Le blog politique de Luc Mandret

17 avril 2008

Au détour des méandres de blogs (1)

Classé dans : Hollande, MoDem, PS, bayrou, blogs, monde, politique, royal — lucmandret @ 01:00
Je dois suivre plus de 1500 blogs dans mon Netvibes, avec plus ou moins de régularité. Voici quelques notes intéressantes que j’ai pu lire aujourd’hui.

Commençons pas le petit nouveau : François Hollande. Il lance son blog. Il se la joue démocratie participative, copiant honteusement son ex-compagne Ségolène Royal. On peut lire dans sa deuxième et plus récente note : “Je veux à travers ce blog que les idées soient au cœur de la transformation du Parti socialiste, de la gauche, et du pays. Je veux prendre ma part, et je la prendrai, à travers des débats que j’ouvrirai, des réflexions que je produirai, des idées que je donnerai. Mais rien ne sera possible sans votre propre intervention : je vous attends“. Amen.

Justement, Ségolène Royal. Sur le site La vie des idées, vous pouvez lire une tribune de Rémi Lefebvre. Rémi Lefebvre est professeur de sciences politiques et ses travaux portent sur les partis politiques et le PS en particulier, le métier politique, la démocratie participative et les campagnes électorales. Passionnant. L’article est long mais passionnant. Rémi Lefebvre revient sur le cheminement de Ségolène Royal durant la campagne électorale des présidentielles de 2007. Il y traite des notions d’opinions et de participations, de la confusion entre démocratie participative et démocratie d’opinion.

Extrait : “Communication se mêle à participation, interactivité à réactivité dans un usage qui relève du marketing. La démocratie participative, si on cherche à la clarifier conceptuellement, n’est pourtant ni réductible à la démocratie de proximité ni à la démocratie d’opinion. La démocratie de proximité est essentiellement micro-locale et centrée sur l’amélioration des interactions entre gouvernants et gouvernés. (…) La démocratie participative, faute de clarification, n’est souvent ainsi que « la continuation du marketing par d’autres citoyens ». Les responsables cherchent eux-mêmes à entretenir cette confusion et ces ambiguïtés en tirant les profits symboliques attachés à la « participation ».

Poursuivons avec François Bayrou. Le président du Mouvement Démocrate affrontait hier le bureau exécutif de l’UDF. C’est l’occasion pour le journaliste Pierre-Luc Séguillon de rédiger une longue note sur le leader du MoDem. Je ne pensais pas un jour inciter à la lecture du blog de l’ancien rédacteur en chef de TF1 et aujourd’hui chroniqueur de LCI. Certes la mise en page des blogs de LCI sont toujours d’une laideur improbable. Mais le contenu vaut le détour. Le titre annonce la suite : “François Bayrou, touché… mais pas coulé!” Séguillon revient sur l’actualité, la volonté de l’Elysée de tuer Bayrou. Mais plus encore, Séguillon décrypte François Bayrou et explique pour François Bayrou ne doit être politiquement enterré : “en premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition“.

Séguillon revient ensuite sur le capital dont pourra bénéficier Bayrou pour l’avenir : “il possède surtout la légitimé de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l’an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François Bayrou avait annoncé que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison“.

Enfin, Pierre-Luc Séguillon développe ce qu’il appelle l’identité politique originale de Bayrou : “il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation“.

Dernier blog pour le moment. celui de Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur. Il analyse la visite du Pape Benoît XVI aux Etats-Unis dans une note dont le titre donne le ton : “Le pape en campagne (subliminale) pour McCain“.

Extrait : “En venant en Amérique plaider une fois encore contre l’avortement (thème politique majeur), Benoit XVI promeut évidemment la candidature de McCain. Pour une raison simple: parmi les trois prétendants, le sénateur de l’Arizona est le seul “pro-life”. Et puis, il est le candidat de Bush (après avoir été son pire ennemi). Voici donc le message subliminal du pape aux catholiques américains : moi, chef de l’Eglise, vient ici défendre le droit à l’avortement; je suis donc pour John McCain, qui est, d’ailleurs, soutenu par la Maison Blanche. Tout cela explique l’accueil exceptionnel que le président américain a réservé au souverain pontife. Geste rarissime, il l’a attendu au pied de son avion. Et, hier, il a organisé une garden party somptueuse dans les jardins de la Maison Blanche pour célébrer ses 81 printemps“.

28 mars 2008

Si j’étais le spin doctor de … François Hollande

Classé dans : Hollande, PS, communication, politique, spin doctor — lucmandret @ 05:00
Quatrième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, je vais m’occuper du cas de François Hollande. S’il est bien un politicien qui aurait besoin de recevoir les conseils d’un spin doctor, c’est François Hollande … Alors que François Hollande annonce dans Paris Match qu’il n’exclut pas d’être candidat à la prochaine élection présidentielle en 2012, il s’avère nécessaire de le conseiller en se focalisant sur deux axes : l’image et le positionnement.

L’image. La photographie ci-contre représente bien François Hollande. Un homme pas très beau réputé pour son humour. “La politique, c’est le showbiz des gens au physique ingrat“, disait Bill Clinton. Cette maxime se confirme avec le cas Hollande. Un goitre n’ayant rien à envier à celui de Balladur. Une calvitie en total désaccord avec un visage de poupon. Que faire alors ? Continuer à se cacher derrière son humour ? Mauvaise idée, pourquoi utiliser l’arme de l’humour comme un secours, alors qu’il pourrait être un supplétif ?

Première mission : casser la rondeur du visage. Une suggestion : changer de lunettes. Remplacer les rondes par des rectangulaires, avec une monture noire prononcée. Look jeune cassant le visage en deux.

Seconde mission : casser la rondeur du corps. Une suggestion : porter des costumes noirs avec de fines rayures verticales claires. Chemises noires. Eviter au maximum les cravates, rebondissant sur l’abdomen, ou bien en acheter des claires, discrètes et sans rayure. Autre suggestion : faire un régime.

Troisième mission : régler le problème de cheveux. Surtout ne pas copier un Fabius ou un Bouteflika, tous deux rabattant sur le dessus du crâne une très longue et large mèche venue d’un côté de la tête. Assumer la calvitie. Aller régulièrement chez le coiffeur, et garder une coupe courte.

Quatrième mission : casser l’image du grand-frère ou oncle rigolo. Prendre celle du père sérieux. Assumant les responsabilités qu’il souhaite porter. Se donner une image rigoureuse et intello. Suggérons lui d’écrire (ou de faire écrire) un livre crypto-chiant.

Nous en arrivons au positionnement politique. Principal boulet de François Hollande : son ex-compagne, Ségolène Royal. A son habitude, François Hollande compte utiliser les appareils politiques pour sa carrière. Mais arrivera-t-il pour 2012 là où il a échoué en 2007 ? Il misait tout sur l’appareil Parti Socialiste pour 2007. Il va persévérer dans son choix, avec en outre sa force d’élu local. Président du Conseil Général de la Corrèze, François Hollande vise désormais le poste de président de l’Assemblée des Départements de France. Un outil très utile, lui permettant de continuer à tisser ses réseaux locaux, et d’asseoir ses positions auprès des responsables départementaux socialistes. François Hollande s’avère être un redoutable stratège, probablement l’un des meilleurs, maîtrisant parfaitement les rouages des arcanes du pouvoir. Mais trop de stratégie tue la carrière. Etre continuellement dans les coups fourrés, le jeu d’échec nuit à un objectif pourtant primordial : la popularité.

François Hollande bénéficie d’un avantage majeur : il est connu. Mais pas aimé. Un véritable apparatchik. Devenir populaire, et être aimé. Désiré par les socialistes dans un premier temps. Aimé des français dans un second. Je conseillerais à Hollande le silence. Se taire jusqu’à la veille du congrès du Parti Socialiste de Novembre. N’étant pas candidat à sa succession, Hollande pourrait se contenter du rôle de gentil organisateur. En ne prenant position ni pour untel ni pour unetelle. Laisser les cadres socialistes se déchirer entre eux. Les royalistes, les delanoistes, les ex-jospiniens, les strausskahniens, les camba, les mosko, les hamonistes, les drayistes, les montebourgeois, les mélanchonistes, les emmanuellistes, les fabiusiens, les aubryistes, tous vont entrer dans des luttes internes : une véritable guerre de tranchée, le sang va couler, des alliances se nouer puis se rompre, pour arriver à un bordel monstrueux au congrès, tous couteaux sortis. François Hollande devrait laisser tous ceux-là s’entre-déchirer. Avec une forte probabilité : arriver au soir du congrès sans véritable leader évident pour prendre la direction du PS. Hollande sera alors le faiseur de roi. Il offrira sa succession à qui il le voudra, sous couvert de besoin de rassemblement. Et il peut même être envisager que le successeur de François Hollande ne soit autre que Hollande François (bien qu’il affirme le contraire). François Hollande : le moindre mal pour tous les socialistes.

Se faire aimer des français. Pour cela, nul mystère : faire du terrain, du terrain et encore du terrain. Ne pas rester enfermer dans la tour d’ivoire de Solférino. Sortir continuellement, aller au devant des françaises et des français. Effectuer de temps à autre un voyage à l’étranger. Faire copain-copain devant les caméras avec les dirigeants socialistes européens. Aller tâter devant les caméras du ruminant au Salon de l’Agriculture. Aller serrer des mains devant les caméras dans des usines, sur les marchés, aux enterrements, aux manifestations. Occuper l’espace médiatique.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Hollande, que lui conseilleriez-vous ?

(Photo : Benjamin Lemaire)

Si j’étais le spin doctor de … François Hollande

Classé dans : Hollande, PS, communication, politique, spin doctor — lucmandret @ 05:00
Quatrième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, je vais m’occuper du cas de François Hollande. S’il est bien un politicien qui aurait besoin de recevoir les conseils d’un spin doctor, c’est François Hollande … Alors que François Hollande annonce dans Paris Match qu’il n’exclut pas d’être candidat à la prochaine élection présidentielle en 2012, il s’avère nécessaire de le conseiller en se focalisant sur deux axes : l’image et le positionnement.

L’image. La photographie ci-contre représente bien François Hollande. Un homme pas très beau réputé pour son humour. “La politique, c’est le showbiz des gens au physique ingrat“, disait Bill Clinton. Cette maxime se confirme avec le cas Hollande. Un goitre n’ayant rien à envier à celui de Balladur. Une calvitie en total désaccord avec un visage de poupon. Que faire alors ? Continuer à se cacher derrière son humour ? Mauvaise idée, pourquoi utiliser l’arme de l’humour comme un secours, alors qu’il pourrait être un supplétif ?

Première mission : casser la rondeur du visage. Une suggestion : changer de lunettes. Remplacer les rondes par des rectangulaires, avec une monture noire prononcée. Look jeune cassant le visage en deux.

Seconde mission : casser la rondeur du corps. Une suggestion : porter des costumes noirs avec de fines rayures verticales claires. Chemises noires. Eviter au maximum les cravates, rebondissant sur l’abdomen, ou bien en acheter des claires, discrètes et sans rayure. Autre suggestion : faire un régime.

Troisième mission : régler le problème de cheveux. Surtout ne pas copier un Fabius ou un Bouteflika, tous deux rabattant sur le dessus du crâne une très longue et large mèche venue d’un côté de la tête. Assumer la calvitie. Aller régulièrement chez le coiffeur, et garder une coupe courte.

Quatrième mission : casser l’image du grand-frère ou oncle rigolo. Prendre celle du père sérieux. Assumant les responsabilités qu’il souhaite porter. Se donner une image rigoureuse et intello. Suggérons lui d’écrire (ou de faire écrire) un livre crypto-chiant.

Nous en arrivons au positionnement politique. Principal boulet de François Hollande : son ex-compagne, Ségolène Royal. A son habitude, François Hollande compte utiliser les appareils politiques pour sa carrière. Mais arrivera-t-il pour 2012 là où il a échoué en 2007 ? Il misait tout sur l’appareil Parti Socialiste pour 2007. Il va persévérer dans son choix, avec en outre sa force d’élu local. Président du Conseil Général de la Corrèze, François Hollande vise désormais le poste de président de l’Assemblée des Départements de France. Un outil très utile, lui permettant de continuer à tisser ses réseaux locaux, et d’asseoir ses positions auprès des responsables départementaux socialistes. François Hollande s’avère être un redoutable stratège, probablement l’un des meilleurs, maîtrisant parfaitement les rouages des arcanes du pouvoir. Mais trop de stratégie tue la carrière. Etre continuellement dans les coups fourrés, le jeu d’échec nuit à un objectif pourtant primordial : la popularité.

François Hollande bénéficie d’un avantage majeur : il est connu. Mais pas aimé. Un véritable apparatchik. Devenir populaire, et être aimé. Désiré par les socialistes dans un premier temps. Aimé des français dans un second. Je conseillerais à Hollande le silence. Se taire jusqu’à la veille du congrès du Parti Socialiste de Novembre. N’étant pas candidat à sa succession, Hollande pourrait se contenter du rôle de gentil organisateur. En ne prenant position ni pour untel ni pour unetelle. Laisser les cadres socialistes se déchirer entre eux. Les royalistes, les delanoistes, les ex-jospiniens, les strausskahniens, les camba, les mosko, les hamonistes, les drayistes, les montebourgeois, les mélanchonistes, les emmanuellistes, les fabiusiens, les aubryistes, tous vont entrer dans des luttes internes : une véritable guerre de tranchée, le sang va couler, des alliances se nouer puis se rompre, pour arriver à un bordel monstrueux au congrès, tous couteaux sortis. François Hollande devrait laisser tous ceux-là s’entre-déchirer. Avec une forte probabilité : arriver au soir du congrès sans véritable leader évident pour prendre la direction du PS. Hollande sera alors le faiseur de roi. Il offrira sa succession à qui il le voudra, sous couvert de besoin de rassemblement. Et il peut même être envisager que le successeur de François Hollande ne soit autre que Hollande François (bien qu’il affirme le contraire). François Hollande : le moindre mal pour tous les socialistes.

Se faire aimer des français. Pour cela, nul mystère : faire du terrain, du terrain et encore du terrain. Ne pas rester enfermer dans la tour d’ivoire de Solférino. Sortir continuellement, aller au devant des françaises et des français. Effectuer de temps à autre un voyage à l’étranger. Faire copain-copain devant les caméras avec les dirigeants socialistes européens. Aller tâter devant les caméras du ruminant au Salon de l’Agriculture. Aller serrer des mains devant les caméras dans des usines, sur les marchés, aux enterrements, aux manifestations. Occuper l’espace médiatique.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Hollande, que lui conseilleriez-vous ?

(Photo : Benjamin Lemaire)

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