Le blog politique de Luc Mandret

5 mai 2007

Si les sondages étaient conchiés (II)

Classé dans : PS, UMP, politique, sondages — lucmandret @ 08:00
(Musique : 3ème sexe par Miss Kittin, reprenant le tube d’Indochine)

Suite au premier épisode avant le premier tour, je vais vous redonner l’historique des sondages du second tour lors des précédentes élections présidentielles. Je prends toujours pour exemple le fameux institut TNS-Sofres.

Lors des élections de 1974, les deux finalistes sont estimés à égalité dans les sondages. Au soir du second tour, ce sera Valéry Giscard d’Estaing qui l’emportera par 50,81% des voix contre François Mitterrand.

En 1981, François Mitterrand remporte finalement les élections avec 51,76% face à Valéry Giscard d’Estaing. Trois jours auparavant, le dernier sondage donnait Mitterrand vainqueur à 52%.

Les estimations sont encore plus proches de la réalité pour le scrutin de 1988. Alors que la TNS-Sofres prévoyait une réelection de François Mitterrand à 54%, il l’emportera finalement avec 54,02% des voix face à Jacques Chirac.

Pour le second tour de 1995, les sondages montrent une victoire de Jacques Chirac face à Lionel Jospin. Ils auront raison une nouvelle fois, bien que le Président actuel ait été surestimé de 0,36 point pour l’emporter avec 52,64% des scrutins exprimés.

Enfin en 2002, les prédictions seront moins proches du score final. Alors que les sondeurs prévoyaient une réelection de Jacques Chirac par 78% des électeurs, Jean-Marie Le Pen fera finalement un moins bon score que prévu, donnant une victoire à 82,2% à Chirac.

Enervant, n’est-ce pas ? Alors que les sondeurs se trompent régulièrement pour le premier tour du scrutin présidentiel, ils n’ont jamais été démentis pour le second. Avec une justesse assez étonnante. Mais lors du premier tour des présidentielles 2007, contrairement aux précédentes élections, leurs estimations étaient plutôt proches de la réalité. Espèrons que cette fois-ci, les sondages se seront trompés pour le second : la TNS-Sofres prévoit en effet dans sa dernière vague du 3 Mai une victoire de Nicolas Sarkozy avec 54,5% des bulletins contre Ségolène Royal.

Aux urnes, citoyens !

20 avril 2007

Si les sondages étaient conchiés (I)

Classé dans : politique, sondages — lucmandret @ 04:15
(Musique : Private Investigations de Dire Straits, juste sublime)

C’est la fin. Aujourd’hui sortent les derniers sondages relatifs au premier tour de cette élection présidentielle. Si vous regardez les estimations des intentions de vote du dernier baromètre de la TNS-Sofres, vous lirez donc : Nicolas Sarkozy à 28%, Ségolène Royal à 24%, François Bayrou à 19,5% et Jean-Marie Le Pen à 14%.

On pourrait penser que les élections sont jouées. Mais plutôt qu’un cours de stats – il faudrait me replonger dans mes cours (oui, j’ai fait des études en statistiques !) – pointant le doigt sur les marges d’erreur, la non prise en compte de l’abstention, les pondérations, plutôt que de revenir sur les pratiques des sondeurs laissant fort à désirer, je préfère relire les archives de ce même institut, la TNS-Sofres, car il est le leader en matière de sondages. Et regardons de plus près leurs estimations des derniers scrutins présidentiels.

Commençons par les élections de 1974, c’est étonnant la proximité entre les sondages et les résultats : François Mitterrand arrive en effet en tête avec 43,2% des voix le 5 Mai, le 29 Avril (dernier sondage établi) il était estimé à 44%. Le second, et futur président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, pointe à 32,6%, pour des sondages le portant à 31%. Le troisième homme était tout de même surestimé de presque 2 points, arrivant à 15,1% alors qu’on lui prévoyait 17%.

Le scrutin de 1981, qui voit Tonton devenir président, prouve déjà la faiblesse des estimations de la Sofres. Certes l’ordre d’arrivée était juste pour les finalistes, mais le troisième homme n’était pas le bon : Valéry Giscard d’Estaing à 28,3%, François Mitterrand à 25,8%, Jacques Chirac à 18% et Georges Marchais à 15,3%, les sondages les portant respectivement à 27,5% (VGE), 21,5% (FM), 18,5% (JC) et 19% (GM). Ou comment les sondeurs n’ont pas vu venir la chute du Parti Communiste au bénéfice de Mitterrand, les 4 points perdus du premier se reportant quasiment en totalité au second.

La Sofres trouve le bon quarté dans l’ordre en 1988. Mais autant la prévision de François Mitterrand (35%) s’avère assez proche du résultat final du 24 Avril (34,1%), ainsi que pour le 3ème homme Raymond Barre (16,5% au résultat et dans les sondages), autant pour les second (Chirac) et quatrième (Le Pen) hommes le score obtenu est loin de leur estimation : Chirac est surestimé de près de 4 points (19,9% obtenus pour 23,5% estimés), et Le Pen sous-estimé de presque 2,5 points (14,4% obtenus pour 12% estimés).

Les estimations s’avèrent avoir des conséquences plus flagrantes en 1995. Certes les finalistes, Lionel Jospin et Jacques Chirac étaient les bons, mais dans le désordre. Alors que la Sofres prévoyait Chichi en tête devant Jojo, avec 24% contre 20,5%, le candidat socialiste arrivera en tête avec 23,3% pour seulement 20,8% au futur président. Le troisième homme, Edouard Balladur, verra son score de 2 points supérieurs aux estimations (18,6% contre 16,5% estimés). Jean-Marie Le Pen étaient une fois de plus sous-estimé d’1 point atteignant 15%.

Le plus révélateur de la faiblesse des estimations des instituts est évidemment le scrutin de 2002, avec la non prévision des finalistes du second tour. Jacques Chirac pourtant obtenait 19,9% des suffrages, résultat très proche des estimations le créditant de 19,5%. Mais alors que la Sofres prévoyait comme adversaire un Lionel Jospin crédité de 18% des intentions de vote, ce sera un Jean-Marie Le Pen qui décrochera le ticket pour le second tour, alors que l’institut le portait à 12,5%. Les électeurs préférant le leader du Front National à 16,9% (soit plus de 4 points supérieurs aux estimations !) au candidat du Parti Socialiste à 16,2% (près de 2 points inférieurs). Le quatrième homme, François Bayrou, arrive lui à 6,8%, soit 0,8 point au-dessus des estimations.

Alors quelles conclusions tirer de cet historique ? Sinon que les sondages, malgré leur omniprésence dans le débat présidentiel, se trompent de plus en plus. Sinon que les variations restent très importantes, au delà des marges d’erreurs propres à tout échantillon statistique. Et que des différences de 2, 3, voire 4 points peuvent changer le cours d’une élection, et donc de l’histoire. Méfiez-vous non seulement des contrefaçons, mais également des sondages.

21 octobre 2006

Ségolène, reine du vide

Classé dans : PS, medias, politique, sondages — lucmandret @ 07:12
Je n’aime pas les sondages, mais celui-ci est tellement parlant que je me vois obligé de vous le faire partager …

En haut, la personne la plus convaincante, suite au débat entre prétendants socialistes, pour les personnes ayant vu le débat.

En dessous, la personne la plus convaincante, pour l’ensemble des français, ayant vu, ou pas, le débat.

Qu’en ressort-il ? Que prêt de la moitié des personnes qui ont vu le débat ont trouvé que Dominique Strauss-Kahn était le plus convaincant. Alors que pour l’ensemble des français, un quart pense que c’est Ségolène Royal la plus convaincante.

J’ai déjà du mal à imaginer comment “les français” qui n’ont pas vu les sondages peuvent se prononcer, mais passons, et j’imagine que cela explique les 51% de personnes qui ne se prononcent pas.

Vu que l’audience de ce débat est une catastrophe, environ 600 000 personnes, on comprend désormais mieux pourquoi le PS a refusé que ce débat passe sur une chaine nationale hertzienne. Il ne faut pas chercher plus loin : lorsque les prétendants débattent, c’est DSK qui ressort comme le plus convaincant ! Donc surtout, pour tous ceux qui soutiennent Ségolène Royal, il faut impérativement qu’elle ne s’exprime pas, ou le moins possible, vu que cela profite à l’un de ses concurrents.

Moralité : Ségolène, moins tu parles, plus on t’aime. Ségolène, le vide. La bulle médiatique, rien de plus.

6 octobre 2006

Objectivité des sondages

Classé dans : PS, politique, sondages — lucmandret @ 11:15
Dépêche de l’AFP.

Quatre députés socialistes ont adressé jeudi une lettre ouverte au CSA lui demandant de “rappeler solennellement et publiquement les médias à leur devoir d’objectivité et de rigueur” à propos des sondages consacrés aux primaires au sein du PS.

Selon Pierre Bourguignon (Seine-Maritime), Didier Mathus (Saône-et-Loire), Paul Quilès (Tarn) et René Rouquet (Val-de-Marne), “le véritable matraquage de sondages sur les primaires au sein du PS qu’imposent les médias aux adhérents est devenu insupportable” et “devant tant d’excès, la déontologie des médias est en cause“.

Dans la campagne pour l’investiture socialiste, MM. Bourguignon et Rouquet apportent leur soutien à Dominique Strauss-Kahn, tandis que MM. Mathus et Quilès ont pris position pour Laurent Fabius.

Evoquant la récente prise de position de la Commission des sondages, rappelant dans Libération que les sympathisants du PS sondés sur leur préférence, ne sont pas les adhérents socialistes qui vont voter, les quatre députés mettent notamment en cause un sondage Ipsos rendu public jeudi, reposant sur un échantillon de 245 personnes “proches du PS”.

Si l’on considère que cela [le nombre de sympathisants du PS, NDLR] correspond à environ 6 millions d’électeurs pour 180.000 adhérents, les militants représentent 3%, soit dans cet échantillon d’IPSOS, seulement 7 personnes“, assurent-ils.

Les sondages fabriqués dans ces conditions ne peuvent pas être scientifiquement et techniquement fondés“, poursuivent MM. Bourguignon, Mathus, Quilès et Rouquet.

En les présentant de manière fallacieuse et en entretenant sciemment et délibérément la confusion entre adhérents et sympathisants, les médias contribuent à donner à voir aux adhérents du PS une réalité qu’on voudrait leur imposer et qui est certainement de nature à orienter leur choix“, concluent-ils.

21 septembre 2005

Que font les sondages ?

Classé dans : medias, politique, sondages — lucmandret @ 10:35
Elections présidentielles de 2002 en France, referendum sur le TCE en juin 2005, et récemment les élections en Allemagne … Les sondages ne reflètent plus jamais du résultat des votes des électeurs. Alors quelques hypothèses :

1/ les instituts de sondage sont totalement incompétents et n’arrivent pas à faire leur boulot.
2/ les électeurs mentent en répondant aux sodages : dans ce cas retour au 1/ car le travail de tout statisticien consiste à prendre en compte ce biais.
3/ les électeurs sont influencés par les sondages et votent à l’inverse de ces derniers. Alors, où se trouve la morale ? la conscience ? les idéaux ?

Ce qui est sûr est l’abrutissement dont nous sommes les victimes : plus un seul article sans un magnifique sondage. Plus un discours d’homme politique. Plus un JT de TF1.

Ce matin, j’ai appris que Monsieur Sarkozy allait rencontrer tous les responsables des différents instituts de sondage : pourquoi faire ? les manipuler ? les acheter ? les influencer ?

Oui je mets en cause la crédibilité et l’intégrité de ces institutions. D’autant plus que maintenant se trouve à la tête du MEDEF : Madame Parisot, Directrice Générale de l’IFOP, ancienne DG de Louis Harris, ex-assistante du PdG du Cevipof (Centre d’Etudes de la Vie Politique Française).

Alors je propose purement et simplement de supprimer les sondages : ils nous emmerdent, ils sont inutiles, ils influencent les électeurs et ils se révèlent faux.

Que font les sondages ?

Classé dans : medias, politique, sondages — lucmandret @ 09:35
Elections présidentielles de 2002 en France, referendum sur le TCE en juin 2005, et récemment les élections en Allemagne … Les sondages ne reflètent plus jamais du résultat des votes des électeurs. Alors quelques hypothèses :

1/ les instituts de sondage sont totalement incompétents et n’arrivent pas à faire leur boulot.
2/ les électeurs mentent en répondant aux sodages : dans ce cas retour au 1/ car le travail de tout statisticien consiste à prendre en compte ce biais.
3/ les électeurs sont influencés par les sondages et votent à l’inverse de ces derniers. Alors, où se trouve la morale ? la conscience ? les idéaux ?

Ce qui est sûr est l’abrutissement dont nous sommes les victimes : plus un seul article sans un magnifique sondage. Plus un discours d’homme politique. Plus un JT de TF1.

Ce matin, j’ai appris que Monsieur Sarkozy allait rencontrer tous les responsables des différents instituts de sondage : pourquoi faire ? les manipuler ? les acheter ? les influencer ?

Oui je mets en cause la crédibilité et l’intégrité de ces institutions. D’autant plus que maintenant se trouve à la tête du MEDEF : Madame Parisot, Directrice Générale de l’IFOP, ancienne DG de Louis Harris, ex-assistante du PdG du Cevipof (Centre d’Etudes de la Vie Politique Française).

Alors je propose purement et simplement de supprimer les sondages : ils nous emmerdent, ils sont inutiles, ils influencent les électeurs et ils se révèlent faux.

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