Le blog politique de Luc Mandret

30 juin 2008

Ségolène Royal rejoint François Bayrou

Classé dans : MoDem, PS, bayrou, blogs, politique, royal — lucmandret @ 08:30
Ségolène Royal s’inspire de François Bayrou, un article de Marie-Anne Kraft à lire sur Mediapart. Marie-Anne Kraft revient sur la présentation de la contribution de Ségolène Royal en vue du congrès prochain du Parti Socialiste. Elle note les convergences entre ce texte et les idées de François Bayrou. Si Ségolène Royal venait à prendre la direction du PS, verrait-on un véritable pont se forger avec le MoDem ?

Extrait :

Le texte propose quatre « révolutions » : « L’économie au service de l’homme, la révolution écologique, l’État préventif et la révolution démocratique jusqu’au bout. ». Parmi ses propositions, on retrouve des thèmes chers à François Bayrou :

- système de retraites à points plus transparent, permettant de choisir à quelle âge on prend la retraite, de tenir compte de la pénibilité, etc,
- indépendance des médias,

- “révolution démocratique” instaurant plus de participation et de proportionnelle aux législatives,

- priorités données à l’écologie et à une politique éducative ambitieuse (priorité dans le programme de François Bayrou),

- lutte contre les inégalités

- suppression des niches fiscales (F. Bayrou proposait de les plafonner).

(lire la suite)

18 juin 2008

Une heure avec Ségolène Royal : Proche Orient et communication politique

Classé dans : blogs, communication, monde, politique, royal — lucmandret @ 06:00
Plus d’une semaine après la rencontre avec Ségolène Royal, il est temps de revenir à froid sur cette heure passée à discuter avec elle. J’apprécie cette opportunité, après avoir fortement critiqué la candidate du Parti Socialiste lors de la campagne des élections présidentielles, pouvoir échanger directement avec Ségolène Royal me rendait curieux.

Un ami, à qui j’annonçais ce rendez-vous, et fin connaisseur des hommes et femmes politiques (mais pas vraiment socialiste) me disait la veille de cette rencontre : “tu verras, tu seras forcément séduit, c’est son métier“. Finalement, pas vraiment. Ségolène Royal est cordiale, humaine, aimable et à l’écoute. Mais pas véritablement à l’aise, plutôt stressée (elle a durant tout l’entretien joué avec le fermoir de son bracelet de montre) et dans l’ensemble une grande adepte de la langue de bois. Un regard franc et sincère mais plutôt absent et préoccupé. Une parole facile et directe mais toujours trop maîtrisée et dictée.

J’avais prévu plusieurs questions, j’ai eu l’occasion d’aborder deux thèmes. Tout d’abord le conflit opposant Israël et la Palestine. Je l’ai donc interrogé sur sa vision de cette guerre et comment en sortir. Sur le statut de Jérusalem, capitale israëlienne, capitale palestienne ou capitale “multi-patride” ? Je revenais également sur la construction du mûr contruit par le gouvernement israëlien en Cisjordanie, contruction condamnée par la Cour Internationale de Justice de La Haye.

Voici sa réponse : “Vous savez, je me suis rendue en Israël et dans la bande de Gaza. Il y a beaucoup d’ailleurs de misères et de désespérances dans la bande de Gaza. Et puis j’ai rencontré les jeunes, parce que j’ai eu une conversation avec les jeunes israëliens et les jeunes palestiniens. Ce qui m’a frappé c’est la vision de la nouvelle génération : ils en ont vraiment assez de la guerre. Franchement. Et je ne suis pas sûre que la génération des responsables politiques aujourd’hui ait suffisamment conscience de cette soif des jeunes de vivre en paix, d’avoir des enfants qui vivent dans un monde de paix. Et moi je me garderai de toute prise de position à l’emporte pièce sur Jérusalem ou sur la condamnation d’Israël. Je pense qu’il y aurait vraiment un travail de médiation pour à la fois que les palestiniens ait un Etat et qu’Israël des frontières stables“.

Ségolène Royal enchaine ensuite sur le Liban. J’aurais aimé que Madame Royal sorte de sa langue de bois, qu’elle réponde à ma question et pas seulement au travers de “la guerre c’est mal“. Mais deux possibilités : soit elle connait mal le sujet (sinon probablement soutiendrait-elle la condamnation de l’ONU), soit elle ne souhaite pas se mouiller pour ne se mettre personne à dos sur un sujet aussi sensible.

Ma second question portait sur la communication politique, une des approches de la politique qui me passionne. Je commence par lui dire que je ne suis pas dupe, et que même si Ségolène Royal nous rencontre pour le plaisir, cet évènement est forcément un moyen de communication. Je reviens sur sa proximité avec Natalie Rastoin, directrice de l’agence Ogilvy. Je lui apprends que Ogilvy est une filiale du groupe de communication WPP, groupe possèdant également la société Hill & Knowlton. Hill & Knowlton, boîte de comm proche du gouvernement américain, ayant notamment participé à la communication autour de la première guerre en Irak. Je l’interroge sur la façon dont elle communique, si elle est entourée d’un spin doctor. Ce à quoi elle me répond avec humour : “j’aurais dû d’ailleurs“. Je termine en lui demandant qui est son Alistair Campbell ou son George Stephanopoulos.

Voici sa réponse : “Je pense que je ne suis pas la plus mauvaise, vous voyez ce que je veux.dire Les conseils de communication que j’ai eus … Par exemple, effectivement il y a une entreprise de communication qui m’a trouvé ce slogan, très banal d’ailleurs, la France juste et forte. Mais ce que j’ai trouvé moi, au contact des gens, parce que c’est souvent moi qui ai inventé les choses. Par exemple dans ma déclaration de candidature à la candidature – je ne dis pas que c’est le meilleur slogan car c’était celui de mon adversaire – dans le discours de Vitrolles et dans tous les meeting de candidature interne je commençais tous mes discours par : “seule je n’y peux rien, mais avec vous tout devient possible”. Ca c’est le slogan qui a été repiqué, je pense qu’il a été revendu par une boîte de comm, par Nicolas Sarkozy. De même, Désirs d’Avenir, on n’a pas trouvé mieux ; ça dit tout ce que ça veut dire, Désirs d’Avenir : c’est pour la France, c’est pour chacun, c’est signe d’un progrès, c’est aussi le signe que si on n’a pas d’avenir on désespère. Donc finalement, c’est le slogan de campagne qu’on aurait du prendre. Ce que je veux dire par là, c’est que ce ne sont pas forcément les conseils d’entreprises de communication qui sont les meilleurs. Il y a des choses que l’on trouve et qui finalement correspondent à ce que l’on est, à ce qu’on pense, à ce qu’on a compris des gens. Quant à Natalie Rastoin, elle intervenait comme ça, c’est une amie de 15 ans, elle donnait des conseils de temps en temps. Sinon, il y avait une boite de communication, [elle cherche le nom] elle n’avait pas fait des trucs terribles d’ailleurs, qui a fait l’affiche de profil, c’était pas génial [un conseiller de Ségolène Royal donne le nom de l'agence : Benoit Devarieux]“.

Réponse plus complète. Quelques regrets, quelques informations. Mais encore de la langue de bois : la communication au contact des gens, déjà vu.

Peut-être mes questions inspiraient-elles moins Ségolène Royal. Elle a répondu plus en détail à d’autres blogueurs présents, notamment sur le PS, sur les collectivités locales, sur l’économie solidaire, sur les SCOP, sur le RSA et la précarité.

J’en suis reparti avec finalement une image assez semblable à celle que j’avais de Ségolène Royal avant ce rendez-vous. Beaucoup trop de langue de bois, plus obsédée par le Parti Socialiste que par la France. Mais un personnage finalement sympathique et ouvert. Et une intuition : si Ségolène Royal arrive à prendre le PS, je pense qu’elle sera bien meilleure comme principale opposante à Nicolas Sarkozy que comme candidate.

Les photos de la rencontre avec Ségolène Royal.
Les conditions de cette rencontre.

10 juin 2008

Une heure avec Ségolène Royal : les photos

Classé dans : PS, blogs, photographie, politique, royal — lucmandret @ 10:30
Après vous avoir présenté rapidement les conditions de cette rencontre entre les blogueurs et Ségolène Royal, voici quelques photos de ce rendez-vous. Demain, un compte-rendu détaillé quant au fond et aux deux questions sur lesquelles j’ai interrogées Ségolène Royal, à savoir la communication politique et la politique étrangère.

Retrouvez toutes les photos sur mon compte Flickr.

Une heure avec Ségolène Royal

Classé dans : PS, blogs, politique, royal — lucmandret @ 06:00
Ségolène Royal. Dix blogueuses et blogueurs. Un lieu : le 95 boulevard Raspail, les locaux de Désirs d’Avenir. 60 minutes entre elle et nous. Plusieurs dizaines de questions posées.
Un compte-rendu plus complet à venir. Ici et chez mes camarades présents : Dagrouik (notre Gentil Organisateur), Marie-Isabelle Pichon, Richard Ying, Maxime Pisano, Abadinte, Lieutenant Casabaldi, Eric Mainville, Graziella de Michelle et Razzak Ellafi. Des socialistes, des gauchistes, des altermondialistes, des social-démocrates, des centristes, des précaires, un bel éventail !

17 avril 2008

Au détour des méandres de blogs (1)

Classé dans : Hollande, MoDem, PS, bayrou, blogs, monde, politique, royal — lucmandret @ 01:00
Je dois suivre plus de 1500 blogs dans mon Netvibes, avec plus ou moins de régularité. Voici quelques notes intéressantes que j’ai pu lire aujourd’hui.

Commençons pas le petit nouveau : François Hollande. Il lance son blog. Il se la joue démocratie participative, copiant honteusement son ex-compagne Ségolène Royal. On peut lire dans sa deuxième et plus récente note : “Je veux à travers ce blog que les idées soient au cœur de la transformation du Parti socialiste, de la gauche, et du pays. Je veux prendre ma part, et je la prendrai, à travers des débats que j’ouvrirai, des réflexions que je produirai, des idées que je donnerai. Mais rien ne sera possible sans votre propre intervention : je vous attends“. Amen.

Justement, Ségolène Royal. Sur le site La vie des idées, vous pouvez lire une tribune de Rémi Lefebvre. Rémi Lefebvre est professeur de sciences politiques et ses travaux portent sur les partis politiques et le PS en particulier, le métier politique, la démocratie participative et les campagnes électorales. Passionnant. L’article est long mais passionnant. Rémi Lefebvre revient sur le cheminement de Ségolène Royal durant la campagne électorale des présidentielles de 2007. Il y traite des notions d’opinions et de participations, de la confusion entre démocratie participative et démocratie d’opinion.

Extrait : “Communication se mêle à participation, interactivité à réactivité dans un usage qui relève du marketing. La démocratie participative, si on cherche à la clarifier conceptuellement, n’est pourtant ni réductible à la démocratie de proximité ni à la démocratie d’opinion. La démocratie de proximité est essentiellement micro-locale et centrée sur l’amélioration des interactions entre gouvernants et gouvernés. (…) La démocratie participative, faute de clarification, n’est souvent ainsi que « la continuation du marketing par d’autres citoyens ». Les responsables cherchent eux-mêmes à entretenir cette confusion et ces ambiguïtés en tirant les profits symboliques attachés à la « participation ».

Poursuivons avec François Bayrou. Le président du Mouvement Démocrate affrontait hier le bureau exécutif de l’UDF. C’est l’occasion pour le journaliste Pierre-Luc Séguillon de rédiger une longue note sur le leader du MoDem. Je ne pensais pas un jour inciter à la lecture du blog de l’ancien rédacteur en chef de TF1 et aujourd’hui chroniqueur de LCI. Certes la mise en page des blogs de LCI sont toujours d’une laideur improbable. Mais le contenu vaut le détour. Le titre annonce la suite : “François Bayrou, touché… mais pas coulé!” Séguillon revient sur l’actualité, la volonté de l’Elysée de tuer Bayrou. Mais plus encore, Séguillon décrypte François Bayrou et explique pour François Bayrou ne doit être politiquement enterré : “en premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition“.

Séguillon revient ensuite sur le capital dont pourra bénéficier Bayrou pour l’avenir : “il possède surtout la légitimé de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l’an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François Bayrou avait annoncé que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison“.

Enfin, Pierre-Luc Séguillon développe ce qu’il appelle l’identité politique originale de Bayrou : “il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation“.

Dernier blog pour le moment. celui de Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur. Il analyse la visite du Pape Benoît XVI aux Etats-Unis dans une note dont le titre donne le ton : “Le pape en campagne (subliminale) pour McCain“.

Extrait : “En venant en Amérique plaider une fois encore contre l’avortement (thème politique majeur), Benoit XVI promeut évidemment la candidature de McCain. Pour une raison simple: parmi les trois prétendants, le sénateur de l’Arizona est le seul “pro-life”. Et puis, il est le candidat de Bush (après avoir été son pire ennemi). Voici donc le message subliminal du pape aux catholiques américains : moi, chef de l’Eglise, vient ici défendre le droit à l’avortement; je suis donc pour John McCain, qui est, d’ailleurs, soutenu par la Maison Blanche. Tout cela explique l’accueil exceptionnel que le président américain a réservé au souverain pontife. Geste rarissime, il l’a attendu au pied de son avion. Et, hier, il a organisé une garden party somptueuse dans les jardins de la Maison Blanche pour célébrer ses 81 printemps“.

11 avril 2008

Ségolène Royal pour un congrès utile et serein, contre un congrès inutile et agité

Classé dans : PS, politique, royal — lucmandret @ 02:30
www.congresutileetserein.com, ça sonne bien comme une publicité pour une lessive qui transforme vos vêtements sales en vêtements blancs et immaculés. Malheureusement, www.congresutileetserein.com est le nouveau site lancé par Désirs d’Avenir et l’équipe de Ségolène Royal.

Congrès utile et serein, auquel s’ajoute l’expression “consultation participative”. Etonnant assemblage de ces deux mots. On consulte. Qui consulte ? Ségolène Royal ? Elle consulte donc elle reçoit les avis émis par d’autres. Participative. On participe. Les militants probablement, mais aussi des experts. Des personnes qui participent et qui sont consultés. Légère redondance, je me trompe ? Voire un doux pléonasme ? Comment consulter des gens si ils ne participent pas ? Ou bien pourrait-on participer à quelque chose sans être consulté ?


Pour un “congrès utile et serein”, le nouveau leitmotiv de Ségolène Royal pour prendre la direction du PS. Qui pourrait, au sein du Parti Socialiste, annoncer le contraire : je suis pour un congrès inutile et pas serein, pour un congrès qui ne serve strictement à rien (il est vrai que ce ne serait pas le premier) et dans lequel ce soit le big bordel (que les socialistes ne rêvent pas, ce sera le cas, malgré les fantasmes de Madame Royal). Seulement, personne ne pourra dire qu’il ne désire pas au plus profond de lui-même que le congrès soit utile et serein. Autrement dit : Ségolène Royal fait sa campagne interne sur un message qui s’avère d’une banalité sans nom, d’un creux incommensurable, d’un fond idéologique inexistant.

Extrapolons. L’on peut espérer que la politique soit encore un débat d’idées. Toute démonstration politique devrait donc, pour être recevable, pouvoir être débattue sous l’angle contraire sans que l’on ne tombe dans une aberration totale. Prenons un exemple. Régulièrement, nous entendons de la part d’hommes et de femmes politiques, combattant une proposition du camp adverse, ce genre de phraséologie : “socialement injuste, économiquement inefficace et politiquement incohérente“. Qui pourrait donc soutenir ce genre de propositions ? Où se trouve le débat d’idées ? Une seule réforme souhaitée pourrait-elle ne pas avoir pour objectif d’être politiquement cohérente, économique efficace et socialement juste ? Que rétorquer à ce genre d’expressions préfabriquées ?

Et si la politique, et les hommes politiques retrouvaient un peu de rigueur, et débattaient ? Toute construction d’explications ou de contestations d’une idée devrait avoir pour arrière pensée : le contraire de ce que je dis a-t-il un sens ? Est-il possible de s’opposer à ce que je dis ? N’est-il pas plus glorieux de convaincre en trouvant les chiffres, les idées, les contre-propositions, les justifications allant dans le sens de mon discours ?

Prenez l’exemple récent du passage de la flamme olympique à Paris. Les sportifs arboraient un badge sur lequel était inscrit : “pour un monde meilleur”. Qui peut, à moindre d’être totalement fou, prêcher “pour un monde pire” ?

Revenons-en à Ségolène Royal, grande experte donc de l’inutilité et de la banalité de ces propos. Autant je me prononce fermement contre les jurys citoyens, car je crois en l’autorité et au pouvoir de décision du politique, autant je n’ai rien contre la démocratie participative au sein d’un mouvement politique. Cependant, Ségolène Royal ne vend pas sa nouvelle posture comme telle, ou du moins ne l’assume pas pleinement. Et c’est là ce qui est dommage. Qu’elle adopte le credo du “congrès utile et serein” relègue le débat d’idées aux oubliettes de Solférino. Quand donc se décidera-t-elle à proposer et à construire, plutôt qu’à vouloir à tout prix rassembler dans un unique but présidentiel ?

10 avril 2008

Ségolène Royal et les patrons voyous ou Ségolène Royal, patronne voyou ?

Classé dans : PS, politique, royal — lucmandret @ 06:00
Dépêche AFP : “Ségolène Royal condamnée à verser leurs salaires à deux ex-collaboratrices“. En résumé : Ségolène Royal a été condamnée par la Cour d’appel de Rennes. Deux ex-attachées parlementaires de Ségolène Royal réclamaient le versement de plusieurs mois de salaires non payés. Les faits remontent à la période entre 1995 et 1997, durant la campagne des législatives de 1997, suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale par Jacques Chirac, jusqu’à l’entrée de Ségolène Royal dans le gouvernement Jospin. La justice a finalement donné raison aux deux anciennes attachées parlementaires.. Et l’ancienne candidate socialiste aux élections présidentielles de 2007 devra donc payer les sommes dues.
Ségolène Royal qui déclarait dans son discours de Quimperlé le 14 Octobre 2007 : “des salariés correctement payés et motivés seront des parents qui pourront exercer correctement leur rôle de parents“. N’a-t-elle donc pas honte, Madame Royal, de vouloir que ses collaboratrices soient de mauvais parents ? Elle affirmait ce même jour que la réconciliation dans l’entreprise “sera difficile quand la chronique est défrayée par le comportement des patrons voyous“. Si une chose est sûre, c’est que la réconciliation entre Ségolène Royal et ses anciennes collaboratrices sera plus que difficile. Mais cela confirme, comme elle l’affirme elle-même que “en France, nous sommes au Moyen-Âge des relations sociales“.

Mais je dois avoir loupé une étape : exploiter ses collaborateurs, ce doit être un nouveau crédo de “l’ordre juste économique“.

(Photo : Parti Socialiste)

28 janvier 2008

Ségolène Royal invente le storymailing

Classé dans : PS, communication, medias, politique, royal — lucmandret @ 02:00
Mail envoyé à la Newsletter de Désirs d’avenir. Ségolène Royal pratique donc désormais une technique de communication bien connue, le storytelling, que l’on pourrait désormais baptiser pour l’occasion strorymailing.
Ci-dessous l’intégralité de la lettre du dénommé Monsieur Georges P. :

Madame,
Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.
Je suis très inquiet sur l’avenir et surtout sur le pouvoir d’achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d’années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?
La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j’ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l’électricité, les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d’extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.
Pour 2008, j’ai été obligé d’arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l’hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d’en arriver là à 72 ans.
Je n’espère pas aller jusqu’à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s’aggrave, mais j’espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J’ai travaillé à 14 ans et j’ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m’excuse de cette présente, mais j’ai besoin de m’exprimer.
Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.
Monsieur Georges P.

26 janvier 2008

Ségolène Royal & François Bayrou : un tandem pour gagner ?

Classé dans : MoDem, PS, UMP, bayrou, politique, royal — lucmandret @ 06:00
Dans un sondage Ifop pour le Jdd à paraître demain, à la question “parmi les personnalités politiques suivantes, laquelle vous semble l’opposant le plus crédible à Nicolas Sarkozy?“, il en ressort que Ségolène Royal et François Bayrou devancent nettement les autres femmes et hommes politiques de l’opposition. 28% Pour Ségolène Royal, 25% pour François Bayrou, viennent ensuite Bertrand Delanoë avec 18% et Olivier Besancenot pointe à 14%.

Je me méfie des sondages, notamment de part ma formation en statistiques, et porte une confiance plus importante aux enquêtes qualitatives que quantitatives. Cependant, il met en avant une réalité : la popularité de Royal et Bayrou. Celles et ceux lisant mon blog durant la campagne des élections présidentielles de 2007 le savent, j’ai rarement été tendre avec la candidate du Parti Socialiste.

Mais une chose semble certaine : c’est aujourd’hui elle, Ségolène Royal, qui occupe le mieux le terrain. Elle qui incarne le mieux l’opposition. Elle qui se place au-dessus des partis. Elle probablement la plus à même de rassembler l’opposition. Elle passant outre, médiatiquement du moins, les querelles de partis, laissant les autres éléphants socialistes s’entre-tuer. Bien sûr, je préserve à son égard les mêmes réserves sur son aspect “réac de gauche” et sur son absence de charisme. Mais sur la seconde critique, il serait mensonge de dire qu’elle ne s’améliore pas.

Outre son béni-ouiouisme accordé au rapport Attali, une erreur stratégique, mais peut-être réfléchi en admettant que Ségolène Royal puisse avoir anticipé que ce rapport restera un rapport de plus prenant la poussière dans un tiroir oublié, à chacune des sorties médiatiques de Royal je me dis : “là elle est forte“.

Seulement il ne faut pas oublier François Bayrou, le troisième homme, celui combattant les guerres de clan, prônant le gouvernement d’union nationale, dénonçant les connivences entre médias et puissances économiques et politiques, apportant dignité, humanisme et rigueur dans sa vision de la société.

J’aurais un rêve : celui de voir Ségolène Royal et François Bayrou main dans la main sur certaines thématiques. A deux toujours plus forts que chacun seul. Deux voix pour combattre le grand-n’importe-quoi sarkozyste, deux visions de la société se retrouvant pour proposer une alternative à la politique de la droite, deux projets politiques s’unissant pour succéder à la monarchie élective de Nicolas Sarkozy.

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