La femme. Premier déficit de popularité de Martine Aubry : son image. Politique tout d’abord, et j’y reviendrai plus tard. Mais également son apparence physique et son caractère. Un physique banal et pas très sexy, presque transparent. Certes Martine Aubry refuse le diktat de l’apparence et le reproche souvent à ses adversaires politiques, Ségolène Royal au premier plan. Pourtant, peu de choses suffiraient pour transformer Martine Aubry d’une bonne copine en une executive woman. Passage chez un bon coiffeur : avoir une coupe qui ressemble à quelque chose, quelques centimètres de plus en longueur, une coloration dans les châtain avec de légères mèches ton sur ton : on aboutirait à un visage plus affiné mettant en valeur ses yeux qu’elle a fort jolis. Passage ensuite dans les boutiques de vêtements : chaussures à talons et vestes cintrées, Martine Aubry prend de la hauteur et sa silhouette devient plus élancée. Elle oserait les couleurs (sobres mais inattendues) qu’elle perdrait quelques années. Enfin, un grand mystère quant à ce Martine Aubry a fait à son visage – chirurgie guère réussie ? trop de nourriture ? – le fait est que son visage est flasque. Cesser de suite ces mauvaises habitudes.
Un caractère difficile à gérer, sèche et quelque peu autoritaire. Caractère notamment véhiculé par le fait que Martine Aubry bénéficie d’une capacité de travail monumentale ; et demande les mêmes qualités à ses proches. Malheureusement cela transparaît dans ses apparitions. Quelques cours de media training seraient les bienvenues afin qu’Aubry se détende et n’effraie pas ses spectateurs.
La politique. Il semble impératif que Martine Aubry, femme ô combien brillante et intelligente, cesse de trainer derrière elle un énorme boulet : les 35 heures. Pas question ici de disserter sur les bienfaits ou non de cette réforme. Mais inconsciemment, les français pensent une seule chose en voyant, entendant Martine Aubry : les 35 heures. Deux étapes pour se libérer de ce poids. Tout d’abord un faux lapsus et une avancée. Faux lapsus (totalement téléguidé) quant à des remords sur cette réforme, on reparle des 35 heures, elle prend la main, elle devient incontournable durant quelques jours, l’on s’arrache pour connaître le fond de sa pensée. Vient l’avancée : surprendre tout le monde en ne parlant pas des 35 heures mais d’une nouvelle réforme du travail, cinq propositions à marteler.
Combien de fois a-t-on pu entendre : Martine Aubry, un véritable mystère de la scène politique française. Que veut-elle ? Ou va-t-elle ? Que pense-t-elle ? Que vise-t-elle ? Son animosité (voire sa haine) envers Ségolène Royal ne fait aucun mystère. Aubry conchie cette politique de la démagogie et de la communication. Mais Aubry aime le pouvoir, Aubry hurle de voir moins brillants qu’elle mieux réussir. Alors Martine Aubry va revenir sur le devant de la scène. Et Aubry devra casser son positionnement politique au sein du PS. Ce qu’elle semble avoir commencé à faire d’ailleurs. Longtemps Martine Aubry se positionnait au centre de l’échiquier politique socialiste : à la gauche de cet échiquier se trouvent des Mélenchon, Emmanuelli ou Hamon, voire même Montebourg ; à la droite de l’échiquier socialiste des Strauss-Kahn, Royal, Cambadélis ou Valls. Cependant, lors des décisions et attributions des postes au sein du Parti Socialiste, la pomme se coupait environ au centre bien évidemment, cependant une moitié allait à la gauche du PS, la seconde à la droite, et rien ou presque pour le centre, dans lequel se positionne Aubry. En acceptant une alliance de second tour avec le MoDem, Aubry semble vouloir se repositionner à la droite de l’échiquier politique socialiste. Très intéressant et à encourager politiquement. En piétinant les plate-bandes de Ségolène Royal, Martine Aubry va vouloir prendre la place toute chaude en l’éradiquant sur le domaine des idées. Obligeant Royal à se trouver une autre place. Car le prochain congrès du PS se jouera sur le terrain des problématiques et du débat de fond. Et l’on ne pourrait que conseiller une alliance avec Delanoë : le maire de Paris occupant la gauche du PS, la maire de Lille la droite. Leurs forces en commun, ils pourraient se positionner comme les rassembleurs d’un large éventail des chapelles idéologiques.
Enfin et pour revenir définitivement sur le devant de la scène, Martine Aubry va devoir s’emparer d’un véritable sujet. Tout se joue sur une problématique. L’insécurité en 2002. La rupture en 2007. Un cheval de bataille. Son sujet de présidentielles. Le pouvoir d’achat serait une erreur : trop de personnes se le sont déjà approprié. Pas de sujets polémiques susceptibles de diviser. Exit l’immigration, les sans-papiers, l’Europe. Alors pourquoi pas le logement. Sujet consensuel à souhait. Pouvant rassembler de l’extrême-gauche au centre droit. Compréhensible en quelques phrases par tous les français. Tous les français. Après, Martine Aubry va devoir convaincre ses amitiés, nombreuses au sein de moults lobbies et appareils de pouvoir. Mettre en ordre de bataille ses réseaux, qui devraient lui ouvrir très facilement les portes des médias. Avec son nouveau look et un sujet phare, rien ne pourra arrêter Martine Aubry si elle utilise ses nombreuses armes : son extrême intelligence, son regard de tueuse et son sourire enjôleur.
Et vous, si vous étiez le spin doctor de Martine Aubry, que lui conseilleriez-vous ?