoir se tenir et d’adapter leurs discours à une crédibilité honnête et sérieuse. Aux médias de ne pas considèrer les blogueurs comme des concurrents dangereux, mais comme des alliés dans leur travail. Aux politiques de mettre les moyens et les personnes en place …

12 août 2008

Au Parti Socialiste, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Classé dans : PS, humour, politique — lucmandret @ 03:00
Au Parti Socialiste, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Au Parti Socialiste, tout le monde a beaucoup de bonnes idées, tout le beau monde respecte toutes les belles idées de ses beaux camarades. Il est venu le temps d’ouvrir les yeux, et de rendre hommage à ce merveilleux parti que nous devrions tous soutenir. Une grande injustice que de ne pas avoir encore vu le Parti Socialiste être récompensé du Prix Nobel de la Paix.

Au Parti Socialiste, les militants s’aiment. Comme à l’église, les socialistes aiment communier dans la sérénité pour aider le monde à aller mieux. Il arrive parfois, mais alors très rarement, qu’un socialiste médise sur un autre socialiste. Alors il s’en veut tellement qu’il ne peut supporter ce lourd fardeau, et comme la culpabilité est trop pesante, il ne tarde guère à présenter ses excuses, lesquelles sont bien rapidement acceptées. Point de rancune ni de conflits enfouis au Parti Socialiste, l’union et la paix des esprits prévalent.

Au Parti Socialiste, point de place pour les conflits. Certes quelques divergences de fond peuvent apparaître, mais rapidement ils se retrouvent tous autour d’une table pour apaiser les points de désaccord, pour que tous ensemble ils s’accordent sur une ligne claire et intelligible à adopter. Et bien évidemment, quelques contradicteurs sont déçus de ne pas avoir pu imposer leur conception, mais ils se soumettent à la majorité et l’unité du Parti Socialiste est préservée en parlant tous d’une même voix audible et cohérente.

Au Parti Socialiste, les égos n’existent pas. Tous les camarades ont la même importance. Que l’on soit simple militant ou cadre important de la rue de Solférino, les socialistes intègrent que les bonnes idées viennent de partout. D’ailleurs, si il existe encore certaines chapelles, ce n’est que pour prouver que perdure un débat d’idées au sein du Parti Socialiste. Peu importe les personnes qui portent ces idées, leurs lieutenants ne réfléchissent ô combien jamais à leur plan de carrière, mais seulement à l’utilité qu’ils peuvent apporter dans une réflexion commune.

Au Parti Socialiste, on travaille pour le beau et le bien. Il faut apporter un avenir radieux à la France et aux Français. Les socialistes sont au service de leurs concitoyens, ils se meurent à la tâche pour chaque jour rendre le quotidien du plus grand nombre plus merveilleux. Preuve en sont les années durant lesquelles le Parti Socialiste dirigeait le gouvernement, les plus belles années que la France n’a jamais connu. Bien sûr encore mieux eut été possible, mais il ne faut point blâmer le Parti Socialiste, la faute se trouve dans la conjoncture internationale. Quand le Parti Socialiste est au pouvoir, la France est belle, les Français sont beaux, l’économie est resplendissante, la pauvreté est éradiquée.

Au Parti Socialiste, il faut combattre la droite pas belle et méchante. Etre dans l’opposition se révèle une dure tâche, mais les socialistes ne perdent jamais espoir. Les parlementaires socialistes combattent toutes les mesures pas belles et méchantes de la droite, au quotidien, avec toute leur énergie. Les militants socialistes réfléchissent chaque seconde à construire une véritable alternative à la droite pas belle et méchante. Ils ne critiquent jamais stérilement à l’aide d’arguments fallacieux, ils argument et creusent chaque sujet, ils analysent et chiffrent chacune de leur proposition. D’ailleurs, les socialistes ne resteront pas longtemps dans l’opposition, le Parti Socialiste est si beau et si gentil.

Ce billet publi-rédactionnel a été écrit en échange d’une rémunération conséquente versée par le beau et gentil Parti Socialiste. Un beau et gentil militant socialiste a bien évidemment relu, annoté et corrigé cet article.

Au bout du tunnel

Classé dans : paris18, photographie — lucmandret @ 06:00

11 août 2008

Il faut aimer le soldat Chirac

Classé dans : politique — lucmandret @ 11:30
Jacques Chirac. Depuis son retrait de la vie politique, j’éprouve une profonde nostalgie de Jacques Chirac. Le papi finalement me manque. Certes il a été un bien mauvais Président de la République. Certes Jacques Chirac est une vieille crapule, un escroc (de la politique) et nous ne retiendrons qu’une chose positive de ses deux mandats : sa politique étrangère. Le non atlantisme, son refus de suivre les Etats-Unis dans la guerre en Irak, son aura internationale dans les pays arabes et africains. Et ce n’est pas rien.

Mais surtout Chirac m’est sympathique. Il ne joue pas au vieux con moralisateur, comme pourrait le faire un ancien président de la République. Il s’en tient à une retraite paisible (et probablement dépressive) avec Momone. Bernadette Chirac, elle, doit regretter plus que lui les fastes luxueux des ors de l’Elysée. Et Sumo le bichon de la famille doit également regretter ses sorties dans les jardins des palais de la République.

J’en aurais presque enterré Jacques Chirac, si je ne suivais pas les flux d’un site people. No comment please. Sur pure people, j’ai trouvé ce cliché de Jacques Chirac en compagnie de Jean-Louis Debré. Les vacances de Jacques Chirac à Saint Tropez y sont relatés avec moults détails et photos. Différentes sorties de l’ancien président de la République, avec son ami le président du Conseil Constitutionnel, ou bien sur le yacht de François Pinault, ou encore sur des marchés dans des bains de foules dont il a le secret.

Jacques Chirac a passé sa vie à faire de la politique. Se faire désirer. Etre aimé. Susciter le désir. Séduire ses camarades et les électeurs. Devenir populaire. Sans tomber dans la psychologie de comptoir (Allo ? Macha si tu me lis), Jacques Chirac a encore besoin d’être aimé. Et peut-être encore plus maintenant qu’il est sur le banc de touche. Serrer des louches par centaines, embrasser des femmes sur les quatre joues, prendre des enfants dans ses bras, se faire photographier, sentir les gens se retourner sur son passage, entendre les gens chuchoter à son approche.

Sauvons le soldat Chirac, mes biens chères soeurs, mes très chers frères, aimons Jacques Chirac. Envoyons-lui toute l’affection dont nous sommes capables. Ne laissons pas un petit vieux seul dans sa détresse, se morfondre dans la canicule de sa retraite bronzée. Jacquot si tu me lis : oui, je t’aime !

10 août 2008

Le Journal du Dimanche, journal sarkozyste ?

Classé dans : medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 02:30
Il y a fort longtemps que je n’avais ouvert les pages du Journal du Dimanche. A peine à l’occasion quelques articles consultés sur le site internet du Jdd. Ce matin, en feuilletant le journal, un article en particulier retient mon attention. Un papier signé Olivier Jay, page 4 du Journal du Dimanche, dans la rubrique Politique. Une pleine page sur la visite du Président de la République française en Chine, pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Un grand numéro d’hommage à la gloire de Nicolas Sarkozy. Décryptage.

Tout d’abord une énorme photographie. On y voit un Nicolas Sarkozy, tout sourire, un bras sur l’épaule de son fils Louis, le second sur celui du Président algérien Abdelaziz Bouteflika. Sarkozy domine d’une tête ses deux acolytes, se penchant d’un air protecteur sur ses deux interlocuteurs. Cette image représente à merveille le fond de l’article : la famille et la politique. Le people et le chef d’Etat.

Un chapeau d’une dizaine de lignes. Le premier paragraphe revient sur les précédentes vacances de Nicolas Sarkozy, souvenez-vous l’été dernier à Wolfeboro. Pas question pour le journaliste du JDD de revenir sur les différentes polémiques, sur les vacances de star, sur le tournant donné à la politique internationale française dans un alignement atlantiste. Non, Olivier Jay préfère y voir une “réconciliation internationale” et des vacances pour “recoller les morceaux avec Washington“. Jacques Chirac n’entrainant pas la France dans la guerre en Irak doit se retourner dans sa tombe de retraité. Le second paragraphe de ce chapeau dresse le portrait d’un surhomme sacrifiant ses pauvres vacances pour se rendre à Pekin : Nicolas Sarkozy a “quitté la torpeur du Cap Négre” pour passer en Chine “treize heures sur place après de longues tractations et une pression maximale“.

Quatre parties dans cet article. On commence par Louis Sarkozy, il est vrai que c’est le plus important dans la visite d’un chef d’Etat à l’étranger. Un quart de l’article sur le fils du Président de la République dans un article supposé politique, on croit rêver. Tout y passe dans la description du petit Louis : “un petit garçon à lunettes, T-shirt et baskets” qui ensuite porte “un blazer bleu marine” mais qui dans l’avion de retour “a remis un sweat-shirt“. Passionnant. Tout est bon dans le ridicule : du “Loulou est fatigué” au “fromage blanc” mangé dans l’avion en passant par le “il vient de retrouver son papa“. Tout y passe : les vêtements, les surnoms, la familiarité, les repas. Du pur sentimentalisme, un long paragraphe pour que le lecteur croit que le fils de Nicolas Sarkozy (donc Nicolas Sarkozy lui-même) est un Français comme les autres. Du sentimentalisme, de la familiarité pour s’attacher, pour accrocher le lecteur. Un journaliste de Gala serait aussi mauvais et grossier.

La seconde partie de l’article nous emmène dans les coulisses de ce voyage. Vous voulez de l’anecdote, vous souhaitez remplir les lignes de votre article de détails sans intérêt, le JDD vous satisfait : du député Bernard Debré qui “brandit l’édition chinoise de son ouvrage Tout savoir sur la prostate et l’offre à Raffarin” en passant par une phrase sur la présidence du Sénat, totalement hors-sujet. Mais une phrase provoque l’hilarité quand Olivier Jay énumère les personnes présentes dans l’avion présidentiel : “Et, bien sûr, le conseiller diplomatique, le très Quay d’Orsay Jean-Daniel Levitte“. Problème, Jean-Daniel Levitte n’était pas à bord de l’avion présidentiel, Jean-David Levitte lui était présent. Difficile de prendre au sérieux un article qui se trompe sur le prénom des conseillers du Président. A croire que les relecteurs du Journal du Dimanche sont tous en vacances. Ou bien que personne ne s’intéresse véritable à la politique dans cet hebdomadaire.

Troisième partie. Cette fois, le journaliste laisse la parole aux sportifs retraités constituant la cour du Roi Sarkozy. Sophie Dion, Alain Mimoun, Marielle Goitschel, Bernard Hinault. Et aux sportifs représentants la France à ces Jeux Olympiques. Forcément, tous dans le JDD dressent des lauriers à Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy, l’ami des sportifs, qui embrasse, qui tutoie, qui parle de Carla. Une phrase de Nicolas Sarkozy rapportée : “Le sport, c’est ma passion“. Quel poète ce président. Imaginerait-on un Président de la République se rendant à un évènement sportif dire : “La musique, c’est ma passion” ? Le Journal du Dimanche n’a-t-il donc rien de plus passionnant à écrire qui sorte de la bouche de Sarkozy ?

Enfin, la suite et fin de l’article revient sur les questions des droits de l’homme. Mais plutôt que de parler de la liberté d’expression, des prisonniers politiques, l’article ne s’axe qu’autour du Dalaï Lama. Et la sentance est irrévocable pour donner raison à Nicolas Sarkozy : “Personne ne doit en douter. Le dalaï-lama a voulu aussi ces JO à Pékin“. Pas de rencontre entre le religieux et le président français ? C’est le dalaï lama qui “ne veut pas d’une rencontre“. Circulez, il n’y a rien à voir. Les critiques de l’opposition sur la présence de Nicolas Sarkozy en Chine ? Pas un mot dans cet article, l’opposition française dans le JDD est aussi inexistante que les dissidents chinois dans leur pays. L’absence d’Angela Merkel, la chancelière allemande ? Surtout, n’abordons pas le sujet, il pourrait fâcher le sarkozysme. Ah si, ne soyons pas de mauvaise foi, Robert Ménard (le président de Reporters sans Frontières) est cité. Ce qu’il pense, ce qu’il revendique, on ne le saura jamais dans cet article, le journaliste préfère rapporter les paroles de Nicolas Sarkozy : “Je contribue plus à l’avancée des droits de l’homme que M. Ménard qui me traite de lâche“. On appréciera le professionnalisme d’Olivier Jay qui aime la confrontation des idées.

Mais si l’on devait y trouver une seule critique du sarkozysme sous la plume d’Olivier Jay, c’est Roselyne Bachelot qui en fait les frais, “la ministre de la Santé et des Sports, enrobée dans le T-shirt officiel de l’équipe de France, immaculée“. Enrobée. Immaculée. Enrobée, très class, très élogieux, on imagine Bachelot pas vraiment à son avantage. Immaculée, je n’ai pas compris.

Et l’article se termine en nous informant que Nicolas Sarkozy aurait “préféré rester en vacances“. Point final. Magnifique chute pour la presse française. Le Figaro apparaît à côté du Journal du Dimanche comme un dangereux journal d’opposition. Mais si vous n’avez pas eu assez de propagande sarkozyste, vous pouvez également lire l’encart du dessous, une nouvelle hagiographie de Sarkozy signée Olivier Jay. Encore du people : Nicolas Sarkozy “écoutait le dernier album de son épouse“. Puis des informations capitales sur la famille Bruni-Tedeschi ou bien sur les méduses autour de la villégiature. Voila pour la première partie. La seconde parle de “la mort du petit Valentin” qui a “bouleversé” Nicolas Sarkozy, un mort quand il est petit et nommé par son prénom faisant forcément plus pleurer dans les chaumières. Et l’on termine par Nicolas Sarkozy “concentré sur la crise en Ossétie“. Qu’il s’en moque eut été étonnant, non ?

Olivier Jay, en plus d’exercer le métier de journaliste politique pour le Journal du Dimanche, est également directeur délégué de la rédaction de l’hebdomadaire. Rappelons également que le journal est la propriété du groupe Lagardère, goupe dirigé par Arnaud Lagardère, le frère de Nicolas Sarkozy. Ce même Arnaud Lagardère auteur de cette phrase : “C’est quoi l’indépendance en matière de presse ? Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne“. Olivier Jay semble avoir pleinement intègrer cette remarque.

9 août 2008

Jean-Claude Dassier doit-il démissionner ?

Classé dans : medias, télévision — lucmandret @ 10:30
Je ne serai pas aussi sobre que l’ami Narvic. Visionnez la vidéo ci-dessous. Hier soir au 20 heures du JT de TF1, la journaliste Florence Schaal annonce la mort d’un enfant disparu dans la Drôme. Petit problème : le gamin Louis est en fait tout ce qu’il y a de plus vivant. TF1 rectifiera cette annonce par un bandeau diffusé durant Koh-Lanta.

Doit-on parler de bourde, ou bien d’erreur professionnelle ? Il est bien évident que la journaliste n’a guère pris la peine de croiser ses sources, ou bien ces dernières n’étaient pour le moins fiables. Cet épisode m’en rappelle un autre. 3 Février 2004 : France 2 annonce le retrait d’Alain Juppé de la vie politique. En conséquence de cette fausse annonce, David Pujadas, le présentateur du JT, et l’équipe du 20 heures sont suspendus pour deux semaines, pire encore Olivier Mazerolle, le directeur de l’information, démissionne. Le PDG de France Télévisions, Marc Tessier, présentera ses excuses.

TF1 ira-t-il aussi loin ? Nonce Paolini, le directeur général de TF1, présentera-t-il ses excuses ? Jean-Claude Dassier, le directeur de l’information, démissionnera-t-il ? Julien Arnaud, le présentateur du JT et son équipe, seront-ils suspendus ? Ou bien la direction de TF1 passera-t-ell outre cette erreur professionnelle ? Après tout, il ne s’agit que d’un fait divers


Mort du petit Louis sur TF1: la boulette…
envoyé par ZappeurLePost

8 août 2008

Zattoo, ma nouvelle télé

Classé dans : medias, télévision — lucmandret @ 01:30
France 2, France 3, France 4 France 5, Arte, La Chaine Parlementaire, TV5 Monde, Direct 8, Virgin 17, Gulli, TV8 Mont-Blanc, ABC News, Al Jazeera, Bloomberg, Deutsche Welle, Euronews et encore d’autres chaines, visionnables en un seul clic.

Pour celles et ceux comme moi passant plus de temps derrière leur écran d’ordinateur que devant leur écran de télévision, Zattoo devient l’outil indispensable et rêvé des drogués d’actualités.

Sur Zattoo, tout est simple. Une inscription en 30 secondes top chrono. Le téléchargement d’un soft en moins d’une minute. Puis une fois l’application lancée, une dizaine de chaines de télévisions (pour le moment) accessible en un clic. Trop simple pour être vrai, mais pourtant bien réel.

Vous regardez la télévision en live, en toute simplicité, avec un flux absolument normal, sans coupure ni perte d’images ou de sons. Ajoutez à cela la possibilité du plein écran en très bonne qualité, et vous risquez de ne plus vous passer de Zattoo.

Merci à Christophe Ginisty de m’avoir fait découvrir ce soft.

Music can name the un-nameable and communicate the unknowable

Classé dans : musique — lucmandret @ 11:00
Une citation de Leonard Bernstein pour vous faire partager ce clip de Sigur Ros, du morceau Svefn-g-englar.
Le site du groupe Sigur Ros.
La page YouTube de Sigur Ros.

7 août 2008

Pause littérature

Classé dans : blogs, littérature — lucmandret @ 04:00
JeandelaXR m’a tagué dans une chaîne (de plus) de blogs. Le concept tient en 5 points. Mais comme je n’aime pas les règles je ne recopie pas le règlement. Sinon de signaler que le principe consiste en la publication des 5 lignes suivant la 5ème ligne de la page 123 d’un livre.

Voici donc cet extrait, tiré de l’ouvrage de Machiavel, j’ai nommé Le Prince :

et lui néanmoins, avec sa fureur et impétuosité, se mit
personnellement en mouvement pour cette expédition.
Ce mouvement fit rester en attente, sans bouger,
l’Espagne et les Vénitiens, ceux-ci par peur, celle-là
par le désir qu’elle avait de récupérer tout le royaume

Je refile la bête à Damdam, à Celui, à MIP, à Nick Carraway, à Laurent François et à Mrs Clooney.

No sport

Classé dans : Narcisse, sport — lucmandret @ 12:30
Je ne parlerai pas des Jeux Olympiques. Tout comme je ne parle pas de sport sur ce blog. Le sport m’ennuie particulièrement, aussi bien à pratiquer, à regarder qu’à supporter. Je pourrais presque considérer le sport comme un nouvel opium du peuple. Le chauvinisme des supporters derrière une équipe locale, municipale ou nationale me renvoie l’image d’un patriotisme mal placé, d’un moutonisme illusoire.

Je ne respecte pas le métier de sportif : les sportifs ne produisent rien. Des performances uniquement, mais sans objectif aucun, sinon totalement psycho-personnel pour chacun des sportifs. Mais tout cela ne me concerne guère. On me rétorquerait que le sport produit du rêve. C’est parce que les gens n’arrivent pas suffisamment à trouver dans leur vie de quoi rêver qu’ils reportent ce bonheur dans la starification d’autrui. Le sport crée de la richesse, il est vrai. Le sport crée des riches, aussi. Mais les sportifs ne créent rien.

Je terminerai par cette réplique de Winston Churchill, à qui l’on demandant le secret de sa longévité, il répondait : “No sport“.

6 août 2008

L’été des faits divers

Classé dans : communication, medias, politique — lucmandret @ 01:30
Une petite fille décédée dans une voiture trop ensoleillé. Un bébé tué à coups de pierres par des ados qui jouent. Un gamin assassiné par un suspect aussitôt déclaré coupable sans procès. Une ministre menacée par SMS. Une tornade qui tue trois personnes. Une tonne de cocaïne saisie par les douanes françaises. Et on recommence. Un petit garçon qui meurt dans une voiture. Etc etc. Manquent encore la grand mère oubliée par son mari au bord d’une autoroute, les enfants noyés dans une piscine, une star qui meurt dans un accident de jet ski.

En été, les rédactions des organes de presse sont en vacances. Les hommes et femmes politiques sont en vacances. Les “experts” et “spécialistes” en tout genre sont en vacances. Parler d’un fait divers ne nécessite que peu de moyens. On peut en faire des tonnes à faible coût. Généralement la même équipe couvrira tous ces faits divers à la chaîne, faisant un bon tour du France du sordide. L’information de la mort accouplée au marketing de l’émotion, et l’on abreuve les Français d’informations inutiles.

Informer, oui. Mais au-delà, qu’apprennent ces informations ? Sont-elles suivies d’analyses ou d’applications permettant d’éviter que ces faits divers se reproduisent ? Personne ne se souviendra de cette information jetable. La France compatit. La France subit. Puis la France oublie et s’en fout. Et on recommence l’année suivante.

Parler de l’inutile permet de ne pas parler de l’important. La France en vacance, c’est une majorité de Français sans vacances. Une France qui s’enfonce toujours et encore dans la médiocrité. Une France sous perfusion, que l’on veut faire rêver puis effrayer. On occupe les braves gens, mais on se moque de leurs véritables préoccupations. On repousse toujours le nécessaire au lendemain. Un jour, tout cela cessera. Brutalement.

A lire ou relire :
- La société de l’éphémère
- Tristes rituels, par Hervé Resse.

Assurer ses arrières

Classé dans : paris18, photographie — lucmandret @ 07:00

5 août 2008

Curriculum vitæ mis à jour

Classé dans : Narcisse — lucmandret @ 04:00
Mon CV a subi un coup de relooking extrême. N’hésitez pas à me demander pour que je vous le fasse parvenir en format pdf par mail (mandret@gmail.com). Ou bien téléchargez-le directement sur ce lien.

Vous pouvez également le diffuser autour de vous. Si vous avez des remarques, usez et abusez des commentaires …

Ensemble pour un Paris démocrate

Classé dans : MoDem, politique — lucmandret @ 12:00
Le samedi 27 septembre, les adhérents du Mouvement Démocrate seront appelés à choisir leurs nouvelles instances départementales. Ainsi le MoDem de Paris verra émerger des instances dirigeantes, démocratiquement élues par les militants.

Plusieurs listes sont en constitution. Pour ma part, j’ai décidé de rejoindre celle menée par Marielle de Sarnez. Je pense en effet qu’elle est la plus à même de prendre la direction de la Fédération de Paris. Il est fort probable que plus que mon soutien, je sois présent et candidat sur cette liste.

Plus d’informations dans les semaines à venir.

Six de coeur

Classé dans : photographie — lucmandret @ 06:00

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