Rachida Dati appartient à cette nouvelle classe de femmes et hommes politiques ayant intégré que l’apparence joue une part non négligeable dans un parcours politique. Rachida Dati prend soin de son look. Mais trop. L’élégance se transforme vite en glamour. La ministre passe du statut de politicienne à celui de starlette pour tabloïds. Ses apparitions médiatiques deviennent défilés de haute couture. Le bon goût quitte la scène, le bling bling entre en jeu, laissant rapidement place au mauvais goût, au too much, bref : à la vulgarité. On ne demande pas pour autant que Rachida Dati emprunte la garde-robe de Bernadette Chirac, cependant nous ne pouvons que lui conseiller de la retenue. Sus aux bijoux transformant notre ministre en Palais des Glaces déambulant. Finies les robes empruntées à Paris Hilton d’une valeur de plusieurs SMIC. Sobriété, telle devrait être la devise vestimentaire de Rachida Dati.
Intransigeante. Caractérielle. Insupportable. Despotique. Quelques mots maintes fois entendus pour définir le caractère de Rachida Dati. De ce comportement transparaît une image très négative. Etre femme de caractère ne nuit jamais, véhiculant la possibilité de tenir tête aux hommes. Etre celle avec qui il semble impossible ni de travailler ni de discuter deviendra rapidement un poids. Avant d’atteindre le point de non-retour, une véritable communication permettrait d’adoucir le personnage. Féminiser le pit-bull Dati. Organiser par exemple une opération auprès d’enfants, toujours payant. Donner l’impression d’un instinct maternel, d’une proximité réelle auprès de “nos chères têtes blondes“.
Rachida Dati a réussi un coup de maître : se mettre à dos les élus de terrain, qu’ils soient de gauche ou de droite. Une seule raison à ce désamour : sa réforme de la carte judiciaire. En fermant des tribunaux, Rachida Dati devient l’une des responsable de la défaite des municipales. Détestée en outre par une grande majorité des personnels de l’administration judiciaire, de la magistrature. Urgence donc : il faut sauver le soldat Dati, la Ministre doit se recaser avant que le naufrage du Datitanic ne l’emporte dans les lointaines eaux obscures de l’oubli. Possibilité et suggestion de reclassement : le Ministère de l’Education. Mieux encore : les Affaires Etrangères, difficile de devenir impopulaire, un poste médiatique convenant parfaitement à ses desiderata d’apparats.
Longtemps Rachida Dati appartenait à la caste des proches de Cécilia. La trahison n’effraie guère la Ministre de la Justice. Aussitôt le divorce des Sarkozy prononcé, Rachida Dati trouve toute sa place dans la cour de Nicolas. Mais sa proximité trop affichée avec le Président de la République lui fermera de nombreuses portes. Etre “very close of Nicolas Sarkozy“,et conjointement n’être qu’un bébé requin de la politique encore toute neuve dans l’appareil politique véhiculent forcément les rancœurs, les jalousies et renvoient l’image d’un arrivisme patent. Il est important que Rachida Dati densifie ses réseaux : certes ses amitiés dans la beurgeoisie parisienne et celles dans les réseaux républicains féministes ne doivent guère être négligées, mais restent fondamentalement très superficielles et parisianistes. Ajoutez à cela une élection dans le très chic 7ème arrondissement de Paris, et le parfait tableau d’une grande bourgeoise se dessine.
Membre du très élitiste Club Le Siècle, Rachida Dati attirée par la lumière et le pouvoir, ce constat ne fait aucun doute. La Garde des Sceaux de ce fait, si elle veut grimper encore plus vers les sommets du pouvoir, devra aller au contact des vrais gens, tâter de la classe moyenne et populaire.Sinon promouvoir la voix de son maître, l’idéologie de Rachida Dati reste une grande inconnue. Une clarification devient nécessaire. Solution : un livre phare. Un livre faisant d’une pierre deux coups. Ou plutôt deux livres. Deux tomes. “L’histoire d’une femme libre“, pour devenir populaire et humaine. On y parlerait du parcours de Rachida Dati. Les français aiment les histoires. Et un clin d’œil à la France Libre du Général de Gaulle et à l’ouvrage Libre de Sarkozy. “Cette France que j’aimerai” : une quinzaine de grands sujets abordés, inspirés d’intellectuels de divers horizons et quelques propositions novatrices. Clin d’œil à la France sarkozyste que l’on aime ou que l’on quitte. Une Rachida Dati qui aime la France, un titre volontiers très républicain. Mais plongée vers le futur, cette France qu’elle veut construire.
Si j’étais le spin doctor de Rachida Dati, voici donc certains des points que j’aurais aimé aborder avec elle. Malheureusement – et le récent départ de François Guéant (le fils de Claude Guéant) du cabinet de Mme Dati le confirme – je craindrais de ne rester bien longtemps son conseiller tant leur espérance de vie à ses côtés reste bien éphémère.
Et vous, si vous étiez le spin doctor de Rachida Dati, que lui conseilleriez-vous ?
