Voici mes réponses aux questions du bloggeur Pierre Catalan. Je vous invite d’ailleurs à vous rendre sur son blog.
L’offre politique pour ces élections te satisfait-elle ?
Luc: Non ! Certes il peut sembler trop tôt pour être aussi clair, ne connaissant pas encore la liste définitive des candidats, mais je trouve le menu très peu appétissant. Et principalement pour le militant de gauche que je suis.
Au PS, nous nous retrouvons avec une candidate social-démocrate, ne partageant pas du tout la notion que je me fais de la politique. Son blairisme se rapproche pour moi plus du centrisme de Bayrou ou de Prodi que du socialisme.
A sa gauche, nous voyons que les autres militants anti-libéraux, dont j’aurais pu me rapprocher, se divisent pour des questions d’égo. Retrouver chez eux les travers des professionnels de la politique, voilà de quoi être déçu !
A droite, peu de surprise, tous les candidats attendus sont dans les starting-blocks, prêts pour le sprint final, contrairement à la gauche, ce qui explique le très mauvais score du “bloc de gauche” dans les sondages.
Ton choix a t-il évolué depuis le début de la campagne? Pour quelles raisons?
Luc: Je n’ai jamais eu de choix précis, d’ailleurs je ne sais toujours pas pour qui je voterai, et si mon bulletin sera blanc ou non. Depuis l’investiture de Ségolène Royal, je sais que je ne voterai pas Ségolène Royal. Mais j’ai encore le temps de changer d’avis, sait-on jamais ! Une belle réponse de normand …
Quels sont les sujets majeurs de l’élection ? Quels sont ceux qui devraient retenir notre attention?
Luc: Les sujets majeurs, ce sont ceux que les médias veulent bien faire naître. Alors en 2002, on nous a parlé de l’insécurité, encore et toujours. Mais, bien que la situation ne se soit pas amélioré (doux euphémisme), ce sujet est absent du débat, préférant celui du pouvoir d’achat et du logement. Je n’ai rien contre ces sujets, ils méritent d’être abordés, mais le problème selon moi est que l’on ne nous laisse pas le choix !
Parlons de la politique internationale le lundi ! De la culture le mardi, de l’immigration le mercredi, de l’éducation le jeudi, de la lutte contre la pauvreté le vendredi, d’environnement le samedi, de la balance commerciale le dimanche. Nous pouvons trouver un thème différent chaque jour jusqu’au premier tour !
En outre, l’un des principaux sujets de la pré-campagne sont les signatures ! Et elles occupent une place bien trop importante : changeons une bonne fois pour toutes de procédé, en préconisant le soutien citoyen. Il n’est pas normal que José Bové, Olivier Besancenot ou Jean-Marie Le Pen trouvent des difficultés à obtenir les signatures. Une fois débarrassé de ce sujet, nous aurions plus de place pour aborder d’autres sujets.
Que penses-tu de la qualité des débats pour cette présidentielle?
Luc: Il n’y a pas de débat ! Il y a du réchauffé de propositions, des petites phrases, des oeufs pourris, de la people-politique. Evidemment, vu de l’extérieur pour les initiés que nous sommes, cela prête à rire. Et je m’amuse à compter les points, comprendre les origines et objectifs de ces petites phrases de dépêches AFP. Mais j’attends un vrai grand débat ! Pas des ersatz comme nous le proposent TFA et France Télévision ! Des face-à-face thématiques, que les français identifient les tenants et aboutissants des programmes ! On parle du “pacte présidentiel”, mais qu’y a-t-il dedans ? Aucune pédagogie pour le faire connaître à ceux qui ne feront pas l’effort de le parcourir. On rabâche que Sarkozy a changé, mais son programme ultra-libéral lui n’a pas changé.
Quel est ton principal message ?
Luc: Vivement la 6e République ! Que le rôle et les pouvoirs du président soit moindres. Ces élections sont néfastes à la bonne marche de notre pays : pendant 6 mois la France se retrouve sans véritable gouvernement (que devient et que fait Dominique de Villepin ?). La personnification de la campagne nuit aux brassages d’idées, moteur pour faire progresser notre société.