Le blog politique de Luc Mandret

10 août 2008

Le Journal du Dimanche, journal sarkozyste ?

Classé dans : medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 02:30
Il y a fort longtemps que je n’avais ouvert les pages du Journal du Dimanche. A peine à l’occasion quelques articles consultés sur le site internet du Jdd. Ce matin, en feuilletant le journal, un article en particulier retient mon attention. Un papier signé Olivier Jay, page 4 du Journal du Dimanche, dans la rubrique Politique. Une pleine page sur la visite du Président de la République française en Chine, pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Un grand numéro d’hommage à la gloire de Nicolas Sarkozy. Décryptage.

Tout d’abord une énorme photographie. On y voit un Nicolas Sarkozy, tout sourire, un bras sur l’épaule de son fils Louis, le second sur celui du Président algérien Abdelaziz Bouteflika. Sarkozy domine d’une tête ses deux acolytes, se penchant d’un air protecteur sur ses deux interlocuteurs. Cette image représente à merveille le fond de l’article : la famille et la politique. Le people et le chef d’Etat.

Un chapeau d’une dizaine de lignes. Le premier paragraphe revient sur les précédentes vacances de Nicolas Sarkozy, souvenez-vous l’été dernier à Wolfeboro. Pas question pour le journaliste du JDD de revenir sur les différentes polémiques, sur les vacances de star, sur le tournant donné à la politique internationale française dans un alignement atlantiste. Non, Olivier Jay préfère y voir une “réconciliation internationale” et des vacances pour “recoller les morceaux avec Washington“. Jacques Chirac n’entrainant pas la France dans la guerre en Irak doit se retourner dans sa tombe de retraité. Le second paragraphe de ce chapeau dresse le portrait d’un surhomme sacrifiant ses pauvres vacances pour se rendre à Pekin : Nicolas Sarkozy a “quitté la torpeur du Cap Négre” pour passer en Chine “treize heures sur place après de longues tractations et une pression maximale“.

Quatre parties dans cet article. On commence par Louis Sarkozy, il est vrai que c’est le plus important dans la visite d’un chef d’Etat à l’étranger. Un quart de l’article sur le fils du Président de la République dans un article supposé politique, on croit rêver. Tout y passe dans la description du petit Louis : “un petit garçon à lunettes, T-shirt et baskets” qui ensuite porte “un blazer bleu marine” mais qui dans l’avion de retour “a remis un sweat-shirt“. Passionnant. Tout est bon dans le ridicule : du “Loulou est fatigué” au “fromage blanc” mangé dans l’avion en passant par le “il vient de retrouver son papa“. Tout y passe : les vêtements, les surnoms, la familiarité, les repas. Du pur sentimentalisme, un long paragraphe pour que le lecteur croit que le fils de Nicolas Sarkozy (donc Nicolas Sarkozy lui-même) est un Français comme les autres. Du sentimentalisme, de la familiarité pour s’attacher, pour accrocher le lecteur. Un journaliste de Gala serait aussi mauvais et grossier.

La seconde partie de l’article nous emmène dans les coulisses de ce voyage. Vous voulez de l’anecdote, vous souhaitez remplir les lignes de votre article de détails sans intérêt, le JDD vous satisfait : du député Bernard Debré qui “brandit l’édition chinoise de son ouvrage Tout savoir sur la prostate et l’offre à Raffarin” en passant par une phrase sur la présidence du Sénat, totalement hors-sujet. Mais une phrase provoque l’hilarité quand Olivier Jay énumère les personnes présentes dans l’avion présidentiel : “Et, bien sûr, le conseiller diplomatique, le très Quay d’Orsay Jean-Daniel Levitte“. Problème, Jean-Daniel Levitte n’était pas à bord de l’avion présidentiel, Jean-David Levitte lui était présent. Difficile de prendre au sérieux un article qui se trompe sur le prénom des conseillers du Président. A croire que les relecteurs du Journal du Dimanche sont tous en vacances. Ou bien que personne ne s’intéresse véritable à la politique dans cet hebdomadaire.

Troisième partie. Cette fois, le journaliste laisse la parole aux sportifs retraités constituant la cour du Roi Sarkozy. Sophie Dion, Alain Mimoun, Marielle Goitschel, Bernard Hinault. Et aux sportifs représentants la France à ces Jeux Olympiques. Forcément, tous dans le JDD dressent des lauriers à Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy, l’ami des sportifs, qui embrasse, qui tutoie, qui parle de Carla. Une phrase de Nicolas Sarkozy rapportée : “Le sport, c’est ma passion“. Quel poète ce président. Imaginerait-on un Président de la République se rendant à un évènement sportif dire : “La musique, c’est ma passion” ? Le Journal du Dimanche n’a-t-il donc rien de plus passionnant à écrire qui sorte de la bouche de Sarkozy ?

Enfin, la suite et fin de l’article revient sur les questions des droits de l’homme. Mais plutôt que de parler de la liberté d’expression, des prisonniers politiques, l’article ne s’axe qu’autour du Dalaï Lama. Et la sentance est irrévocable pour donner raison à Nicolas Sarkozy : “Personne ne doit en douter. Le dalaï-lama a voulu aussi ces JO à Pékin“. Pas de rencontre entre le religieux et le président français ? C’est le dalaï lama qui “ne veut pas d’une rencontre“. Circulez, il n’y a rien à voir. Les critiques de l’opposition sur la présence de Nicolas Sarkozy en Chine ? Pas un mot dans cet article, l’opposition française dans le JDD est aussi inexistante que les dissidents chinois dans leur pays. L’absence d’Angela Merkel, la chancelière allemande ? Surtout, n’abordons pas le sujet, il pourrait fâcher le sarkozysme. Ah si, ne soyons pas de mauvaise foi, Robert Ménard (le président de Reporters sans Frontières) est cité. Ce qu’il pense, ce qu’il revendique, on ne le saura jamais dans cet article, le journaliste préfère rapporter les paroles de Nicolas Sarkozy : “Je contribue plus à l’avancée des droits de l’homme que M. Ménard qui me traite de lâche“. On appréciera le professionnalisme d’Olivier Jay qui aime la confrontation des idées.

Mais si l’on devait y trouver une seule critique du sarkozysme sous la plume d’Olivier Jay, c’est Roselyne Bachelot qui en fait les frais, “la ministre de la Santé et des Sports, enrobée dans le T-shirt officiel de l’équipe de France, immaculée“. Enrobée. Immaculée. Enrobée, très class, très élogieux, on imagine Bachelot pas vraiment à son avantage. Immaculée, je n’ai pas compris.

Et l’article se termine en nous informant que Nicolas Sarkozy aurait “préféré rester en vacances“. Point final. Magnifique chute pour la presse française. Le Figaro apparaît à côté du Journal du Dimanche comme un dangereux journal d’opposition. Mais si vous n’avez pas eu assez de propagande sarkozyste, vous pouvez également lire l’encart du dessous, une nouvelle hagiographie de Sarkozy signée Olivier Jay. Encore du people : Nicolas Sarkozy “écoutait le dernier album de son épouse“. Puis des informations capitales sur la famille Bruni-Tedeschi ou bien sur les méduses autour de la villégiature. Voila pour la première partie. La seconde parle de “la mort du petit Valentin” qui a “bouleversé” Nicolas Sarkozy, un mort quand il est petit et nommé par son prénom faisant forcément plus pleurer dans les chaumières. Et l’on termine par Nicolas Sarkozy “concentré sur la crise en Ossétie“. Qu’il s’en moque eut été étonnant, non ?

Olivier Jay, en plus d’exercer le métier de journaliste politique pour le Journal du Dimanche, est également directeur délégué de la rédaction de l’hebdomadaire. Rappelons également que le journal est la propriété du groupe Lagardère, goupe dirigé par Arnaud Lagardère, le frère de Nicolas Sarkozy. Ce même Arnaud Lagardère auteur de cette phrase : “C’est quoi l’indépendance en matière de presse ? Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne“. Olivier Jay semble avoir pleinement intègrer cette remarque.

27 juillet 2008

Obama : bientôt la gueule de bois ?

Classé dans : monde, politique, sarkozy — lucmandret @ 02:30
Une note à lire sur le blog du journaliste au Nouvel Observateur, Vincent Jauvert. Vincent Jauvert revient sur la venue de Barack Obama en France, et sa rencontre avec le Président de la République, Nicolas Sarkozy. Il nous invite à la lecture de la tribune de Maureen Dowd dans le New York Times.

Voici le paragraphe de l’article de Maureen Dowd qui retient tout particulièrement l’attention de Vincent Jauvert. Des propos tenus par le Sénateur Barack Obama juste après sa rencontre avec Nicolas Sarkozy : “Il y a un avantage concret à ce que non seulement les chefs d’État étrangers vous apprécient mais aussi à ce que les populations de ces pays aiment le président américain: car, du coup, c’est plus facile pour Sarkozy d’envoyer des troupes en Afghanistan si son électorat aime les États-Unis“.

Et Vincent Jauvert d’en faire cette analyse : “autrement dit, la stratégie d’Obama vis à vis de l’Europe est de séduire les populations à un point tel que les dirigeants du Vieux Continent se sentent contraints (ou capables) de partager les fardeaux internationaux de l’Amérique (en Afghanistan notamment)“.

Lire la note de Vincent Jauvert.

26 juillet 2008

Offre raisonnable d’emploi : Danemark vs France

Classé dans : monde, politique, sarkozy — lucmandret @ 07:30
Une note très intéressante à lire sur l’offre raisonnable d’emploi. “Récemment adopté par l’Assemblée Nationale, le texte de loi sur les « droits et devoirs des demandeurs d’emploi » a coïncidé avec la publication du rapport « Accompagner vers l’emploi : les exemples de l’Allemagne, du Danemark et du Royaume-Uni », rédigé par les services d’Eric Besson, Secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des Politiques Publiques et du Développement de l’Economie Numérique” rappelle Philippe, l’auteur du blog Le Courrier du Danemark.

Suit une comparaison entre l’offre raisonnable d’emploi introduite en France et celle mise en place au Danemark depuis 2003. Et la conclusion est sans hésitation : “En résumé, le texte de loi adopté récemment à l’Assemblée prend donc le contrepied de ce qui se pratique au Danemark, dans le sens où, au lieu de faire preuve de souplesse vis-à-vis de la notion d’emploi « raisonnable », il vise à approfondir sa définition. Si l’on ajoute qu’il ignore les recommandations émises par la DARES selon lesquelles l’inadéquation de la formation ou de l’expérience des personnes concernées avec les offres d’emploi proposées constitue le frein principal au retour à l’emploi et qu’il néglige le fait que l’efficacité du modèle danois de flexicurité repose notamment sur la formation continue (on ne peut que déplorer une nouvelle fois l’absence de marges de manoeuvre budgétaires dans notre pays), il est permis de douter du résultat…

Vous pouvez lire la note dans son intégralité. C’est également l’occasion de découvrir un nouveau blog très instructif d’un militant du MoDem. Bon courage à son auteur pour la suite !

23 juillet 2008

Rachida Dati achetée par le Ministère de la Justice

Classé dans : UMP, blogs, communication, politique, sarkozy — lucmandret @ 02:00
Nous serions presque passés à côté de la nouvelle de la semaine : le blog de Rachida Dati. Mieux encore, le vidéo blog de Rachida Dati. Ca sonne mieux. Le vidéo blog donc s’appelle www.rachida-dati.tv. Et en gros, on ne peut le louper : “Blog vidéo de Rachida Dati. Le web du Garde des Sceaux, ministre de la Justice“. Grotesque : “le” web. Un peu prétentieux, n’est-il point ? Et narcissique : “le web” de Rachida, pas celui des autres. Mais qu’en est-il de ce “blog vidéo” ?

Direction les “Mentions légales”. On sort du domaine rachida-dati.tv et on se retrouve sur ministre-justice.fr. Qu’y lit-on ? Directeur de la publication : Laurence Lasserre, conseillère de la ministre pour la presse et la communication. Responsable éditorial : Thomas Saint-Aubin. Animation éditoriale : Thomas Féné, assistant communication de Laurence Lasserre. Rachida Dati a donc disparu. Tout est géré par l’équipe de communication de la Ministre. Rachida Dati n’a aucune main sur ce blog, et je doute qu’elle réponde aux commentaires.

D’ailleurs, on ne peut pas poster de commentaires. Sur toutes les notes de ce “vidéo blog”, ce petit message apparaît : “les commentaires sont fermés“. Un blog uniquement “top-bottom”, sa majesté Rachida Dati prenant le loisir de distraire ses braves ouailles en leur envoyant par le doigt du web des messages vidéos. Madame est trop bonne.

Peut-on encore parler de blog, alors que Rachida Dati ne fait que répondre à des interviews vidéo ? Nous dirons donc qu’il s’agit plutôt d’un outil de communication, uniquement.

Quant au contenu, du “Rachida”. Ni plus ni moins. Rachida à Toulouse. Rachida à Marseille. Rachida à Bruxelles. Voila quelques exemples pour les déplacements. Nous avons aussi Rachida sur Skyrock, Rachida à la télévision marocaine. Il s’agit donc bel et bien d’une hagiographie de Rachida Dati plutôt que d’un blog.

Je ne reviendrai pas sur la photo très photoshopée de Rachida Dati en header du “blog”. Je parlerai plutôt de l’achat de mots clés. En recherchant “Dati” ou “Rachida Dati” ou même seulement “Rachida” dans Google, nous pouvons voir un joli lien commercial, nous incitant à venir sur le “vidéo blog” de la Ministre de la Justice. Mais bien étrangement, rien pour des mots clés tels que “ministère de la justice” ou “garde des sceaux”.

Nous pouvons véritablement nous demander s’il s’agit ici d’un site d’informations concernant la Garde des Sceaux. Ou si nous avons avec ce blog un site uniquement de promotion de la personne Rachida Dati. Car communiquer sur les réformes et les mesures d’un gouvernement peut se comprendre. Mais communiquer uniquement autour de la personne, est-ce vraiment raisonnable ? Surtout quand tout cela est payé par le Ministère de la Justice ?

Je crains que l’équipe de Rachida Dati ne comprenne rien à l’intérêt du blog : le dialogue. La possibilité de discuter, de confronter des idées, de faire part de ses remarques ou suggestions. Mais sur rachida-dati.tv outre l’impossibilité de poster un commentaire, pas même une adresse mail n’est disponible pour réagir. L’équipe de Rachida Dati pense que c’est en attirant le poisson dans ses filets (en payant Google) que tout cela rendra la Ministre de la Justice plus appréciée des Français. Risible.

A vouloir copier son maître Nicolas Sarkozy et sa NS-TV, Rachida Dati se retrouve avec une pâle copie d’une médiocre web TV d’amateurs totalement à côté de ce que les internautes peuvent attendre de ce genre d’outils.


Les Simpson attaquent Sarkozy sur le pouvoir d’achat

Classé dans : humour, politique, sarkozy — lucmandret @ 11:30

Les Simpson attaquent Sarkozy sur le pouvoir d’achat

Classé dans : humour, politique, sarkozy — lucmandret @ 11:30

15 juillet 2008

Eric Woerth, ministre croupion

Classé dans : UMP, politique, sarkozy — lucmandret @ 04:00
Trouvée sur le blog du sénateur Alain Lambert cette vidéo pour le moins détonante. On peut y voir Gilles Carrez, député UMP, rapporteur général du budget de l’Assemblée Nationale critiquer l’action gouvernementale en matière de politique économique. Vidéo prise en marge de la Conférence Nationale des Exécutifs, Gilles Carrez dit tout ce qu’il pense (de mal) des réformes budgétaires engagées par le gouvernement de François Fillon. Et des rôle et pouvoir d’Eric Woerth, le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique en particulier …

Extraits :

L’organisation gouvernementale n’est pas bonne. Vous ne faites que de la dépense. Eric Woerth, c’est un ministre croupion. Je lui ai dit. Il n’a le droit de s’occuper que de la colonne “dépenses”. Et en finances, il y a deux colonnes : les dépenses et les recettes. Les recettes lui échappent complètement“.

Le rapport d’orientation budgétaire, c’est à pleurer. Il n’y a rien sur les recettes, rien sur la stratégie de recettes. Ca ne peut pas continuer“.

Si tous les lobbys s’engouffrent les uns après les autres, pour obtenir qui la TVA à 5,5%, qui un crédit d’impôts, nous n’arriverons jamais à redresser nos comptes“.

Christine Lagarde et Eric Woerth peuvent commencer à se ronger les doigts : si même les députés de droite, et en premier lieu desquels le rapporteur général du budget, commencent à critiquer ouvertement la politique économique du gouvernement de François Fillon. Le Premier Ministre qui disait que la France est en faillite. Et un député UMP qui déclare que rien ne va pour s’arranger au regard du programme budgétaire du gouvernement. La France irait-elle financièrement droit dans le mur ?

13 juillet 2008

Les 4 qualités de Nicolas Sarkozy

Classé dans : politique, sarkozy — lucmandret @ 02:00
Décidément, l’été arrive, et les chaînes pleuvent. Rébus me demande donc de citer 4 qualités de notre Président de la République. Pas marrant, mais je vais essayer d’y répondre sérieusement, après tout je trouve l’exercice intéressant.

Première qualité de Nicolas Sarkozy : son parti. Nicolas Sarkozy a réussi, entre 2002 et 2007 à faire de l’UMP un parti politique totalement dévoué à sa cause. Une machine de guerre puissante et réactive. Les individualités divergentes certes existent, mais quasiment inaudibles de part la force de frappe des amis de Sarkozy. Durant la campagne, qui tape sur Sarkozy se prend en retour une volée de bois vert venant de toutes parts. Une véritable armée de mousquetaires pour défendre leur prince. Et cette absence de fusion de son propre camp autour d’elle a été probablement l’une des principales faiblesses de Ségolène Royal.

Second qualité de Nicolas Sarkozy : la volonté. J’ai toujours entendu que devenait Président de la République celui qui le voulait le plus. Et il n’y a pas à dire, Nicolas Sarkozy le désirait très certainement beaucoup plus que Ségolène Royal ou que les autres prétendants. Le vouloir véritablement au fond de soi-même, au point de ne pas imaginer la défaite, voilà l’une des clés de la recette pour une victoire aux présidentielles.

Troisième qualité de Nicolas Sarkozy : les réseaux. Nicolas Sarkozy a très vite compris, et comme il a décidé d’être Président très tôt, que son élection ne pouvait être de son seul ressort. Il s’est donc créé un réseau très solide et élargi. Les médias tout d’abord, faisant copain-copain avec les grands patron de la presse française, mais également introduisant une proximité avec les journalistes. Les patrons ensuite, témoin de mariage ou parrain de tel milliardaire, comprenant qu’il aura besoin d’eux pour jouer dans la cour des grands. Le show-biz également, peu importe qu’ils soient ringards, les people sont toujours des relais d’opinion. Et ce n’est que la face immergée de l’iceberg des réseaux.

Quatrième qualité de Nicolas Sarkozy : la proximité. Peu importe qu’il agace ou énerve, voire révulse. Et d’ailleurs ce qui a fonctionné durant la campagne électorale se retourne contre lui, mais attention le vent de face peut tourner de nouveau. Nicolas Sarkozy a renouvellé la proximité. Car Jacques Chirac d’une certaine façon était proche des citoyens, le contact facile et probablement sincère lors de ses déplacements. Mais Nicolas Sarkozy a fait évoluer cette proximité. Telle une star, peu importe la durée de la proximité avec les Français, il fallait multiplier au maximum les échanges de cette bête de scène. Proximité démultipliée, mais également proximité de langage. Les Français ont un temps apprécié le Nicolas Sarkozy s’exprimant comme eux, maniant très mal la langue française, vulgaire et parfois grossier, mais du coup direct et apparaissant comme connecté aux réalités.

Finalement, j’ai plus dessiné les qualités de Nicolas Sarkozy pour avoir réussi à remporter les élections présidentielles, que dressé le portrait des qualités propres à Nicolas Sarkozy. Car de fait, les qualités que je dresse ici sont surtout une image du sujet d’étude, et non la réalité d’un cliché de l’homme.

Je renvoie la chaîne à quelques blogueurs. Un extrême-gauchiste, CSP. Un gauchiste, Valério Motta. Un socialiste, Romain Blachier. Un écologiste, Juan. Un centriste, L’Hérétique. Un gaulliste, Christophe Carignano. Un centre-droitiste, Alain Lambert. Un catho de droite, Koz. Et pour le fun, un ancien Président, Valéry Giscard d’Estaing.

11 juillet 2008

Lettre à France.fr

Classé dans : communication, medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 06:00
Dans Le Canard Enchaîné de ce mercredi 9 Juillet 2008, nous apprenons que Thierry Saussez, le pubard du gouvernement, envisage la création d’un portail unique France.fr.

Sur le principe, une bonne idée. Ce portail France.fr s’accompagnerait d’une web TV gouvernementale. Comme si PR-TV, la chaîne de Nicolas Sarkozy, ne suffisait pas …

En me rendant sur le site France.fr, on peut constater qu’il existe déjà. Bien qu’il soit en construction (cf image ci-contre). Autrement dit, ce projet de portail France.fr n’est pas qu’un projet. France.fr n’a jamais été un site web, aucune archive à cette adresse ne peut être trouvée. France.fr accueillera donc bien du contenu. Reste à savoir maintenant si ce site sera dirigé sous la houlette de Thierry Saussez.

Dans l’article du Canard, on y apprend que Thierry Saussez envisagerait un budget de 2,5 millions d’euros pour le lancement de ce France.fr et de la création de la web TV gouvernementale. Ce budget semble colossal pour ce genre de projet. En admettant que les 2,5 millions d’euros soient planifiés pour une période de 5 ans, il est possible d’employer 20 personnes payées 2000 euros pour s’occuper de ces projets. Alors que François Fillon, le Premier Minsitre, délcarait il y a peu que la France est en faillite, alors que les Français chaque jour se serrent un peu plus la ceinture, ces projets sont-ils indispensables ? L’Elysée dispose d’une web TV, presque chaque ministère dispose d’une web TV, est-il nécessaire d’en ajouter encore plus ?

A l’heure du tout communication comme seule politique de Nicolas Sarkozy, il est à craindre que cet argent ne serve plus à la gloire du Président qu’à une amélioration des conditions de vie et d’information des Français.

Bolloré, le sondeur de la France

Classé dans : communication, medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 01:00
Laurent François me fait remarquer (à juste titre) que je n’ai pas parlé du rachat de l’institut CSA par le groupe Bolloré. Groupe Bolloré dirigé par Vincent Bolloré, le Gentil Organisateur des vacances du Président Nicolas Sarkozy sur son modeste yacht, juste après la victoire de ce dernier aux élections présidentielles.

Laurent écrit : “on génère des revenus en étant copain avec le politique, certes. Mais on génère du cash surtout avec les études marketing, consommation. Groupe économique, contrôle de l’opinion, orientation marketing…orientation du consommateur…” Derrière ce paragraphe, on lit une inquiétude.

En effet, les sondages politiques ne représentent qu’une part infime des revenus des instituts de sondage. Mais ces enquêtes d’opinion sur les côtes de popularité des femmes et hommes politiques permettent en revanche une forte visibilité pour ces mêmes instituts : ces sondages se retrouvent très largement repris dans la presse. Et avec cette visibilité de la marque s’accroît la notoriété des sondeurs. Les Jean-Marc Lech (dirigeant et actionnaire d’IPSOS), les Brice Teinturier (dirigeant de TNS-Sofres) ou encore les Pierre Giacometti. Pierre Giacometti, l’ancien président d’IPSOS, proche conseiller de Nicolas Sarkozy (invité au Fouquet’s le soir de la victoire), celui qui a quitté ses fonctions dans l’institut de sondage pour créer sa propre société avec son collègue sondeur Alain Péron, société de conseil et stratégie. Société, Giacometti Péron & Associés, dont l’un des premiers et principaux clients n’est autre que Nicolas Sarkozy.

Les instituts de sondage ne font pas que réaliser des enquêtes d’opinion, ils les commentent et ils les analysent. Et quand les clients sont des partis ou des personnalités politiques, les analyses se transforment forcément en conseils. Et voila comment on retrouve dans les discours des mots clés martelés pour insconsciemment “parler” aux Français … Avec le risque, bien évidemment, d’un alignement des discours politiques dans tous les partis. Les Français veulent de la sécurité, ce sont les sondages qui le disent ? Ne contredisons pas les Français et brossons-les dans le sens du poil.

Autre risque, le “bidouillage” des données. Je ne remettrai pas en question le professionnalisme des sondeurs, des statisticiens et des chargés d’étude des instituts de sondage. Mais (pour avoir fait des études en statistiques) il s’avère que les chiffres sont facilement maléables : aller dans le sens du client ne s’avère guère compliqué pour un statisticien même médiocre. Alors que j’exerçais comme consultant (dans les domaines de l’informatique et des statistiques) auprès d’industries pharmaceutiques, je me souviens de clients insistant gentiment pour que les résultats soient “embellis”. Et pas question pour les prestataires d’aller contre le client, le client a toujours raison. Je parle ici de données sensibles, contrôlées par des instances rigoureuses, sur des essais cliniques. C’est pourquoi ma confiance dans les sondages politiques est plus que réservée.

Aujourd’hui le Groupe Bolloré rachète l’institut CSA, tous les ingrédients sont réunis pour une bonne désinformation : un Vincent Bolloré très ami du Président de la République, un institut de sondages au service de Vincent Bolloré, un Vincent Bolloré pouvant relayer ces (ses ?) sondages au travers de ses organes de propagande : les quotidiens Direct Soir et Matin Plus, la chaîne de télévision Direct 8.

Demain Vincent Bolloré souhaite lancer une seconde chaîne de télévision …

10 juillet 2008

Nicolas Sarkozy n’est pas président de l’Union Européenne !

Classé dans : Europe, européennes, européennes 2009, medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 03:30
Un article intéressant à lire sur le blog Window on the media. Son auteur revient sur cette désinformation : Nicolas Sarkozy président de l’Union Européenne. Mais “d’un point de vue institutionnel, la présidence de l’UE n’existe pas. Le poste sera éventuellement créé après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne“.

Nicolas Kayser-Bril retrace ensuite l’histoire de cette erreur. “La référence la plus ancienne à ce « Sarkozy, président de l’UE » vient de l’Express, en janvier dernier (Sarkozy, président de l’UE sous étoiles et paillettes). Impossible de trouver la même expression dans les communiqués de l’Elysée ou de l’UMP. Sarkozy n’a commencé à s’attribuer le titre de « président de l’Union » qu’à partir de mars 2008, lors d’une interview à la radio colombienne“.

Pour ensuite s’interroger : “les journalistes français ont-ils créé eux-mêmes cette expression qui désinforme ? Ou bien ont-ils été briefés discrètement ?

Nicolas Sarkozy n’est pas président de l’Union Européenne !

Classé dans : Europe, européennes, européennes 2009, medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 03:30
Un article intéressant à lire sur le blog Window on the media. Son auteur revient sur cette désinformation : Nicolas Sarkozy président de l’Union Européenne. Mais “d’un point de vue institutionnel, la présidence de l’UE n’existe pas. Le poste sera éventuellement créé après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne“.

Nicolas Kayser-Bril retrace ensuite l’histoire de cette erreur. “La référence la plus ancienne à ce « Sarkozy, président de l’UE » vient de l’Express, en janvier dernier (Sarkozy, président de l’UE sous étoiles et paillettes). Impossible de trouver la même expression dans les communiqués de l’Elysée ou de l’UMP. Sarkozy n’a commencé à s’attribuer le titre de « président de l’Union » qu’à partir de mars 2008, lors d’une interview à la radio colombienne“.

Pour ensuite s’interroger : “les journalistes français ont-ils créé eux-mêmes cette expression qui désinforme ? Ou bien ont-ils été briefés discrètement ?

2 juillet 2008

Ingrid Betancourt libérée

Classé dans : monde, sarkozy — lucmandret @ 08:30
Ingrid Betancourt libérée. La libération d’Ingrid Betancourt a été annoncée par l’armée colombienne.

Evidemment je me réjouis pour elle et sa famille de cette libération de l’otage des FARC.

Question : comment Nicolas Sarkozy va-t-il procéder pour récupérer cette libération à son profit ?

A lire ou relire :
- 5 questions sur la libération d’Ingrid Betancourt
- La France doit-elle accueillir les guérilleros FARC ?

Off de Sarkozy, fusillade de Carcassonne et pouvoir d’achat

Classé dans : communication, medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 06:00
Deux évènements monopolisent l’actualité ces derniers jours. Tout d’abord la fusillade lors d’une journée portes ouvertes à Carcassonne, un militaire blessant une dizaine de personnes, accident entraînant la démission du chef d’état major de l’armée de terre.

Egalement le “off” de Nicolas Sarkozy dans les minutes précédent son interview sur France 3. Propos du Président de la République certes très révélateur quant à la personnalité du chef de l’Etat, mais dont la médiatisation prend des proportions improbables.

Le graphique nous montre le bruit médiatique de ces deux actualités, comparées à celui du pouvoir d’achat. Et ce bruit n’évalue que la médiatisation sur les blogs, et pas dans les médias traditionnels.

L’Elysée connait parfaitement les médias. Et les deux “sujets chauds” du moment avaient tout pour exploser. Off de Sarkozy sur une chaîne du service public + réforme de France Télévisions (suppression de la pub et désignation du président de FT) = “buzz” assuré. Fusillade de Carcassonne + démission d’un des plus hauts gradés de l’armée française + livre blanc de la défense = “buzz” assuré.

L’Elysée connait parfaitement les médias. Et sait donc qu’un sujet brûlant en chasse un autre, le brûlant par définition devenant tiède puis froid. On pourrait à juste titre se demander si ces deux “buzz” (mot que je déteste) ne sont quelque peu pas instrumentalisé par l’Elysée. Ou du moins si ils ne servent pas le gouvernement actuel.

En effet, et il suffit de cotoyer un peu les “français moyens” pour se rendre compte que leurs principales préoccupations se focalisent sur bien d’autres thématiques : le pouvoir d’achat, leurs retraites, la pérénité de leur emploi, le prix de l’essence, l’éducation de leurs enfants, l’accès à la santé. Autant de sujets que le gouvernement n’a pas d’intérêt à voir trop sur le devant de la scène médiatique, son bilan étant bien maigre sur ces thématiques.

Effet mouton des blogs (le mien y compris). Facilité des médias. Connivence de certains pour n’aborder que le futile et l’éphémère. Attention au retour de flamme. Le jour où l’opinion médiatique s’emparera véritablement du pouvoir d’achat et du prix de l’essence comme premier sujet d’information, cela risque de faire très mal.

Off de Sarkozy, fusillade de Carcassonne et pouvoir d’achat

Classé dans : communication, medias, politique, sarkozy — lucmandret @ 06:00
Deux évènements monopolisent l’actualité ces derniers jours. Tout d’abord la fusillade lors d’une journée portes ouvertes à Carcassonne, un militaire blessant une dizaine de personnes, accident entraînant la démission du chef d’état major de l’armée de terre.

Egalement le “off” de Nicolas Sarkozy dans les minutes précédent son interview sur France 3. Propos du Président de la République certes très révélateur quant à la personnalité du chef de l’Etat, mais dont la médiatisation prend des proportions improbables.

Le graphique nous montre le bruit médiatique de ces deux actualités, comparées à celui du pouvoir d’achat. Et ce bruit n’évalue que la médiatisation sur les blogs, et pas dans les médias traditionnels.

L’Elysée connait parfaitement les médias. Et les deux “sujets chauds” du moment avaient tout pour exploser. Off de Sarkozy sur une chaîne du service public + réforme de France Télévisions (suppression de la pub et désignation du président de FT) = “buzz” assuré. Fusillade de Carcassonne + démission d’un des plus hauts gradés de l’armée française + livre blanc de la défense = “buzz” assuré.

L’Elysée connait parfaitement les médias. Et sait donc qu’un sujet brûlant en chasse un autre, le brûlant par définition devenant tiède puis froid. On pourrait à juste titre se demander si ces deux “buzz” (mot que je déteste) ne sont quelque peu pas instrumentalisé par l’Elysée. Ou du moins si ils ne servent pas le gouvernement actuel.

En effet, et il suffit de cotoyer un peu les “français moyens” pour se rendre compte que leurs principales préoccupations se focalisent sur bien d’autres thématiques : le pouvoir d’achat, leurs retraites, la pérénité de leur emploi, le prix de l’essence, l’éducation de leurs enfants, l’accès à la santé. Autant de sujets que le gouvernement n’a pas d’intérêt à voir trop sur le devant de la scène médiatique, son bilan étant bien maigre sur ces thématiques.

Effet mouton des blogs (le mien y compris). Facilité des médias. Connivence de certains pour n’aborder que le futile et l’éphémère. Attention au retour de flamme. Le jour où l’opinion médiatique s’emparera véritablement du pouvoir d’achat et du prix de l’essence comme premier sujet d’information, cela risque de faire très mal.

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