Cette jeune femme, plongée dans sa lecture de “Un enfant de l’amour” de Doris Lessing. Retentit la sonnerie de son téléphone portable. Un Nokia E61. Ce type de sonnerie stridente et agaçante, pâle reproduction synthétique d’un air de musique classique bien connu.
La jeune femme se met à hurler, chantant à voix hurlante l’air de la sonnerie de son téléphone. Et ce pendant au moins quatre longues sonneries. Un moment qui dure trente secondes environ, mais cette hystérie semble une éternité. Imaginez quatre “lalalalalaaaa lalalalalaaaa lalalalalalalalaaaaa la la la la la la la la la la laaaa” consécutifs et complémentaires, ceux du téléphone, ceux de la jeune trentenaire.
Puis la sonnerie cesse. La jeune femme également. Elle tousse un bon coup. Puis son téléphone se remet à sonner. La jeune femme décroche et du ton le plus agréable et féminin de sa voix parle : “Bonjour Marc, vous allez bien ? J’allais justement vous appeler, je suis dans le métro“. Un rendez-vous dans un café confirmé. Et elle raccroche.
Dans le métro, les passagers qui se regardent, les uns interloqués, les autres amusés. La jeune femme semble impassible, se replonge dans sa lecture. Deux stations plus tard, elle se lève, ajuste sa jupe d’un revers de main assuré. Se regarde dans la vitre de la porte de métro. Son regard est morne, absent, vidé. Celui d’une femme au bout du rouleau, au bord du précipice. Le temps de s’en apercevoir elle-même et elle reprend le dessus. Ouvre la porte, et glisse délicatement sur le quai du métro vers la sortie.
Le dernier paragraphe est joliment écrit.
Mais t’aurais pu faire une vidéo avec ton portable, quand même. On est en 2008, merde !
Commentaire par XIII — 31 janvier 2008 @ 02:27
Elle travaille plus pour gagner plus. Une vie brisée.
C’est fou le nombre de jeunes trentenaires fort charmantes qui foutent tout leur “capital” sexy en l’air avec ce regard vide et pourtant perçant. Signe d’une vie professionnelle bien comme il faut, sans faux pas. Avant le suicide.
Commentaire par L'Anonyme de Chateau Rouge — 31 janvier 2008 @ 03:22
Elle travaille plus pour gagner plus. Une vie brisée.
C’est fou le nombre de jeunes trentenaires fort charmantes qui foutent tout leur “capital” sexy en l’air avec ce regard vide et pourtant perçant. Signe d’une vie professionnelle bien comme il faut, sans faux pas. Avant le suicide.
Commentaire par L'Anonyme de Chateau Rouge — 31 janvier 2008 @ 03:22
Elle travaille plus pour gagner plus. Une vie brisée.
C’est fou le nombre de jeunes trentenaires fort charmantes qui foutent tout leur “capital” sexy en l’air avec ce regard vide et pourtant perçant. Signe d’une vie professionnelle bien comme il faut, sans faux pas. Avant le suicide.
Commentaire par L'Anonyme de Chateau Rouge — 31 janvier 2008 @ 03:22
ben moi je te le dis, ça fout les jetons.
Viiiite faut que je change de vie avant d’en arriver là dans 5 ou 6 ans !
Commentaire par MIP — 31 janvier 2008 @ 04:07
Le principal est que Marc lui redonnera un peu de joie de vivre.
Commentaire par abadinte — 31 janvier 2008 @ 04:16
J’adore. Très inspirant…
Commentaire par Orsonchaton — 31 janvier 2008 @ 04:38
Comme MIP, ça fout les jetons.
Je suis bien dans ma forêt finalement. Sans portable, sans métro, sans jupe fendue, sans regards pour me détailler, sans personne pour me sonner, sans avoir à assurer.
Quand je pète un plomb, comme ça personne ne le raconte…
Commentaire par Otir — 31 janvier 2008 @ 05:38
J’aime ces images à la Doisneau.
Commentaire par Mec — 31 janvier 2008 @ 07:59
Tout l’avantage d’habiter en Italie du sud, où tu as le droit de gueuler un bon coup quand c’est nécessaire (qu’il soit justifié ou non)… ça fait du bien, et ça ne surprend personne!
PS moi aussi j’aime beaucoup ces images à la Doisneau, bellissime
Commentaire par ArnaudH — 31 janvier 2008 @ 08:47
Au risque d’être mal compris, je me demande parfois si le féminisme ne sera pas au 21e siècle ce que le fascisme a été au 20eme…
Commentaire par Eric — 31 janvier 2008 @ 10:17
oui Eric, tu fais bien de dire “au risque d’être mal compris”
)
Commentaire par MIP — 31 janvier 2008 @ 10:35
Je me demande en quoi le pétage de plomb(s)d’une trentenaire sexy dans le métro est plus choquant que celui d’un SDF la rue ou encore de celui d’un prof qui gifle un élève.
Y a-t-il plus de suicides chez les trentenaires sexy que chez les SDF ou les profs ?
Commentaire par Bouba — 1 février 2008 @ 08:17
Triste comme histoire!
Commentaire par Kimberley — 1 février 2008 @ 10:04
Beau billet.
Tellement bon que j’ai même maintenant l’impression de l’avoir vécu.
Commentaire par RichardTrois — 1 février 2008 @ 11:01