Justement, Ségolène Royal. Sur le site La vie des idées, vous pouvez lire une tribune de Rémi Lefebvre. Rémi Lefebvre est professeur de sciences politiques et ses travaux portent sur les partis politiques et le PS en particulier, le métier politique, la démocratie participative et les campagnes électorales. Passionnant. L’article est long mais passionnant. Rémi Lefebvre revient sur le cheminement de Ségolène Royal durant la campagne électorale des présidentielles de 2007. Il y traite des notions d’opinions et de participations, de la confusion entre démocratie participative et démocratie d’opinion.
Extrait : “Communication se mêle à participation, interactivité à réactivité dans un usage qui relève du marketing. La démocratie participative, si on cherche à la clarifier conceptuellement, n’est pourtant ni réductible à la démocratie de proximité ni à la démocratie d’opinion. La démocratie de proximité est essentiellement micro-locale et centrée sur l’amélioration des interactions entre gouvernants et gouvernés. (…) La démocratie participative, faute de clarification, n’est souvent ainsi que « la continuation du marketing par d’autres citoyens ». Les responsables cherchent eux-mêmes à entretenir cette confusion et ces ambiguïtés en tirant les profits symboliques attachés à la « participation ».“
Poursuivons avec François Bayrou. Le président du Mouvement Démocrate affrontait hier le bureau exécutif de l’UDF. C’est l’occasion pour le journaliste Pierre-Luc Séguillon de rédiger une longue note sur le leader du MoDem. Je ne pensais pas un jour inciter à la lecture du blog de l’ancien rédacteur en chef de TF1 et aujourd’hui chroniqueur de LCI. Certes la mise en page des blogs de LCI sont toujours d’une laideur improbable. Mais le contenu vaut le détour. Le titre annonce la suite : “François Bayrou, touché… mais pas coulé!” Séguillon revient sur l’actualité, la volonté de l’Elysée de tuer Bayrou. Mais plus encore, Séguillon décrypte François Bayrou et explique pour François Bayrou ne doit être politiquement enterré : “en premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition“.
Séguillon revient ensuite sur le capital dont pourra bénéficier Bayrou pour l’avenir : “il possède surtout la légitimé de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l’an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François Bayrou avait annoncé que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison“.
Enfin, Pierre-Luc Séguillon développe ce qu’il appelle l’identité politique originale de Bayrou : “il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation“.
Dernier blog pour le moment. celui de Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur. Il analyse la visite du Pape Benoît XVI aux Etats-Unis dans une note dont le titre donne le ton : “Le pape en campagne (subliminale) pour McCain“.
Extrait : “En venant en Amérique plaider une fois encore contre l’avortement (thème politique majeur), Benoit XVI promeut évidemment la candidature de McCain. Pour une raison simple: parmi les trois prétendants, le sénateur de l’Arizona est le seul “pro-life”. Et puis, il est le candidat de Bush (après avoir été son pire ennemi). Voici donc le message subliminal du pape aux catholiques américains : moi, chef de l’Eglise, vient ici défendre le droit à l’avortement; je suis donc pour John McCain, qui est, d’ailleurs, soutenu par la Maison Blanche. Tout cela explique l’accueil exceptionnel que le président américain a réservé au souverain pontife. Geste rarissime, il l’a attendu au pied de son avion. Et, hier, il a organisé une garden party somptueuse dans les jardins de la Maison Blanche pour célébrer ses 81 printemps“.
