31 août 2007
Les bloggeurs se donnent une bonne conscience
Imaginez, tous ces bloggeurs qui se retiennent pour vous faire partager leurs lectures qu’une seule fois par an. Ou bien, plus certainement, tous ces autres, qui ne découvrent qu’il existe d’autres blogs que les leurs (et ceux de leurs cyber-potes) que le 30 Août en préparation du 31 Août.
C’est à se demander à quoi servent les blogrolls : tous les blogs dont je mets les liens, je les lis à chaque nouvelle publication. Ce n’est pas pour faire joli. Parfois j’en oublie, donc j’actualise régulièrement. D’ailleurs, avec la prochaine venue de mon nouveau blog (quand j’aurai résolu mon problème d’accents), je ferai un peu de tri, pour ne laisser que mes blogs préférés.
Mais le nouveau dada des bloggeurs, c’est aussi de se donner une bonne conscience. Les blogs appelant à boycotter Yahoo, MSN ou encore Google se multiplient. Pourquoi ? Car ils participeraient à la censure des bloggeurs chinois. Car Yahoo et MSN ont passé un accord avec les autorités chinoises pour signaler les internautes dissidents au régime. Je me réjouis que la blogosphère prenne (enfin) conscience du peu de morale de certains gros groupes.
Mais pourquoi ne pas appeler au boycott de tous ces groupes pétroliers exploitant des prisonniers ? De tous ces groupes de textile ou de jouets faisant travailler des enfants ? De ces groupes pharmaceutiques refusant de lancer le développement de molécules, sous prétexte de coûts pharamineux, alors qu’elles pourraient guérir des millions d’habitants du Quart-Monde ?
Pourquoi donc se concentrer uniquement sur deux ou trois entreprises ? Les autres seraient-elles toutes blanches ? Les bloggeurs doivent être bien naïfs, ou bien ignorants. Et pourquoi limiter cette action à une seule journée ? Ne peuvent-ils se passer de Yahoo et de MSN que ce vendredi ? Si ils jugent la politique entrepreunariale si dangereuse pour les droits de l’homme aujourd’hui, ne le sera-t-elle pas également demain ? C’est pour moi aussi ridicule et inefficace que “la journée de l’enfant” ou “la journée de la femme”, ou je ne sais quoi encore.
Tous les bloggeurs ayant relayé ce BlogDay, qu’auront-ils vraiment fait pour les chinois emprisonnés ?
30 août 2007
Lettre du Syndicat de la Magistrature à Rachida Dati
Madame la Ministre,
Nous tenions à vous faire part de notre vive indignation après la convocation de notre collègue, Philippe Nativel, Vice-Procureur à Nancy par le directeur des services judiciaires.
Cette convocation qui fait suite à un article publié dans l’Est Républicain lui prêtant des propos tenus lors d’une audience de comparution immédiate jugeant un délinquant récidiviste. Il est reproché à notre collègue d’avoir déclaré : « Les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir, ce n’est pas parce qu’un texte sort qu’il doit être appliqué sans discernement ». Il semble que c’est à la suite de l’émoi d’une député UMP de Nancy que la décision de convoquer M. Nativel a été prise.
Cette convocation qui s’effectue en dehors de tout cadre procédural précis constitue une atteinte inacceptable au principe de la liberté de parole à l’audience du ministère public consacré par l’article 33 du Code de procédure pénale. Elle marque une volonté de soumettre les magistrats à une pression hiérarchique incompatible avec leur mission constitutionnelle de gardien des libertés individuelles qui suppose justement d’appliquer la loi avec discernement. Depuis quelques années, les tentatives de pression sur les magistrats se multiplient. Déjà, votre prédécesseur, Pascal Clément avait ordonné la convocation d’une magistrate de la Cour d’Appel de Colmar, Josiane Bigot, lui reprochant des prises de position dans le cadre de sa vie privée.
Nous ne pouvons tolérer de telles atteintes au statut de la magistrature. Les magistrats du parquet sont certes soumis au principe hiérarchique, mais ils doivent pouvoir exercer leur mission constitutionnelle dans la sérénité. Leur fragilisation renforcée sans cesse par la pratique du passer-outre des avis négatifs du Conseil supérieur de la magistrature, devenue systématique, illustre la dépendance de la magistrature vis-à-vis du pouvoir politique en terme de carrière.
C’est pourquoi, Madame le Garde des Sceaux, nous sollicitons un entretien rapide pour évoquer cette affaire. Nous transmettons copie du présent courrier au Conseil supérieur de la magistrature compte tenu des questions de principe posées par la convocation à la chancellerie de notre collègue.
Nous vous prions, Madame la Ministre, de bien vouloir recevoir, l’expression de notre haute considération.
Pour le Syndicat de la magistrature
Emmanuelle Perreux
Présidente
29 août 2007
HELP ! Problèmes …
Quelqu’un sait-il comment intégrer un fichier XML dans ma base de donnée MySQL (j’utilise PHPmyAdmin).
Merci !
EDIT : bon j’ai réussi à intègrer mes articles, les commentaires, les catégories. En fait tout simplement en découpant mon fichier XML en plusieurs fichiers. Il y a du progrès, mais un autre soucis est arrivé. Les accents : les “é” deviennent des “
é”, les “è” des “è” et ainsi de suite … Bref, je suis une nouvelle fois dans le flou.La Fête du Dieu Ganesh
Plus d’infos sur www.templeganesh.fr.
(Allez ici pour l’affiche en high def)28 août 2007
Impressions de campagne (II)
La suite du texte écrit par Florent Zanetti du blog ataraxosphere.
Entre deux tours :
Le lendemain je prends le TGV à 7h et je rentre à Paris retrouver mon labo et ma thèse. Impossible de me concentrer sur mon travail, je n’ai plus goût à rien. Ni même appétit ni sommeil. Et toujours cette boule dans la gorge, et toujours ce noeud à la place de l’estomac. Ici et là je lis des réactions de tristesse, je découvre le slogan “ni gourde ni gourdin” que je fais aussitôt mien et dont j’abreuve mes contacts msn. Je visionne en boucle l’intervention de François Bayrou sur le net, son calme, sa maîtrise de soi et ses paroles empreintes de sagesse m’aident à me contrôler, un peu… Je me demande comment il fait pour tenir le coup, pour tenir si bien. Je ne pensais pas être si émotif.
Je rends les médias en grande partie responsables de cette situation déplorable, pour toutes sortes de raisons que j’ai évoquées. A quelques exceptions près ils n’ont pas joué leur rôle et devraient avoir honte et être sanctionnés.
Je découvre une interview de Nicolas sur lemonde.fr (site que je continue à fréquenter malgré le coup de poignard du vendredi) où il exprime des sentiments semblables aux miens mais semble bien mieux faire face. Il parle de son blog, je pianote et le trouve rapidement. Je prends contact avec lui et il m’informe de l’existence des soirées de Quitterie. C’est décidé, moi l’électron libre qui ne s’est jamais reconnu dans un parti ni dans aucun test de positionnement, je vais m’engager en politique, aux côtés de François Bayrou dans ce Mouvement Orange. On ne peut pas laisser la situation comme ça. C’est ainsi que je suis allé aux soirées de Quitterie et que j’ai intégré le groupe MoDem 4.0 avec beaucoup d’espoir.
J’ai annulé mes billets de TGV pour le second tour. Je ne vais pas gaspiller d’argent. J’ai envie de voter Bayrou, ou orange, ou blanc. Les discussions vont bon train sur le net à ce sujet.
François Bayrou : “Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais je commence à savoir ce que je ne ferai pas.“
Selon moi c’était la limite à ne pas dépasser. Très bien dit, et il ne pouvait pas aller plus loin sans se compromettre et décrédibiliser son discours.
François Bayrou : “Je ne voterai pas Nicolas Sarkozy.“
Selon certains c’était une erreur, pour d’autres c’était indispensable notamment pour bien marquer son émancipation de la droite. Ca se discute, mais je pense tout de même qu’il a flirté avec certaines limites et les a probablement dépassées.
En tous cas, ce fut le prétexte idéal pour les courageux “à plat ventristes” du PSLE-NC.
Le débat Bayrou-Royal :
Une évidence, et Sarkozy aurait dû accepter d’en faire un aussi. On aurait cependant aimé que ces trois débats aient lieu avant le premier tour !! Ce devrait être obligatoire. De même que les deux candidats qualifiés pour le second tour devraient débattre plusieurs fois durant les deux semaines (avec au moins un droit de réponse), si possible en segmentant les rencontres par thèmes… Il paraît que Royal le souhaitait.
Après le débat Royal-Sarkozy :
Quelle mascarade. Et ces nazes prétendent à la “fonction suprême” ?! Ridicule… et effrayant. Non contents d’être incompétents, ils enchaînent avec aplomb des pseudo-arguments démagogiques qu’un enfant pourrait démonter. C’est tellement gros que je n’en reviens pas. Et les deux figurants, (oups journalistes – euh, non, désolé, pour moi ce ne sont que des animateurs… et encore, ils n’ont pas été fichus d’en placer une) qui ne rectifient rien, ni sur la forme ni sur le fond… C’en devient caricatural. Mais non c’est la réalité, c’est même censé être “le must”. Je me demande comment j’ai fait pour tout regarder. La curiosité sans doute. Royal a très mal démarré mais elle a limité la casse finalement. Sa petite crise était sans doute préparée, mais au moins le thème le méritait-il (même si on peut regretter l’instrumentalisation de tels sujets). Chapeau à Sarkozy, là il m’a bluffé, comment a-t-il pu rester aussi calme ?!?!?!? Il lui ont fait prendre quelque chose avant, je parierais gros là-dessus. Cet aspect spectacle ne doit pas faire oublier l’un des éléments le plus graves : les vrais thèmes n’ont quasiment pas été abordés. Car bien évidemment ce qu’on attend d’un président ce ne sont pas les détails d’une politique économique, mais ses positions au niveau international (puisqu’il représente la Nation). Or, ces thèmes ont été bâclés en quelques minutes en fin d’émission. Quasiment rien sur l’Europe alors que cela aurait dû occuper le tiers du débat, ils m’ont achevé.
Une piètre prestation, donc, qui ne restera pas dans les annales (ou alors, des séquences pour les bêtisiers de fin d’année, uniquement à propos de la forme). Pauvre France…
Après le départ des députés UDF pour le PSLE-NC :
C’est vraiment bizarre, ils ont suivi Bayrou depuis si longtemps… Et certains avaient l’air si sincères… En plus, ils sauvent leur siège pour ce quinquennat, mais c’est très probablement fichu pour eux pour le suivant… Je suis perplexe. Un chantage de l’UMP ? Probable pour Santini, mais les autres ? En tous cas c’est vraiment un sale coup envers Bayrou. Lui qui a déjà tant souffert… Raison de plus pour moi d’aller grossir les troupes des sympathisants qui veulent soutenir son Mouvement Orange.
6 mai 2007 :
Je suis resté à Paris. Je suis profondément dégoûté. J’ai envie de voter Bayrou, ou orange, ou blanc. J’ai fait une procuration, au cas où… Car Marianne ne m’incite pas à laisser passer Sarkozy. Et puis, sait-on jamais, Royal mettra peut-être en application la démocratie participative… De toute façon, in fine je ne sais pas l’usage qui en sera fait. Et quelle importance, c’est joué d’avance.
Je passe la journée dans le brouillard (ma fatigue et ma sous-alimentation depuis deux semaines n’arrangent rien). Je décide de rejoindre Frédéric à Aubervilliers (93) pour la soirée. Le résultat est annoncé, sans grande surprise. Royal a limité la casse mais n’atteint même pas 47%. Sarkozy ne se sent plus, et ce n’est que le début. Pauvre France… La soirée électorale télévisée est encore plus minable que la précédente. Nous délaissons les “grandes” chaînes pour regarder TLM, une chaîne lyonnaise. On y retrouve un peu de débat sur le fond avec des personnalités locales, même si ce n’est pas transcendant.
Je rentre chez moi en traînant des pieds. En tous cas dehors ce n’est pas le deuxième acte des émeutes de 2005 comme certains avaient voulu le faire croire.
J’attends beaucoup des législatives, d’ailleurs c’est une élection bien plus importante, c’est d’elle que sortiront le gouvernement et les lois pendant cinq ans. Je suis très préoccupé par cette conception monarchiste de la présidence qui prévaut dans les médias… et au-delà.
Mai 2007 : Sarkozy accède au pouvoir
Ne me dites pas que cette pseudo-ouverture est crédible pour certains… Enfin, au moins ça permet que les loups sortent du bois, comme on dit…
Leroy se retrouve sans rien, et nul doute que Morin sautera bien avant la fin du quinquennat.
Je suis scandalisé par le nombre de personnes qui composent le gouvernement (je ne sais pas s’il y a tout le monde à ce moment-là, mais je l’écris maintenant en août : certes il y a moins de ministres, mais avec les conseillers et le reste, on atteint un nombre stupéfiant, que j’ai oublié mais qui a trois chiffres).
On saluera tout de même le rajeunissement et la diversité de l’équipe gouvernementale. Et surtout, notre inénarrable Roselyyyyyneuh !!!
Le 24 mai, malgré une actualité professionnelle chargée (mon premier congrès scientifique), je me rends vêtu d’orange au Zénith pour voir et soutenir François Bayrou, Corinne Lepage et tous les autres, mon premier meeting politique ! J’en garde un très bon souvenir malgré la chaleur étouffante. Une semaine riche en émotions !
Après le premier tour des législatives :
Je suis encore allé voter dans l’Ain, avec plus de désabusement que d’espoir… mais quand même. De toute façon dans ce département les élus UMP sont confortablement installés et le pire affront qu’on puisse leur faire c’est de les contraindre à un second tour (les pauvres).
Le soir, j’attends avec impatience les résultats. Je suis assez déçu par les 8% du MoDem (même si à la réflexion ce n’est pas si mal), et surtout par la quasi-absence de triangulaires. Sans elles ni groupe parlementaire, notre poids est considérablement réduit…
La faible participation (à peine plus d’un Français sur deux) me consterne. Et dire que c’était l’élection la plus importante de toutes… Je vais à nouveau sombrer dans l’écoeurement.
Pour le pourcentage on ne pouvait sans doute pas s’attendre à beaucoup plus du fait de l’électorat de Bayrou aux présidentielles (des PS et des UMP retournés au bercail, des électrons libres qui sont retournés à l’abstention, etc). Mais 10% ne semblaient pas hors d’atteinte. D’ailleurs les scores à deux chiffres dans les grandes villes me réconfortent un peu, même si je suis triste pour Anne-Marie Comparini à Lyon et Marielle de Sarnez à Paris, éliminées dès le premier tout malgré plus de 17% des voix. François Bayrou va se retrouver bien seul à l’Assemblée…
En tous cas espérons qu’il tire les leçons de l’organisation déplorable de ces élections législatives. Je sais bien que tout a dû se faire dans l’urgence et avec peu de moyens et de personnes (sans parler du départ des PSLE-NC et des infâmes manoeuvres de Lagarde dans le 93), mais certaines choses furent intolérables et très décevantes (il ne s’agit pas que de l’affaire Quitterie).
Bon, la mascarade continue, on risque de se retrouver avec plus de 450 députés UMP, c’est du délire ! D’un côté, tant mieux puisqu’il paraît que c’est difficile à gérer pour le président et aussi puisque ça permettrait au PS de se remettre vraiment en cause (au lieu de s’enliser toujours plus avec leurs ineptes jérémiades de l’entre deux tours, “élisez-nous pour qu’on vous protèèèèègeuh”) et, si possible, d’exploser enfin. D’un autre côté, Sarkozy aurait les moyens de faire passer des réformes constitutionnelles et ça c’est très inquiétant.
Côté mascarade, certaines situations valent leur pesant de cacahuètes. J’en avais repéré plusieurs, je ne me souviens que de la circonscription de DSK… avis aux amateurs =D
Même histoire que pour les présidentielles : TGV annulé, procuration pour la forme (de toute façon c’est joué d’avance), ça ne m’intéresse pas.
Après le deuxième tour des législatives :
Mi-figue, mi-raisin.
Je suis content que nous ayions finalement 4 députés de même que les Verts, qu’il y ait une certaine pluralité à l’Assemblée. Triste pour Jean-Marie Cavada, mais comme Marielle de Sarnez il pourra porter notre voix au Parlement Européen.
Le raz-de-marée UMP a été contenu (démobilisation ? TVA sociale ? manoeuvre pour virer Juppé et pour s’assurer une majorité gérable ?). De jolis camouflets contre d’anciens membres de gouvernement, malheureusement d’autres sont toujours là.
Les PSLE-NC constituent un groupe, c’est vraiment une honte pour la démocratie. Mais à ce moment j’ignore encore leurs problèmes à venir, hi hi hi …
Je suis mécontent que le PS obtienne autant de députés (surtout certains…). Il n’est pas près de se remettre en question. Et il va fanfaronner sur ses “bons” résultats, s’attribuant comme toujours des succès immérités qui ne visaient qu’à sanctionner le camp d’en face (cf. ce que je disais sur la pseudo-démocratie aux USA…).
La mascarade peut donc continuer…
Juillet-août 2007 :
Le groupe MoDem 4.0 est créé et ses principaux cyber-outils fonctionnent, j’espère qu’il en sortira quelque chose… Mais il faudrait s’atteler à la tâche sans plus tarder. Plus globalement les discussions sur le MoDem vont bon train sur la toile même si elles commencent à tourner en rond. Comme Marie-Laure je regrette que cet été n’ait pas été mis à profit pour plus d’actions de terrain, entre militants et en direction de la population. J’espère également que nos craintes concernant les Assises de Seignosse se révèleront infondées (au passage j’ai retrouvé mon esprit critique vis-à-vis de Bayrou, j’attends toujours beaucoup de lui mais je reste vigilant et plus exigeant que jamais). Malgré le découragement qui guette dans la communauté, nous ne manquons pas de bonne volonté et nous plaçons beaucoup d’espoirs dans ce nouveau Mouvement Démocrate.
Je reprendrai la conclusion de MIP. La mobilisation citoyenne persiste : nous avons un mouvement à créer, des erreurs à éviter, de nouvelles personnalités démocrates de qualité à faire émerger, une ligne politique à définir, en gros, on a du boulot !
Impressions de campagne (I)
Texte écrit par Florent Zanetti du blog ataraxosphere.La chaîne continue, à mon tour de faire part de mes impressions de campagne… (On me pardonnera les éventuelles entorses à la chronologie, c’est déjà loin tout ça).
Automne 2006, les primaires au PS :
Les choses s’accélèrent, la campagne commence vraiment… (même si pour certains elle a débuté il y a déjà quelques années… suivez mon regard). Grabuge chez les socialistes, c’est le bal des éléphants… quel parti consternant. Finalement, il reste Fabius, DSK et Ségolène Royal en lice… Pauvres militants (même si en face c’est encore pire, même pas de choix). Et ce parti espère vraiment éviter un nouveau 21 avril ?! Je rigole doucement… non en fait je ris jaune, la France et le monde n’ont vraiment pas besoin de ça, surtout pour ce quinquennat charnière qui s’annonce. Maigre consolation, si c’est une femme ça leur fera les pieds à ces vieux caciques. Mais ce n’est pas un programme, et malheureusement on dirait que ce sera pourtant son principal argument… Et voilà c’est elle qui est désignée, advienne que pourra… Sans doute le moins mauvais choix. Elle bouscule certaines habitudes et prône la démocratie participative, intéressant. Mais pas assez pour me convaincre, loin s’en faut.
Janvier 2007, investiture de Nicolas Sarkozy :
Inutile de m’étendre sur les événements qui ont mené à cette mascarade. Je reste néanmoins surpris par l’absence de réaction des chiraquiens et villepinistes, et attristé pour les militants UMP qui n’ont pas eu le choix… Bah, après tout ils ont l’air d’être contents, c’est leur affaire. Côté campagne, Sarko qui était déjà pas mal offensif je me demande ce qu’il va faire pour en rajouter une couche… Et je suis inquiet de la proximité avec les propriétaires des médias et des grandes entreprises. Comment croire à la neutralité de l’information et à l’impartialité de l’Etat dans ces conditions berlusconiesques ?
Hiver 2007, campagne médiatique affligeante :
Je ne m’étendrai pas trop non plus, on va me reprocher une agressivité haineuse… alors qu’il ne s’agit que d’un cri du coeur, une douleur insupportable…
Royal et Sarkozy, la course à l’image et à la petite phrase… Surenchère grotesque de slogans démagogiques, j’ai mal pour la France… La quasi-totalité de leur programme et de leurs propos ne valent rien, ce n’est que de la comm’ et pourtant tout le monde a l’air d’apprécier… et dire que les journalistes, au lieu de rectifier le tir, amplifient tout ça. J’ai honte des personnalités politique de mon pays (mais ça ce n’est pas nouveau), mais j’ai encore plus honte des journalistes : aucune pédagogie (alors que ç’aurait été leur rôle d’expliquer le rôle d’un président et l’objet de son élection, vu que tout le monde semblait vouloir voter pour un premier ministre ou un super député), aucun esprit critique (alors qu’ils auraient pu démontrer l’ineptie des propositions, mettre les candidats devant leurs contradictions voire leurs mensonges), aucune analyse digne de ce nom (soit superficielles soit malhonnêtes et non objectives), on se contente de lire des dépêches AFP, c’est la course au scoop ou plutôt à celui ou celle qui sera le premier à répéter la nouvelle petite phrase, immédiatement reprise en boucle partout et toutes les dix minutes… Sans parler du déluge de sondages, qui sont à la fois mal réalisés et mal commentés (je ne comprends pas qu’il n’y aie pas de réglementation à ce sujet). Tout cela est vraiment consternant (seul Marianne semble émerger du lot). Non contents de nuire à la campagne par leur abyssale incompétence et mauvaise foi, voilà qu’en plus ils étouffent le pluralisme, réduisant l’enjeu de cette élection au match Royal-Sarkozy. Les autres candidats ne peuvent même pas s’exprimer, le peu de fois où ils ont la parole on les interroge sur telle ou telle petite phrase d’un UMP ou d’un PS et sur leurs accords avec le futur gagnant. Quel scandaleux déni de démocratie !! Je suis ulcéré par ce comportement indigne. Bayrou a eu bien raison de s’énerver à TF1. Cela n’est sans doute pas dénué d’arrière-pensée vis-à-vis de ses intérêts, mais qu’importe, il a raison sur le fond. D’ailleurs à une période il dépasse 22% dans certains sondages, je suis bien content.
Je ne sais pas encore si je vais voter pour lui mais ça me trottine dans la tête. Sa petite musique me plaît de plus en plus. Mais une de mes conditions c’est la prise en compte des enjeux environnementaux, on ne peut plus se permettre de tergiverser, il faut AGIR, vite et fort !! Or je ne l’entends pas s’exprimer sur ces sujets. Quoi de beau chez les autres ? Plein de filles, chouette, enfin (tiens, c’est surtout à gauche. zauraient pu faire un effort en face). Faudrait quand même qu’on y arrive, en France faut toujours qu’on fasse tout vingt ans après les autres… Mais bon ce n’est pas en soi un projet pour le pays et elle commence à me courir la socialiste à rabâcher cet argument qui n’en est pas un. Et pourquoi NS et elle s’évitent-ils à ce point ? Je m’informe sur internet, je remarque que les débatteurs sont souvent agressifs et usent d’arguments caducs quand ce n’est pas directement les slogans démagogiques de leur favori(te)… Tout ce que je lis ne m’avance pas à grand chose si ce n’est à augmenter mon dégoût et mon amertume de voir comme nous sommes encore loin d’une démocratie digne de ce nom…
Peu avant la date limite de dépôt des candidatures et des signatures, je suis toujours autant dans le brouillard et cette “campagne” m’écoeure de plus en plus. Où sont les débats ?? Les projets ?? Les idées ?? C’est affligeant. Et les médias qui continuent avec leur clivage indépassable droite-gauche… Pourquoi la délivrance de la carte de journaliste n’est-elle pas conditionnée à la possession de neurones ? Je vais finir par voter blanc si ça continue. Mais ça ne le fait pas. Faut au moins soutenir quelqu’un. Mais qui ? Les Verts ? Ils sombrent dans un gauchisme irréaliste qui ne mènera à rien (et puis avec le nombre effarant de candidatures antilibérales le score donc l’appréciation de la problématique environnementale seront dilués, sans parler de l’effet 21 avril qui les attendent). Corinne Lepage ? C’est la seule qui semble tenir la route, comme en 2002 (si seulement tous les candidats pouvaient être d’aussi bonne qualité…). Mais on a vu ce que ça donnait, malheureusement. Tiens, elle a évoqué la possibilité de rallier Bayrou, avec de bons arguments. Et si… Bon, on verra. Quelques jours plus tard, c’est fait. Et apparemment elle va faire bouger Bayrou et son programme sur les thèmes environnementaux. Voilà qui constitue une perspective digne d’intérêt. Car même sans être excédé par le jeu médiatique qui impose la binarité, je suis depuis longtemps convaincu de l’absolue nécessité du pluralisme pour la vie de la démocratie (qui veut faire croire qu’elle existe encore au USA ? les gens n’ont pour unique possibilité que celle de voter contre Bush quelles que soient les propositions des démocrates, je n’appelle pas ça une liberté de choix). Ca colle avec le discours de Bayrou. Et puis, on ne peut pas opposer une moitié de la France à l’autre à chaque élection, ça ne rime à rien. En fait sans en avoir conscience j’étais déjà centriste ! Mais je n’avais personne pour qui voter, l’UDF n’étant qu’un parti godillot du RPR, une mascarade destinée à capter des voix et assurer une majorité à la droite. Nul doute que des militants et quelques élus soient sincères dans leur engagement, mais les faits parlent d’eux-mêmes, tant au niveau local que national, depuis des années. Mais je m’égare, ce n’est pas le lieu de ce débat.
Avril 2007 :
C’est quasiment sûr, je vais voter pour Bayrou. C’est indispensable pour la démocratie (troisième voix = pluralisme ; troisième voie, le centre = l’objectivité débarrassée des réflexes idéologiques pavloviens de la droite et de la gauche, dans l’intérêt du pays), c’est acceptable puisqu’il a pris en compte les propositions de Corinne Lepage pour l’environnement… et c’est sans doute le seul rempart contre Sarkozy qui est de plus en plus inquiétant. Ce que je lis dans Marianne ne fait que confirmer mes craintes et mes espoirs.
Je suis interloqué par des lacunes scandaleuses de la loi :
- la campagne est ridiculement courte (deux semaines), comment veut-on que les candidats débattent et fassent passer leurs idées ?! d’ailleurs aucun débat n’est imposé, je ne trouve pas ça normal ;
- les mensonges s’accumulent, provenant des politiciens comme des journalistes, qui ne rectifient jamais rien : il n’y a pas de code de conduite ou de conseil de l’ordre dans cette profession ?? ;
- les sondages continuent de plus belle, c’est insupportable et nuisible ;
- les infâmes machines à voter qui s’installent insidieusement et antidémocratiquement…
22 avril 2007 :
Je vais voter à Bourg-en-Bresse dans l’Ain où je suis retourné exprès. Une fois la petite enveloppe mise dans l’urne, je pars herboriser dans le Revermont avec un ami, il faut absolument que je me change les idées sinon je ne tiendrai pas jusqu’au soir. Malgré ma passion pour la botanique ça ne m’empêche pas d’avoir ventre noué. Mais je pense que ç’aurait été bien pire si j’étais resté enfermé dans l’appartement.
Je rentre peu après 19h, je n’ose pas aller regarder sur internet, je préfère attendre les résultats officiels. Allez je mets France 2. Je n’aime pas du tout le sourire en coin de Pujadas. Les dernières minutes sont un vrai supplice, je trépigne, j’ai un gros noeud à la place de l’estomac, je commence à avoir la vue qui se trouble. Cette échéance est tellement importante, vis-à-vis du passé (après le traumatisme de 2002 juste avant mes 20 ans – comme signe de la nation à sa jeunesse on a vu mieux…) et encore plus de l’avenir…
20h : un cri de déception s’éteint dans ma gorge serrée, j’ai le vertige et je vacille, je n’arrive pas à y croire, je ne VEUX PAS le croire. Pourvu que les scores des grandes villes changent la donne. J’ai envie de partir, loin, le plus loin possible de ce pays qu’en cet instant je ne comprends pas et que je méprise (comment peut-on être aussi manipulable et irréfléchi ?!). Je vais me faire naturaliser en Nouvelle-Zélande. En plus c’est plié c’est Sarkozy qui va passer. Il y a du souci à se faire…
A cette brève réaction de rejet succèdent de maigres consolations :
- le score de Bayrou est important (même si je ne me fais pas d’illusions, il repose en partie sur le rejet de leur candidat(e) par les électeurs du PS et de l’UMP ; et l’écart est trop important, c’est fichu pour rattraper le retard avec les grandes villes),
- la participation est assez importante (mais pas encore suffisante, comment peut-on se réjouir lorsque plus d’un Français sur six s’abstient ???),
- le FN est affaibli (mais absolument pas rayé de la carte comme on essaye de nous le faire croire, Sarkozy a juste siphonné un million de voix, et à quel prix… car c’est lui est allé à eux et non eux qui sont revenus à lui).
Pour ajouter à l’amertume, déjà abyssale, les autres partis se partagent des miettes (le vote utile a joué à plein pour Royal pour éviter le même fiasco qu’en 2002), les médias vont se gargariser et leur répéter pendant des mois : “vous ne représentez rien alors maintenant on ne va même plus feindre d’écouter vos jérémiades”. Et je n’ose penser à ce qui nous attend au niveau des sondages…
21h-21h30 (je ne sais plus) : François Bayrou arrive enfin, la vidéo parle d’elle-même. C’est un moment extrêmement fort. Je ne sais plus si je dois ravaler mes larmes (il me console et m’apaise) ou les laisser couler, d’émotion : non seulement il est bien au-dessus des deux taches qui vont au second tour, mais même dans l’absolu il répond à ce que j’attends d’un président, ainsi donc s’il restait un doute le voici levé, il a vraiment l’étoffe pour la fonction (*). C’est lui que je veux voir présider mon pays, et pas seulement parce que les deux autres en sont incapables. Je vais voter pour lui au second tour. (* Mais du coup la situation n’en est que plus tragique…).
Je regarde les interventions des différentes personnalités, mais le goût n’y est plus. Je remarque Jean-Marie Cavada, admirable. Quelques autres aussi, malheureusement beaucoup moins estimables comme l’avenir le montrera. Côté UMP et PS c’est toujours aussi consternant, pour ne pas dire méprisable. A les observer entre suffisance narquoise et gourmands appels du pied, on atteint des sommets d’écoeurement. Je finis par aller me coucher, mais je ne fermerai pas l’oeil de la nuit. Cela n’ira pas en s’arrangeant. Tant d’espoirs brisés, pour la seconde fois… Aux prochaines présidentielles j’aurai trente ans, rien que d’y penser j’en suis malade.
27 août 2007
Bertrand Delanoe dans les starting block
Revenons en à Bertrand Delanoë. Voici une information exclusive concernant sa candidature pour briguer un second mandat. Le 4 Septembre 2007, Delanoë devrait faire une déclaration aux parisiennes et aux parisiens.
Cerise sur le gâteau au moins deux vidéos viendront comme premiers soutiens : tout d’abord son ancien mentor Lionel Jospin, rien de bien étonnant. Mais également l’actuel maire de Rome, Walter Veltroni.
Veltroni est l’homme qui monte qui monte en Italie, ancien député communiste, il a ensuite rejoint les Démocrates de Gauche, et sauf erreur de parcours il devrait devenir le futur grand chef du Parti démocrate, énorme fusion de (presque) tout ce que l’Italie compte comme partis du centre et de la gauche. Un soutien de poids. Surtout que les deux hommes ont en commun de diriger les capitales de leur pays. Et que Veltroni a été très largement réélu l’année dernière. A savoir que les Delanoë et Veltroni sont très proches, le second ayant copié la Nuit Blanche du premier (merci wikipedia).
En faisant acte de candidature aussi rapidement, Bertrand Delanoë a deux objectifs. Le premier est interne au Parti Socialiste : deux jours après les Universités d’été de La Rochelle, il prendra ainsi la main, devenant le socialiste le plus médiatisé de l’automne. Un beau pied de nez à ses camarades, dont l’actualité leur a fait rater leur rentrée politique. Le second objectif est purement municipal : en devenant le premier à se lancer dans la campagne, il se positionne au dessus de la mêlée. Ses adversaires de l’UMP et du MoDem (Marielle ?) prendront du retard. D’autant plus qu’à droite, l’UMP n’arrive à se dépétrer d’une François de Panafieu bien encombrante et plutôt détestée par ses propres amis.
Bertrand Delanoë a compris les leçons de Nicolas Sarkozy : partir avant tout le monde, occuper l’espace médiatique. Nous pouvons nous attendre à sept mois de campagne intensive de la part du maire de Paris. Du jamais vu.
Petite anecdote pour conclure : je me suis amusé à chercher un éventuel prochain site internet pour la candidature de Delanoë, je n’ai rien trouvé. De très nombreux sites sont déjà réservés (genre delanoe.fr ou delanoe.com) mais aucun ne semble provenir de l’entourage du maire. Et parmis ceux-ci j’ai pu relever que le site delanoe2008.com était réservé par un dénommé François Devoucoux du Buysson. Si vous ne connaissez encore le personnage, lisez sa fiche wikipedia, et vous comprendrez qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Bertrand Delanoë.
Le blog d’une grosse
Une petite perle que ce blog. Le blog d’une grosse raconte en bandes dessinées les aventures de Cathy, 29 ans. A découvrir de toute urgence tellement on se marre !
Le blog d’une grosse
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Yasmina Reza et Dominique Strauss-Kahn ?
En parcourant la presse étrangère, je tombe sur un article de l’édition en ligne du Sunday Times. Et un article accroche mon regard : “Sarko’s femme fatale linked to his rival“. Je sais, le Sunday Times n’est pas un modèle de presse écrite (chers détracteurs, ne cherchez pas, il est la propriété de Robert Murdoch). Vous devez savoir que le livre de Yasmina Reza “L’aube le soir ou la nuit” est dédié à un certain “G”.
Et voila ce qu’on peut lire dans l’article : “She gives various clues, however, to suggest that “G” is a Socialist politician to whom she is close and whom she would like to understand better: he also dreams of becoming French president one day.
There have been suggestions that “G” was none other than Dominique Strauss-Kahn, a former Socialist finance minister and presidential contender with a fondness for women. He is expected to become head of the International Monetary Fund (IMF).“
Et j’ai fureté la presse française. Rien. Mais alors rien du tout. Je doute que cela passe inaperçu encore longtemps. Je n’ai pas lu le livre de Mme Reza, et ne compte pas le lire. Cependant, je trouverais singulier que le lecteur ne sache pas forcément cette relation si elle s’avère vraie. C’est un peu comme si Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, interviewait Bernard Kouchner. Ou si Christine Ockrent, la compagne de Bernard Kouchner, invitait dans une émission Nicolas Sarkozy. Ah oui, c’est déjà le cas. sauf qu’on le sait. Plus ou moins. Et que cela change forcément notre regard.
Je ne compte pas lancer une chasse aux sorcières sur “qui couche avec qui”, ce serait ridicule et malvenu. Cependant, la déontologie ne serait-elle pas de s’abstenir d’effectuer un travail sur des hommes politiques ayant une relation directe avec son/sa conjoint(e) ? Ne va-t-on pas (à juste titre) se poser des questions sur les raisons ayant poussé Nicolas Sarkozy à choisir DSK comme futur président du FMI ? N’est-il pas temps pour les journalistes d’établir une vraie auto-censure, afin de redorer leur image bien écornée ? N’est ce pas nécessaire afin de garantir ce qu’on attend de la presse : qu’elle soit libre et indépendante.
Université d’été des Gracques
Arrivée matinale, en retard, en Vélib, après avoir tourné pendant plusieurs dizaines de minutes pour trouver un point d’attache pour mon vélo, je rate donc l’intervention d’Anthony Giddens. Il est professeur à la London School of Economics, et l’un des penseurs de la 3ème Voie, influançant fortement la politique économique de Tony Blair.
Sur le scène du Théâtre de la Villette se tient donc la première table ronde lorsque j’arrive. Animée par Bernard Spitz, membre des Gracques, le thème est “les raisons sociologiques de la défaite”. Ce sera la meilleure table ronde, la plus intéressante, celle où l’on apprend beaucoup. Pour débattre et échanger, notamment Brice Teinturier de la TNS-Sofres : il nous commente un sondage montrant le souhait des “français”, du moins ceux de l’échantillon, d’un rapprochement entre le centre et la gauche. L’intervention d’Hervé Le Bras, directeur d’étude à l’EHESS, portera sur une analyse voulant prouver que les raisons de la défaite de Ségolène Royal sont plus historiques et géographiques. Très intéressante intervention d’Hakim El Karoui, président du club XXIème siècle, passé par le cabinet de Jean-Pierre Raffarin, mais ayant appelé à soutenir la candidate du Parti Socialiste. Alain Bergounioux, secrétaire national du PS et Yolande Briand de la CFDT, attireront moins mon attention. Mais Olivier Duhamel (prof à Sciences Po) fera du Duhamel, et prononcera notamment une petite phrase drôlissime : “Les Verts, comme parti c’est ce qu’il y a de pire, comme courant ce qu’il y a de mieux“.
Pause déjeuner, puis deux nouvelles tables rondes l’après-midi. Le journaliste au Monde, Eric Le Boucher, l’historien Jean-Noël Jeanneney et l’ancien ministre Jorge Semprun n’arriveront pas à me faire véritablement intéresser à leurs propos sur “les raisons programmatiques de la défaite”. Table animée par Guillaume Hannezo. Je trouve l’écrivain Erik Orsenna arrogant et suffisant. Seule Julie Coudry saura attirer mon attention : je découvre une très bonne oratrice en la présidente de la Confédération Etudiante. Elle nous narrera des anecdotes sur la campagne, notamment une rencontre avec Ségolène Royal, durant laquelle cette dernière leur annoncera des propositions en totale contradiction avec le projet du Parti Socialiste. Selon Julie Coudry, très symptomatique de la campagne socialiste. Mais le pire sera sans nul doute l’intervention de Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo : il ne fera que lire un pamphlet anti-Royal. Ce n’est pas que j’affectionne la candidate PS, mais je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de constructif à dire que Ségolène Royal est de droite ou encore “ce qu’il y a de pire à gauche“, pour les propos les plus sympathiques. Ce genre d’intervention, pseudo-lyrique et faussement proustienne, mais totalement lue, selon moi nuit plus qu’autre chose à la crédibilité des Gracques : du pain bénit pour la presse.
Dernière table ronde sur “les raisons politique de la défaite et les voies de la refondation”. Stéphane Boujnah anime. Les intervenants sont les stars de la journée : Peter Mandelson, très brittish, commissaire européen, un proche de Tony Blair : il essaiera de dresser les raisons de la victoire du New Labour et les exemples que les français pourraient en tirer. Puis Walter Veltroni, maire de Rome, et futur probable président du grand parti social-démocrate italien. Enfin Michel Rocard s’exprime à cette table ronde. On n’y aura pas appris grand chose de passionnant, sinon ce que l’on sait déjà sur l’acceptation indispensable selon eux de l’économie de marché pour le bénéfice de tous. Je caricature.
Pour terminer, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque me surprendra : je le prenais pour un “pataud”, ils s’avère être un diesel. Mou au départ, très bon sur le long de son discours. Je retiendrai deux choses de son intervention : il faut que le PS cesse de faire des synthèses et qu’elle passe enfin à l’action. Mais aussi, il faut que les politiques, la gauche en général, laisse les syndicats faire leur boulot. Un grand cri du coeur. Pour lui il faut que les femmes et hommes politiques cessent d’être via leur parti les courroies de transmission du syndicalisme : les syndicats servent des intérêts corporatistes, particuliers ; aux partis de s’occuper des intérêts généraux.
Voila sur les débats et le fond de la journée. Pour les anecdotes, on a pu noter la présence de deux invités assez particuliers : tout d’abord le député européen Henri Weber, un fabiusien ; mais aussi celle de Jean-Louis Gergorin, ancien président d’EADS mis en cause dans l’affaire Clearstream.
Je n’ai cessé d’observer la forme (comme toujours). Le lieu d’abord : le théâtre de la Villette est sublime, tout de pierres froides et grises, avec des piliers et des voutes. Ajouté à cela une table sur la scène recouverte d’un drap noir, et j’avais l’impression d’assister à une réunion secrète de templiers. L’assistance également : je m’étais habillé classement, un pantalon velours noir et une chemise bleue ciel. Je ne dénotais pas, mon feeling était bon. L’assistance essentiellement masculine se caractérisait par une prédisposition à s’habiller le week-end comme la semaine en allant à leurs bureaux, la cravate exceptée. Une ambiance très “banquiers” quinquas clairs de peau ultra-BCBG.
Lors de cette journée, j’ai retrouvé trois camarades du MoDem (eh oui !), notamment ma rayonnante Quitterie Delmas, rentrée fraichement de vacances, et remontée à bloc, ce dont je me réjouis ! Je salue également deux bloggeurs : le sympatiquissime Abadinte (le seul en tee-shirt) et le discret Christophe Grébert.
Je me souviens, il y a un an, j’étais à Frangy-en-Bresse, à la Fête de la rose organisée par mon ex-camarade Arnaud Montebourg. Que de chemin en une année. Un ami avec qui j’ai échangé quelques SMS hier m’a communiqué ce petit message : “Frangy … panne”.
Université d’été des Gracques
Arrivée matinale, en retard, en Vélib, après avoir tourné pendant plusieurs dizaines de minutes pour trouver un point d’attache pour mon vélo, je rate donc l’intervention d’Anthony Giddens. Il est professeur à la London School of Economics, et l’un des penseurs de la 3ème Voie, influançant fortement la politique économique de Tony Blair.
Sur le scène du Théâtre de la Villette se tient donc la première table ronde lorsque j’arrive. Animée par Bernard Spitz, membre des Gracques, le thème est “les raisons sociologiques de la défaite”. Ce sera la meilleure table ronde, la plus intéressante, celle où l’on apprend beaucoup. Pour débattre et échanger, notamment Brice Teinturier de la TNS-Sofres : il nous commente un sondage montrant le souhait des “français”, du moins ceux de l’échantillon, d’un rapprochement entre le centre et la gauche. L’intervention d’Hervé Le Bras, directeur d’étude à l’EHESS, portera sur une analyse voulant prouver que les raisons de la défaite de Ségolène Royal sont plus historiques et géographiques. Très intéressante intervention d’Hakim El Karoui, président du club XXIème siècle, passé par le cabinet de Jean-Pierre Raffarin, mais ayant appelé à soutenir la candidate du Parti Socialiste. Alain Bergounioux, secrétaire national du PS et Yolande Briand de la CFDT, attireront moins mon attention. Mais Olivier Duhamel (prof à Sciences Po) fera du Duhamel, et prononcera notamment une petite phrase drôlissime : “Les Verts, comme parti c’est ce qu’il y a de pire, comme courant ce qu’il y a de mieux“.
Pause déjeuner, puis deux nouvelles tables rondes l’après-midi. Le journaliste au Monde, Eric Le Boucher, l’historien Jean-Noël Jeanneney et l’ancien ministre Jorge Semprun n’arriveront pas à me faire véritablement intéresser à leurs propos sur “les raisons programmatiques de la défaite”. Table animée par Guillaume Hannezo. Je trouve l’écrivain Erik Orsenna arrogant et suffisant. Seule Julie Coudry saura attirer mon attention : je découvre une très bonne oratrice en la présidente de la Confédération Etudiante. Elle nous narrera des anecdotes sur la campagne, notamment une rencontre avec Ségolène Royal, durant laquelle cette dernière leur annoncera des propositions en totale contradiction avec le projet du Parti Socialiste. Selon Julie Coudry, très symptomatique de la campagne socialiste. Mais le pire sera sans nul doute l’intervention de Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo : il ne fera que lire un pamphlet anti-Royal. Ce n’est pas que j’affectionne la candidate PS, mais je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de constructif à dire que Ségolène Royal est de droite ou encore “ce qu’il y a de pire à gauche“, pour les propos les plus sympathiques. Ce genre d’intervention, pseudo-lyrique et faussement proustienne, mais totalement lue, selon moi nuit plus qu’autre chose à la crédibilité des Gracques : du pain bénit pour la presse.
Dernière table ronde sur “les raisons politique de la défaite et les voies de la refondation”. Stéphane Boujnah anime. Les intervenants sont les stars de la journée : Peter Mandelson, très brittish, commissaire européen, un proche de Tony Blair : il essaiera de dresser les raisons de la victoire du New Labour et les exemples que les français pourraient en tirer. Puis Walter Veltroni, maire de Rome, et futur probable président du grand parti social-démocrate italien. Enfin Michel Rocard s’exprime à cette table ronde. On n’y aura pas appris grand chose de passionnant, sinon ce que l’on sait déjà sur l’acceptation indispensable selon eux de l’économie de marché pour le bénéfice de tous. Je caricature.
Pour terminer, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque me surprendra : je le prenais pour un “pataud”, ils s’avère être un diesel. Mou au départ, très bon sur le long de son discours. Je retiendrai deux choses de son intervention : il faut que le PS cesse de faire des synthèses et qu’elle passe enfin à l’action. Mais aussi, il faut que les politiques, la gauche en général, laisse les syndicats faire leur boulot. Un grand cri du coeur. Pour lui il faut que les femmes et hommes politiques cessent d’être via leur parti les courroies de transmission du syndicalisme : les syndicats servent des intérêts corporatistes, particuliers ; aux partis de s’occuper des intérêts généraux.
Voila sur les débats et le fond de la journée. Pour les anecdotes, on a pu noter la présence de deux invités assez particuliers : tout d’abord le député européen Henri Weber, un fabiusien ; mais aussi celle de Jean-Louis Gergorin, ancien président d’EADS mis en cause dans l’affaire Clearstream.
Je n’ai cessé d’observer la forme (comme toujours). Le lieu d’abord : le théâtre de la Villette est sublime, tout de pierres froides et grises, avec des piliers et des voutes. Ajouté à cela une table sur la scène recouverte d’un drap noir, et j’avais l’impression d’assister à une réunion secrète de templiers. L’assistance également : je m’étais habillé classement, un pantalon velours noir et une chemise bleue ciel. Je ne dénotais pas, mon feeling était bon. L’assistance essentiellement masculine se caractérisait par une prédisposition à s’habiller le week-end comme la semaine en allant à leurs bureaux, la cravate exceptée. Une ambiance très “banquiers” quinquas clairs de peau ultra-BCBG.
Lors de cette journée, j’ai retrouvé trois camarades du MoDem (eh oui !), notamment ma rayonnante Quitterie Delmas, rentrée fraichement de vacances, et remontée à bloc, ce dont je me réjouis ! Je salue également deux bloggeurs : le sympatiquissime Abadinte (le seul en tee-shirt) et le discret Christophe Grébert.
Je me souviens, il y a un an, j’étais à Frangy-en-Bresse, à la Fête de la rose organisée par mon ex-camarade Arnaud Montebourg. Que de chemin en une année. Un ami avec qui j’ai échangé quelques SMS hier m’a communiqué ce petit message : “Frangy … panne”.
