Le blog politique de Luc Mandret

12 août 2008

Au Parti Socialiste, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Classé dans : PS, humour, politique — lucmandret @ 03:00
Au Parti Socialiste, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Au Parti Socialiste, tout le monde a beaucoup de bonnes idées, tout le beau monde respecte toutes les belles idées de ses beaux camarades. Il est venu le temps d’ouvrir les yeux, et de rendre hommage à ce merveilleux parti que nous devrions tous soutenir. Une grande injustice que de ne pas avoir encore vu le Parti Socialiste être récompensé du Prix Nobel de la Paix.

Au Parti Socialiste, les militants s’aiment. Comme à l’église, les socialistes aiment communier dans la sérénité pour aider le monde à aller mieux. Il arrive parfois, mais alors très rarement, qu’un socialiste médise sur un autre socialiste. Alors il s’en veut tellement qu’il ne peut supporter ce lourd fardeau, et comme la culpabilité est trop pesante, il ne tarde guère à présenter ses excuses, lesquelles sont bien rapidement acceptées. Point de rancune ni de conflits enfouis au Parti Socialiste, l’union et la paix des esprits prévalent.

Au Parti Socialiste, point de place pour les conflits. Certes quelques divergences de fond peuvent apparaître, mais rapidement ils se retrouvent tous autour d’une table pour apaiser les points de désaccord, pour que tous ensemble ils s’accordent sur une ligne claire et intelligible à adopter. Et bien évidemment, quelques contradicteurs sont déçus de ne pas avoir pu imposer leur conception, mais ils se soumettent à la majorité et l’unité du Parti Socialiste est préservée en parlant tous d’une même voix audible et cohérente.

Au Parti Socialiste, les égos n’existent pas. Tous les camarades ont la même importance. Que l’on soit simple militant ou cadre important de la rue de Solférino, les socialistes intègrent que les bonnes idées viennent de partout. D’ailleurs, si il existe encore certaines chapelles, ce n’est que pour prouver que perdure un débat d’idées au sein du Parti Socialiste. Peu importe les personnes qui portent ces idées, leurs lieutenants ne réfléchissent ô combien jamais à leur plan de carrière, mais seulement à l’utilité qu’ils peuvent apporter dans une réflexion commune.

Au Parti Socialiste, on travaille pour le beau et le bien. Il faut apporter un avenir radieux à la France et aux Français. Les socialistes sont au service de leurs concitoyens, ils se meurent à la tâche pour chaque jour rendre le quotidien du plus grand nombre plus merveilleux. Preuve en sont les années durant lesquelles le Parti Socialiste dirigeait le gouvernement, les plus belles années que la France n’a jamais connu. Bien sûr encore mieux eut été possible, mais il ne faut point blâmer le Parti Socialiste, la faute se trouve dans la conjoncture internationale. Quand le Parti Socialiste est au pouvoir, la France est belle, les Français sont beaux, l’économie est resplendissante, la pauvreté est éradiquée.

Au Parti Socialiste, il faut combattre la droite pas belle et méchante. Etre dans l’opposition se révèle une dure tâche, mais les socialistes ne perdent jamais espoir. Les parlementaires socialistes combattent toutes les mesures pas belles et méchantes de la droite, au quotidien, avec toute leur énergie. Les militants socialistes réfléchissent chaque seconde à construire une véritable alternative à la droite pas belle et méchante. Ils ne critiquent jamais stérilement à l’aide d’arguments fallacieux, ils argument et creusent chaque sujet, ils analysent et chiffrent chacune de leur proposition. D’ailleurs, les socialistes ne resteront pas longtemps dans l’opposition, le Parti Socialiste est si beau et si gentil.

Ce billet publi-rédactionnel a été écrit en échange d’une rémunération conséquente versée par le beau et gentil Parti Socialiste. Un beau et gentil militant socialiste a bien évidemment relu, annoté et corrigé cet article.

22 juillet 2008

Jack Lang doit rester au PS !

Classé dans : PS, politique — lucmandret @ 11:00
Haro sur Jack Lang ! Jack Lang a voté pour la réforme sur les institutions. Et cette réforme constitutionnelle a été adoptée à deux voix (et non une) prêt. Facile, la gauche a trouvé son bouc émissaire, ce sera Jack Lang, et accessoirement les députés et sénateurs du PRG.

Alors Jack Lang a “voté avec la droite”. Et les blogueurs de gauche haussent la voix, et réclament son exclusion. On lit ici que Jack Lang n’est plus socialiste. Qu’il n’a plus sa place au PS. Au passage, je note que les blogueurs de gauche oublient que François Bayrou a voté contre cette réforme. Peut-être faudrait-il l’obliger à adhèrer au Parti Socialiste ?

Faut-il donc virer Jack Lang du PS ? Les blogueurs ressortent les statuts du PS. Amusant comme la discipline de parti est à double tranchant. A l’époque où des militants socialistes militaient ouvertement et fortement pour le NON au referendum sur le TCE, je n’ai pas lu sur les blogs de ces mêmes militants (dont beaucoup militaient pour le NON) qu’ils devaient être exclu du parti. Et pourtant les militants socialistes avaient décidé et voté majoritairement de soutenir le OUI.

Etonnant que cette levée de bouclier arrive seulement aujourd’hui. Pourquoi les blogueurs de gauche n’ont-ils pas appelé à l’exclusion de Jack Lang lorsque ce dernier a rejoint la commission Balladur ? Je trouve au contraire la démarche de Jack Lang logique, de voter pour un texte à la rédaction duquel il a participé.

Plutôt que de se focaliser sur un trublion de la politique, le papillonnant Jack Lang attiré par la lumière du pouvoir, ne devrait-il pas s’interroger sur la responsabilité de la direction de Solférino ? Toutes celles et ceux ayant laissé le PS devenir ce grand n’importe quoi. Qui de rejoindre une commission sarkozyste. Qui de n’ouvertement pas faire la campagne de la candidate socialiste aux présidentielles. Qui de taper toujours et encore sur leurs petits camarades. Et si les blogueurs de gauche demandaient plutôt la mise au pilori de François Hollande ?

10 juillet 2008

Des alliances larges entre le MoDem, le PS et les gaullistes !

Classé dans : MoDem, PS, bayrou, politique — lucmandret @ 06:00
Une interview par le journaliste Rodolphe Geisler de François Bayrou, le président du Mouvement Démocrate, à lire sur le site de Figaro.

Voici la réponse que fournit François Bayrou à la question suivant du journaliste : “tout cela pourrait-il vous conduire à faire alliance avec le PS ?” :

François Bayrou : “Pour proposer au pays un destin autre que celui vers lequel on l’amène, il faudra des alliances larges. Les socialistes sont aujourd’hui devant de grandes difficultés de ligne et aussi de leadership. Donc, pour l’instant, ils s’enferment. Mais un jour, ils seront bien obligés d’ouvrir les yeux. Je pense aussi aux gaullistes. Ils vont vivre le choc du retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan et le renoncement de ce qui faisait, symboliquement, l’originalité de la France dans le monde. Un jour, tous ceux-là se ressaisiront. Ce n’est plus pour moi affaire de partis ou de courants. C’est la France qui est bouleversée dans sa vocation historique, et je connais notre pays : dans ses profondeurs, il ne l’acceptera pas. En tout cas, c’est mon engagement.” (lire l’intégralité de l’interview)

Si je comprends bien le président du MoDem, François Bayrou se prononce donc en faveur d’alliances avec le Parti Socialiste. On appelle cela un grand pas en avant. Avec les socialistes donc, mais aussi avec les gaullistes. Certes François Bayrou ne parle pas ici des partis politiques, mais plutôt d’un front commun pour faire face au sarkozysme. Me concernant, bien évidemment cette réponse me réjouit. Vive les alliances entre le PS et le MoDem !

5 juillet 2008

Chantons avec mes amis socialistes

Classé dans : PS, blogs, politique — lucmandret @ 04:00
Mes amis blogueurs de gauche me reprochent de ne parler que des guerres d’égos au PS, et de ne pas m’être plongé dans les méandres de contributions. Et en quelques sortes de faire du journalisme, et de ne me focaliser que sur le visible médiatiquement, en l’occurrence les luttes intestines. Je prendrai (peut-être) le temps de lire les contributions, souvent en effet on y trouve de bonnes idées. J’ai été au Parti Socialiste quelques (longues) années, et j’ai eu l’occasion de lire régulièrement de bons textes, mais au final (et je maintiens) il n’en ressort pas grand chose. Le consensus mou qui se fait au moment des congrès nuit à la visibilité des idées, pour que tout le monde puisse s’en sortir sans trop de dégâts.

Par ailleurs, je persiste dans l’inaudibilité du PS en tant que force d’opposition. Certes quelques leaders (au premier plan desquels Ségolène Royal) réussissent à porter une voix différente à Nicolas Sarkozy. Mais en sortant, et en allant au contact de “gens normaux”, une remarque très régulière transparaît : le PS ne fait pas son rôle d’opposant. Et je pense que, même si des idées existent au PS, les “petites phrases” et les coups de pieds réciproques entre éléphants, éléphantes et éléphanteaux en sont la principale cause. Et la faute en est également au PS, et pas seulement aux médias.

Mais pour apaiser mes camarades blogueurs de gauche, j’ai retrouvé dans mes archives digne d’un Michel Charasse une petite chanson susceptible d’apaiser les tensions. Chantons tous ensemble !

3 juillet 2008

Les 21 contributions socialistes

Classé dans : PS, politique — lucmandret @ 12:00
Trouvée chez mon voisin Laurent Guédon, la liste des 21 contributions socialistes qui seront présentées aux votes des militants du PS au prochain congrès.

1- Donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France (François Hollande)
2- Clarté, Courage et créativité : Choisir maintenant, pour agir demain (Bertrand Delanoë)
3- Une vision pour espérer, une volonté pour transformer (Martine Aubry)
4- Debout la gauche ! (Marc Dolez)
5- Aux militants (Gaëtan Gorce)
6- Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes (Utopia)
7- Reconstruire la gauche (Laurent Fabius)
8- Combattre et proposer (Ségolène Royal)
9- Unité et refondation (s) ! (George Pau Langevin et Pascal Joseph)
10- Reconquêtes (Benoît Hamon et Henri Emmanuelli)
11- Réussir ensemble le congrès du Parti socialiste (Jean-Marc Ayrault)
12- Besoin de gauche (Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg)
13- La ligne claire (Gérard Collomb, Manuel Valls et Jean-Noël Guérini)
14- Réinventer la gauche (Jean-Luc Mélenchon)
15- Pour un socialisme du 21ème siècle en France (Pascal Jacquemin)
16- Changer (Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès)
17- D’abord, redistribuer les richesses (Alain Vidalies)
18- Brèves de campagne (Marylise Lebranchu)
19- Pour un socialisme écologique (Géraud Guibert)
20- Urgence sociale (Pierre Larrouturou)
21- Et si le Parti restait socialiste (Jacques Fleury)

PS : si vous avez les URL des sites absents, je les mettrai en lien. Si il manque des contributions, n’hésitez pas à le signaler.

30 juin 2008

Ségolène Royal rejoint François Bayrou

Classé dans : MoDem, PS, bayrou, blogs, politique, royal — lucmandret @ 08:30
Ségolène Royal s’inspire de François Bayrou, un article de Marie-Anne Kraft à lire sur Mediapart. Marie-Anne Kraft revient sur la présentation de la contribution de Ségolène Royal en vue du congrès prochain du Parti Socialiste. Elle note les convergences entre ce texte et les idées de François Bayrou. Si Ségolène Royal venait à prendre la direction du PS, verrait-on un véritable pont se forger avec le MoDem ?

Extrait :

Le texte propose quatre « révolutions » : « L’économie au service de l’homme, la révolution écologique, l’État préventif et la révolution démocratique jusqu’au bout. ». Parmi ses propositions, on retrouve des thèmes chers à François Bayrou :

- système de retraites à points plus transparent, permettant de choisir à quelle âge on prend la retraite, de tenir compte de la pénibilité, etc,
- indépendance des médias,

- “révolution démocratique” instaurant plus de participation et de proportionnelle aux législatives,

- priorités données à l’écologie et à une politique éducative ambitieuse (priorité dans le programme de François Bayrou),

- lutte contre les inégalités

- suppression des niches fiscales (F. Bayrou proposait de les plafonner).

(lire la suite)

22 juin 2008

Olivier Besancenot, le danger de l’opposition

Classé dans : PS, besancenot, politique — lucmandret @ 02:00
Olivier Besancenot, meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. C’est un sondage OpinionWay pour Le Figaro qui le place devant Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et François Hollande. Un autre sondage de BVA pour L’Express place le leader de la LCR comme troisième personnalité politique français que les Français souhaitent voir prendre de l’influence, juste derrière Bertrand Delanoë et François Bayrou, mais devant Ségolène Royal. En terme de popularité, Olivier Besancenot se place désormais parmi les 5 hommes politiques les plus appréciés des Français, dépassant allègrement les 40% d’opinions favorables.

La sympathie significative portée à Olivier Besancenot ? Un “effet Michel Drucker“. Invité dans l’émission du meilleur ami de la ménagère de plus de 50 ans, Besancenot est dédiabolisé et rentre dans l’establishment des paysages médiatique et politique français.

Seconde raison de ce sursaut de popularité, la LCR est présente sur le front de tous les conflits sociaux, au combat contre toutes les actualités gouvernementales. Une Ligue à toutes les manifestations, une Ligue qui communique par dépêche à chaque nouvelle loi. Là où la gauche traditionnelle a déserté le pavé et le rôle d’opposant, la LCR trouve un boulevard dans le coeur des Français anti-sarkozystes.

Troisième raison, et non des moindres, Olivier Besancenot lui-même. Sur le papier un non-professionnel de la politique, qui médiatiquement n’hésite pas à montrer et crier qu’il continue, lui, à travailler, et de facto en devient plus proche des travailleurs. La professionalisation des métiers de la politique, au Parti Socialiste principalement, nuit gravement à l’image d’un parti proche des préoccupations du Français moyen.

En contradiction totale avec sa doctrine, Olivier Besancenot incarne seul toute la vie de la LCR. Seul leader de son parti. Les luttes de pouvoir aussitôt écrasées et étouffées. Le conflit interne, et là encore le PS s’avère à l’exact opposé de cette image, n’a pas lieu d’être et de transparaître.

Alors que la seule image véhiculée depuis des années par le Parti Socialiste est celle d’un mouvement n’arrivant pas à éteindre les flammes ardentes de luttes d’ego, l’extrême-gauche s’est trouvée un seul et unique porte-parole en la personne de Besancenot. Alors que le bruit médiatique renvoyé par le PS est occupé à 90% par des petits mots assassins entre camarades, celui de la LCR porte à 100% sur la lutte au gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Olivier Besancenot continue d’ailleurs sa route. Faisant de la LCR table rase, il crée son Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Peu ou prou la même chose, mais la disparition des mots “communiste” et “révolutionnaire” ne peut être interprétée comme un hasard. Le nouveau nom gagne en légitimisation et devient symboliquement plus sage, médiatiquement et donc électoralement plus accessible, moins effrayant.

Le PS, comme si ses luttes pachidermesques ne suffisaient pas, crée donc un groupe de réflexion sur l’extrême-gauche. Avec la tête de cette commission Henry Weber, Daniel Vaillant et Bruno Leroux, le Parti Socialiste prouve une nouvelle fois encore son incompréhension de ce que les Français attendent de lui : être le principal opposant à Nicolas Sarkozy. Plus les leaders du PS gagneront en sympathie dans les rôles de combattants à la droite et d’alternative crédible à sa politique, moins le leader de la LCR sera audible. Taper sur Besancenot ne fera que le renforcer. Forcément, la gauche du PS se rebelle contre ce groupe de travail anti-Besancenot, devenant une nouvelle source de conflit entre socialistes. Et il est fort à parier que les médias de droite se délectent à l’avance de ces dissensions.

Principe des vases communicants. Le PCF est moribond. Le PS inaudible et sclérosé par lui-même. Les électeurs le regrettent. Et se retournent donc vers le NPA de Besancenot. Eparpillement des voix, donc difficulté pour la gauche dans son ensemble à constituer un véritable pôle face à l’UMP.

Plus Besancenot monte dans les sondages, plus la LCR prend de l’importance sur l’échiquier politique, plus Besancenot pensera être indispensable, accroissant de fait sa soif de pouvoir, revendiquant alors au moment des tractations électoralistes une plus grosse part du gâteau. La gauche peut se faire du soucis, elle n’en a pas fini de se taper la tête contre les murs.

Le PS d’une part ne réussira pas à trouver une position commune à adopter face à la montée de Besancenot. Alliance ou rejet ? Sans réfléchir à l’envers : que souhaite Besancenot ? Jouer avec les socialistes ou se la jouer perso ? Accepter des accords avec les socialistes, ou casser la gauche à cause de lui ? La LCR (ou le NPA), le temps venu si la gauche remporte un jour les élections nationales ou si la question se pose, acceptera-t-elle de participer à la gestion du pouvoir ? Protester, Besancenot y excelle ; gouverner, Besancenot devra faire des concessions. Le voudra-t-il, sachant qu’il se coupera alors d’une partie de sa base la plus extrême ?

La soif de pouvoir de Besancenot dépendra en parti de l’avenir de la gauche française, le PS n’étant pas prêt de s’enlever la balle qui gangrène son pied depuis des années. Nicolas Sarkozy a de beaux jours devant lui.

(Photo : Philippe Leroyer)

Olivier Besancenot, le danger de l’opposition

Classé dans : PS, besancenot, politique — lucmandret @ 02:00
Olivier Besancenot, meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. C’est un sondage OpinionWay pour Le Figaro qui le place devant Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et François Hollande. Un autre sondage de BVA pour L’Express place le leader de la LCR comme troisième personnalité politique français que les Français souhaitent voir prendre de l’influence, juste derrière Bertrand Delanoë et François Bayrou, mais devant Ségolène Royal. En terme de popularité, Olivier Besancenot se place désormais parmi les 5 hommes politiques les plus appréciés des Français, dépassant allègrement les 40% d’opinions favorables.

La sympathie significative portée à Olivier Besancenot ? Un “effet Michel Drucker“. Invité dans l’émission du meilleur ami de la ménagère de plus de 50 ans, Besancenot est dédiabolisé et rentre dans l’establishment des paysages médiatique et politique français.

Seconde raison de ce sursaut de popularité, la LCR est présente sur le front de tous les conflits sociaux, au combat contre toutes les actualités gouvernementales. Une Ligue à toutes les manifestations, une Ligue qui communique par dépêche à chaque nouvelle loi. Là où la gauche traditionnelle a déserté le pavé et le rôle d’opposant, la LCR trouve un boulevard dans le coeur des Français anti-sarkozystes.

Troisième raison, et non des moindres, Olivier Besancenot lui-même. Sur le papier un non-professionnel de la politique, qui médiatiquement n’hésite pas à montrer et crier qu’il continue, lui, à travailler, et de facto en devient plus proche des travailleurs. La professionalisation des métiers de la politique, au Parti Socialiste principalement, nuit gravement à l’image d’un parti proche des préoccupations du Français moyen.

En contradiction totale avec sa doctrine, Olivier Besancenot incarne seul toute la vie de la LCR. Seul leader de son parti. Les luttes de pouvoir aussitôt écrasées et étouffées. Le conflit interne, et là encore le PS s’avère à l’exact opposé de cette image, n’a pas lieu d’être et de transparaître.

Alors que la seule image véhiculée depuis des années par le Parti Socialiste est celle d’un mouvement n’arrivant pas à éteindre les flammes ardentes de luttes d’ego, l’extrême-gauche s’est trouvée un seul et unique porte-parole en la personne de Besancenot. Alors que le bruit médiatique renvoyé par le PS est occupé à 90% par des petits mots assassins entre camarades, celui de la LCR porte à 100% sur la lutte au gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Olivier Besancenot continue d’ailleurs sa route. Faisant de la LCR table rase, il crée son Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Peu ou prou la même chose, mais la disparition des mots “communiste” et “révolutionnaire” ne peut être interprétée comme un hasard. Le nouveau nom gagne en légitimisation et devient symboliquement plus sage, médiatiquement et donc électoralement plus accessible, moins effrayant.

Le PS, comme si ses luttes pachidermesques ne suffisaient pas, crée donc un groupe de réflexion sur l’extrême-gauche. Avec la tête de cette commission Henry Weber, Daniel Vaillant et Bruno Leroux, le Parti Socialiste prouve une nouvelle fois encore son incompréhension de ce que les Français attendent de lui : être le principal opposant à Nicolas Sarkozy. Plus les leaders du PS gagneront en sympathie dans les rôles de combattants à la droite et d’alternative crédible à sa politique, moins le leader de la LCR sera audible. Taper sur Besancenot ne fera que le renforcer. Forcément, la gauche du PS se rebelle contre ce groupe de travail anti-Besancenot, devenant une nouvelle source de conflit entre socialistes. Et il est fort à parier que les médias de droite se délectent à l’avance de ces dissensions.

Principe des vases communicants. Le PCF est moribond. Le PS inaudible et sclérosé par lui-même. Les électeurs le regrettent. Et se retournent donc vers le NPA de Besancenot. Eparpillement des voix, donc difficulté pour la gauche dans son ensemble à constituer un véritable pôle face à l’UMP.

Plus Besancenot monte dans les sondages, plus la LCR prend de l’importance sur l’échiquier politique, plus Besancenot pensera être indispensable, accroissant de fait sa soif de pouvoir, revendiquant alors au moment des tractations électoralistes une plus grosse part du gâteau. La gauche peut se faire du soucis, elle n’en a pas fini de se taper la tête contre les murs.

Le PS d’une part ne réussira pas à trouver une position commune à adopter face à la montée de Besancenot. Alliance ou rejet ? Sans réfléchir à l’envers : que souhaite Besancenot ? Jouer avec les socialistes ou se la jouer perso ? Accepter des accords avec les socialistes, ou casser la gauche à cause de lui ? La LCR (ou le NPA), le temps venu si la gauche remporte un jour les élections nationales ou si la question se pose, acceptera-t-elle de participer à la gestion du pouvoir ? Protester, Besancenot y excelle ; gouverner, Besancenot devra faire des concessions. Le voudra-t-il, sachant qu’il se coupera alors d’une partie de sa base la plus extrême ?

La soif de pouvoir de Besancenot dépendra en parti de l’avenir de la gauche française, le PS n’étant pas prêt de s’enlever la balle qui gangrène son pied depuis des années. Nicolas Sarkozy a de beaux jours devant lui.

(Photo : Philippe Leroyer)

21 juin 2008

Benoit Hamon et les blogueurs : les photos

Classé dans : Europe, PS, blogs, politique — lucmandret @ 04:00
Hier vendredi rencontre de blogueurs autour de Benoît Hamon, député européen, membre du Parti Socialiste et également blogueur.

Un compte-rendu à venir en début de semaine prochaine. Plusieurs thèmes abordés : l’Europe, le PS, le non au referendum des Irlandais sur le traité de Lisbonne, le PS, la “directive retour”, le PS, les entreprises, le PS, le cumul des mandats, le PS, les combats sociaux et … le PS !

En attendant, allez voir les photos sur mon compte Flickr, ou celle de Richard Ying sur son compte Flickr.


16 juin 2008

Amis socialistes : un mandat unique des parlementaires !

Classé dans : MoDem, PS, politique — lucmandret @ 01:00
Les militants socialistes prennent (enfin) l’éléphant par la trompe et s’attaque au cumul des mandats. Plus que les querelles stériles dont les citoyens et militants PS sont abreuvés et dont personne n’a finalement que faire, je préfèrerais entendre tous les prétendants au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste sur ce sujet.

Une pétition donc à signer sur www.pourlemandatunique.net. La demande de cette pétition est claire, elle demande que soit intégré ce paragraphe dans les statuts du PS :

« Le parti Socialiste applique le mandat unique parlementaire. En conséquence tout(e) candidat(e) membre du parti prend par écrit, avant la ratification de sa candidature, l’engagement sur l’honneur de remettre sa démission de ses autres mandats électifs après son élection au parlement national ou européen ».

Il faut que 15% des militants socialiste signent cet appel. Alors le Conseil National du PS autorisera peut-être une consultation directe des militants sur le sujet.

A lire également la tribune de mon amie Quitterie Delmas dans le Nouvel Obs : “Pas de modernisation sans non-cumul des mandats“.

A signer par toutes et tous, la pétition sur le non-cumul des mandats.

10 juin 2008

Une heure avec Ségolène Royal : les photos

Classé dans : PS, blogs, photographie, politique, royal — lucmandret @ 10:30
Après vous avoir présenté rapidement les conditions de cette rencontre entre les blogueurs et Ségolène Royal, voici quelques photos de ce rendez-vous. Demain, un compte-rendu détaillé quant au fond et aux deux questions sur lesquelles j’ai interrogées Ségolène Royal, à savoir la communication politique et la politique étrangère.

Retrouvez toutes les photos sur mon compte Flickr.

Une heure avec Ségolène Royal

Classé dans : PS, blogs, politique, royal — lucmandret @ 06:00
Ségolène Royal. Dix blogueuses et blogueurs. Un lieu : le 95 boulevard Raspail, les locaux de Désirs d’Avenir. 60 minutes entre elle et nous. Plusieurs dizaines de questions posées.
Un compte-rendu plus complet à venir. Ici et chez mes camarades présents : Dagrouik (notre Gentil Organisateur), Marie-Isabelle Pichon, Richard Ying, Maxime Pisano, Abadinte, Lieutenant Casabaldi, Eric Mainville, Graziella de Michelle et Razzak Ellafi. Des socialistes, des gauchistes, des altermondialistes, des social-démocrates, des centristes, des précaires, un bel éventail !

3 juin 2008

Martine Aubry pour un dialogue avec le MoDem

Classé dans : PS, politique — lucmandret @ 11:00
Démonstration.

Acte 1. Déclaration de Pierre Moscovici : “Je dirais que nos alliances sont à gauche, avec les Verts, avec les communistes, mais en même temps on doit discuter avec François Bayrou. (…) Le problème, c’est où est François Bayrou? Il est dans l’opposition à Nicolas Sarkozy, manifestement. S’il est prêt à discuter sur un certain nombre de thèmes de gauche, ou sur des thèmes économiques et sociaux avec nous, pourquoi ne pas le faire? Simplement, restons d’abord nous-mêmes. Ne soyons pas dans le changement d’alliances, ne soyons pas non plus dans la fermeture“.

Acte 2. Les Reconstructeurs, rassemblement de membres du Parti Socialiste qui se propose de “sauver le parti socialiste en le rassemblant et en le faisant muter en profondeur” rassemble des personnalités telles que Pierre Moscovici, Martine Aubry, Arnaud Montebourg ou encore Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartelone.

Conclusion. L’on peut imaginer que des socialistes rassemblés dans un même mouvement ont la même vision de leurs alliances et une même conception du débat d’idées. J’en déduis donc que Martine Aubry (par exemple, mais également Montebourg et Bartelone) est prête à un dialogue avec le MoDem et avec François Bayrou.

Etonnant, non ?

6 mai 2008

Clarté, Courage, Créativité : pour un grand congrès socialiste ?

Classé dans : PS, blogs, delanoë, politique — lucmandret @ 06:30
Après le congrès “utile et serein” de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë contre-attaque et lance son site : “Clarté, Courage, Créativité : pour un grand congrès socialiste“. Trop fort, ce Bertrand ! Ségo lance sa consultation auprès des militants socialistes avec deux adjectifs, utile et serein. Bébère doit trouver mieux : ce seront trois substantifs ! Delanoë, c’est plus que Royal !
Revenons sur le site www.clarte-courage-creativite.com Clarté, Courage, Créativité : pour un grand congrès socialiste” de Bertrand Delanoë. On apprend que le site est édité par Harlem Désir, l’un des lieutenants de Delanoë. Sur le fond du texte d’accueil : rien ! On s’ennuie terriblement. Delanoë s’essaye au participatif, mais sans poser les fondements. Du participatif foiré (pour le moment). On dégringole du “nous socialistes, on fera ça” au “nous socialistes, faut qu’on se réveille“.

Et toujours les chevilles de Bertrand Delanoë ne désenflent pas : “nous sommes à un tournant de même ampleur qu’au moment du congrès fondateur d’Epinay en juin 1971“. Traduisez : moi, Bertrand Delanoë, je veux en 2008 être le François Mitterrand de 1971 qui avait pris le Parti Socialiste. Ne soyons pas mauvaise langue, peut-être Bertrand Delanoë sera-t-il en effet président dans 30 ans … En laissant la droite au pouvoir dans ce laps de temps !

Quant à la forme, un site déjà vieux. Une bannière de blog de la fin des années 90 (on croirait revoir celui de feu le blog de Lionel Jospin). Du rouge rouge afin de signifier aux militants socialistes que Bertrand Delanoë, lui, est vraiment de gauche. Une liste de soutiens dont finalement plus personne n’a que faire. Les rubriques de la colonne de droite, censée être quand même le centre névralgique du site (il s’agit du projet) d’une illisibilité épatante. Et je passe sur une énormité pour un site : impossible de trouver un flux RSS !

En résumé, sur la forme : Clarté, Courage, Créativité : pour un grand congrès socialiste” manque justement … de clarté, de courage et de créativité. Dommage.

EDIT : le site www.clarte-courage-creativite.com Clarté, Courage, Créativité : pour un grand congrès socialiste” de Bertrand Delanoë est désormais équipé d’un flux RSS, quelques heures après l’écriture de cette note. A noter cependant la laideur des URL en majuscules …

17 avril 2008

Au détour des méandres de blogs (1)

Classé dans : Hollande, MoDem, PS, bayrou, blogs, monde, politique, royal — lucmandret @ 01:00
Je dois suivre plus de 1500 blogs dans mon Netvibes, avec plus ou moins de régularité. Voici quelques notes intéressantes que j’ai pu lire aujourd’hui.

Commençons pas le petit nouveau : François Hollande. Il lance son blog. Il se la joue démocratie participative, copiant honteusement son ex-compagne Ségolène Royal. On peut lire dans sa deuxième et plus récente note : “Je veux à travers ce blog que les idées soient au cœur de la transformation du Parti socialiste, de la gauche, et du pays. Je veux prendre ma part, et je la prendrai, à travers des débats que j’ouvrirai, des réflexions que je produirai, des idées que je donnerai. Mais rien ne sera possible sans votre propre intervention : je vous attends“. Amen.

Justement, Ségolène Royal. Sur le site La vie des idées, vous pouvez lire une tribune de Rémi Lefebvre. Rémi Lefebvre est professeur de sciences politiques et ses travaux portent sur les partis politiques et le PS en particulier, le métier politique, la démocratie participative et les campagnes électorales. Passionnant. L’article est long mais passionnant. Rémi Lefebvre revient sur le cheminement de Ségolène Royal durant la campagne électorale des présidentielles de 2007. Il y traite des notions d’opinions et de participations, de la confusion entre démocratie participative et démocratie d’opinion.

Extrait : “Communication se mêle à participation, interactivité à réactivité dans un usage qui relève du marketing. La démocratie participative, si on cherche à la clarifier conceptuellement, n’est pourtant ni réductible à la démocratie de proximité ni à la démocratie d’opinion. La démocratie de proximité est essentiellement micro-locale et centrée sur l’amélioration des interactions entre gouvernants et gouvernés. (…) La démocratie participative, faute de clarification, n’est souvent ainsi que « la continuation du marketing par d’autres citoyens ». Les responsables cherchent eux-mêmes à entretenir cette confusion et ces ambiguïtés en tirant les profits symboliques attachés à la « participation ».

Poursuivons avec François Bayrou. Le président du Mouvement Démocrate affrontait hier le bureau exécutif de l’UDF. C’est l’occasion pour le journaliste Pierre-Luc Séguillon de rédiger une longue note sur le leader du MoDem. Je ne pensais pas un jour inciter à la lecture du blog de l’ancien rédacteur en chef de TF1 et aujourd’hui chroniqueur de LCI. Certes la mise en page des blogs de LCI sont toujours d’une laideur improbable. Mais le contenu vaut le détour. Le titre annonce la suite : “François Bayrou, touché… mais pas coulé!” Séguillon revient sur l’actualité, la volonté de l’Elysée de tuer Bayrou. Mais plus encore, Séguillon décrypte François Bayrou et explique pour François Bayrou ne doit être politiquement enterré : “en premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition“.

Séguillon revient ensuite sur le capital dont pourra bénéficier Bayrou pour l’avenir : “il possède surtout la légitimé de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l’an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François Bayrou avait annoncé que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison“.

Enfin, Pierre-Luc Séguillon développe ce qu’il appelle l’identité politique originale de Bayrou : “il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation“.

Dernier blog pour le moment. celui de Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur. Il analyse la visite du Pape Benoît XVI aux Etats-Unis dans une note dont le titre donne le ton : “Le pape en campagne (subliminale) pour McCain“.

Extrait : “En venant en Amérique plaider une fois encore contre l’avortement (thème politique majeur), Benoit XVI promeut évidemment la candidature de McCain. Pour une raison simple: parmi les trois prétendants, le sénateur de l’Arizona est le seul “pro-life”. Et puis, il est le candidat de Bush (après avoir été son pire ennemi). Voici donc le message subliminal du pape aux catholiques américains : moi, chef de l’Eglise, vient ici défendre le droit à l’avortement; je suis donc pour John McCain, qui est, d’ailleurs, soutenu par la Maison Blanche. Tout cela explique l’accueil exceptionnel que le président américain a réservé au souverain pontife. Geste rarissime, il l’a attendu au pied de son avion. Et, hier, il a organisé une garden party somptueuse dans les jardins de la Maison Blanche pour célébrer ses 81 printemps“.

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