Le blog politique de Luc Mandret

4 juillet 2008

La stratégie web d’Obama, vue par le conseiller Dave Senay

Classé dans : communication, monde, politique, spin doctor — lucmandret @ 12:30
A lire sur le site du Figaro, une interview de Dave Senay, le PDG de Fleishman-Hillard, société de communication institutionnelle ayant pour client le candidat démocrate aux élections présidentielles des Etats-Unis.

Extrait. A la question “en quoi la campagne Internet d’Obama est-elle différente ?posée par la journaliste Marie-Catherine Beuth, voici la réponse de Dave Senay :

“Barack Obama est le candidat des réseaux sociaux. Il a près de 400 000 «amis» sur MySpace contre 200 000 pour Hillary Clinton et 56 000 contacts pour John McCain. C’est encore plus frappant sur Facebook où il a près d’un million de supporteurs. Derrière, Hillary Clinton fédère 158 000 contacts, suivie de 145 000 «amis» pour McCain. Surtout, Barack Obama a créé son propre réseau social, MyBarackObama.com, sur lequel un million de personnes sont inscrites, plutôt qu’un site Internet classique qui s’appellerait barackobama.com. Avec ce site, il a confié sa campagne aux internautes. À travers ce réseau social, ses supporteurs rencontrent et recrutent d’autres personnes, organisent des événements et, éventuellement, lèvent des fonds. Sa campagne consiste à nouer des relations d’abord, la question d’argent n’arrive qu’au second plan. En cela, il contraste avec McCain qui propose dès la page d’accueil de son site de «faire une contribution». Or Internet est surtout une histoire de relations.”

(lire la suite de l’interview)

La stratégie web d’Obama, vue par le conseiller Dave Senay

Classé dans : communication, monde, politique, spin doctor — lucmandret @ 12:30
A lire sur le site du Figaro, une interview de Dave Senay, le PDG de Fleishman-Hillard, société de communication institutionnelle ayant pour client le candidat démocrate aux élections présidentielles des Etats-Unis.

Extrait. A la question “en quoi la campagne Internet d’Obama est-elle différente ?posée par la journaliste Marie-Catherine Beuth, voici la réponse de Dave Senay :

“Barack Obama est le candidat des réseaux sociaux. Il a près de 400 000 «amis» sur MySpace contre 200 000 pour Hillary Clinton et 56 000 contacts pour John McCain. C’est encore plus frappant sur Facebook où il a près d’un million de supporteurs. Derrière, Hillary Clinton fédère 158 000 contacts, suivie de 145 000 «amis» pour McCain. Surtout, Barack Obama a créé son propre réseau social, MyBarackObama.com, sur lequel un million de personnes sont inscrites, plutôt qu’un site Internet classique qui s’appellerait barackobama.com. Avec ce site, il a confié sa campagne aux internautes. À travers ce réseau social, ses supporteurs rencontrent et recrutent d’autres personnes, organisent des événements et, éventuellement, lèvent des fonds. Sa campagne consiste à nouer des relations d’abord, la question d’argent n’arrive qu’au second plan. En cela, il contraste avec McCain qui propose dès la page d’accueil de son site de «faire une contribution». Or Internet est surtout une histoire de relations.”

(lire la suite de l’interview)

8 avril 2008

Si j’étais le spin doctor de … Pierre Moscovici

Classé dans : PS, communication, medias, politique, spin doctor — lucmandret @ 02:00
Sixième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après Rachida Dati, François Hollande, Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, voici venu le tour de Pierre Moscovici. Un cerveau brillant dans un habit de séducteur. Je pense que son cas s’avère être le plus difficile depuis le début de cette chronique.

Première difficulté du cas Moscovici : il a terriblement changé. En quelques mois, il a rajeunit de plusieurs années. Fini le look énarque crâne d’œuf. Bienvenue au look quinquagénaire branché rive-gauche. A se demander si un spin doctor n’a pas déjà croisé sa route. Du moins un conseiller en image, très probable. Après le départ de son mentor Dominique Strauss-Kahn au FMI, la métamorphose a fait beaucoup jaser, voyant apparaître un Pierre Moscovici bronzé, avec une barbe de cinq jours, le cheveux rasé, les dents parfaitement blanches. Costumes parfaitement taillés, habits savamment choisis selon les occasions.

Attention : récemment Pierre Moscovici apparaît de plus en plus bronzé (il rétorquerait qu’il rentre du ski, sport qu’il affectionne particulièrement), cependant il doit prendre garde à ne pas voir sa peau ressembler d’ici à quelques années à celle d’un Séguéla. Attention : à force de look djeun et d’un langage adapté (avec talent certes), ce choix peut s’avérer efficace dans des émissions de divertissement à la télévision, mais pourrait braquer certains des militants socialistes plus traditionnels.

Le mystère Moscovici ressemble à une coquille d’escargot. Un homme paradoxal se cachant derrière de multiples facettes, à l’image de son caractère. Un homme politique dont la vie privée reste privée. Un véritable séducteur, à l’image de son “grand-frère” Strauss-Kahn. Un gros fêtard, dont certaines boîtes de nuit branchées de la capitale se souviennent encore. Un amoureux de la vie, un parfait hédoniste. Un grand sensible fonctionnant à l’affectif. Mais également un homme qui doute, un homme avec un fort caractère qui déteste que l’on marche sur ses plate-bandes.

Dans une autre vie, il est fort à parier que Pierre Moscovici aurait été comédien. Il sait être. Il sait donner l’image que l’on attend de lui. Il sait s’adapter aux situations. Un excellent orateur, un brillant pédagogue. Mais il manque quelque chose à Pierre Moscovici pour passer au statut de leader : l’humanité. Un plan de communication rapide pour l’humaniser : ses passions et une saine colère. Donner quelques interviews personnelles (sans entrer dans son intimité) : pourquoi pas à un magazine culturel par exemple, Moscovici l’amoureux du rock (il affectionne les Doors, les Stones et Stevie Wonder), Moscovici le cinéphile (il parlerait de Fritz Lang, Ingmar Bergman ou Luchino Visconti), Moscovici le rêveur (grand voyageur, gourmet et sportif).

Pierre Moscovici se range dans la catégorie des smooth terminator. Une voix calme douce et posée, le sourire gendre idéal toujours en façade, une élocution dans une langue française parfaitement rigoureuse. Un intellectuel sûr de lui, une maîtrise parfaite des dossiers, un multi-bagagiste à la fois économiste et philosophe. Parfois cependant la saine colère serait bienvenue : Pierre Moscovici le socialiste appartient à l’opposition, un accrochage frontal, vif et viril dans une émission politique de grande écoute lui ferait gagner la sympathie de nombreux sympathisants de gauche le jugeant trop soc-dem.

La principale faiblesse de Pierre Moscovici : ses réseaux au sein du Parti Socialiste. Et il en a totalement conscience. Certes une majeure partie des amis de Dominique Strauss-Kahn arrivent dans son giron depuis le départ du mentor outre-atlantique. Mais les socialistes en veulent à Pierre Moscovici, ils ne peuvent imaginer que celui-ci n’était pas au courant bien avant de son départ. Et Pierre Moscovici le sait mieux que personne d’autre : DSK souhaite briguer les présidentielles françaises de 2012, et Moscovici se positionne comme le gardien de la chapelle strauss-kahnienne. Par ailleurs, les réseaux socialistes de Moscovici s’avèrent être relativement maigres, principalement parisiens et pas très diversifiés. Alors Mosco cherche des alliances au sein du PS : premier approché, Arnaud Montebourg, le pacte impensable, le rassemblement des minoritaires. Difficilement explicables aux socialistes sur l’idéologie commune. Une impression trop politicienne de pacte du diable d’affrontement à Royal et Delanoë. Mais alors vers qui se tourner ? Un Manuel Valls ? Trop égocentrique, le clash assuré. Une Martine Aubry ? A envisager. Et pourquoi pas un Benoît Hamon ? Les jeunes socialistes vont hurler mais les réseaux jeunes ne sont pas négligeables et très obéissants.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Pierre Moscovici, que lui conseilleriez-vous ?

Si j’étais le spin doctor de … Pierre Moscovici

Classé dans : PS, communication, medias, politique, spin doctor — lucmandret @ 02:00
Sixième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après Rachida Dati, François Hollande, Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, voici venu le tour de Pierre Moscovici. Un cerveau brillant dans un habit de séducteur. Je pense que son cas s’avère être le plus difficile depuis le début de cette chronique.

Première difficulté du cas Moscovici : il a terriblement changé. En quelques mois, il a rajeunit de plusieurs années. Fini le look énarque crâne d’œuf. Bienvenue au look quinquagénaire branché rive-gauche. A se demander si un spin doctor n’a pas déjà croisé sa route. Du moins un conseiller en image, très probable. Après le départ de son mentor Dominique Strauss-Kahn au FMI, la métamorphose a fait beaucoup jaser, voyant apparaître un Pierre Moscovici bronzé, avec une barbe de cinq jours, le cheveux rasé, les dents parfaitement blanches. Costumes parfaitement taillés, habits savamment choisis selon les occasions.

Attention : récemment Pierre Moscovici apparaît de plus en plus bronzé (il rétorquerait qu’il rentre du ski, sport qu’il affectionne particulièrement), cependant il doit prendre garde à ne pas voir sa peau ressembler d’ici à quelques années à celle d’un Séguéla. Attention : à force de look djeun et d’un langage adapté (avec talent certes), ce choix peut s’avérer efficace dans des émissions de divertissement à la télévision, mais pourrait braquer certains des militants socialistes plus traditionnels.

Le mystère Moscovici ressemble à une coquille d’escargot. Un homme paradoxal se cachant derrière de multiples facettes, à l’image de son caractère. Un homme politique dont la vie privée reste privée. Un véritable séducteur, à l’image de son “grand-frère” Strauss-Kahn. Un gros fêtard, dont certaines boîtes de nuit branchées de la capitale se souviennent encore. Un amoureux de la vie, un parfait hédoniste. Un grand sensible fonctionnant à l’affectif. Mais également un homme qui doute, un homme avec un fort caractère qui déteste que l’on marche sur ses plate-bandes.

Dans une autre vie, il est fort à parier que Pierre Moscovici aurait été comédien. Il sait être. Il sait donner l’image que l’on attend de lui. Il sait s’adapter aux situations. Un excellent orateur, un brillant pédagogue. Mais il manque quelque chose à Pierre Moscovici pour passer au statut de leader : l’humanité. Un plan de communication rapide pour l’humaniser : ses passions et une saine colère. Donner quelques interviews personnelles (sans entrer dans son intimité) : pourquoi pas à un magazine culturel par exemple, Moscovici l’amoureux du rock (il affectionne les Doors, les Stones et Stevie Wonder), Moscovici le cinéphile (il parlerait de Fritz Lang, Ingmar Bergman ou Luchino Visconti), Moscovici le rêveur (grand voyageur, gourmet et sportif).

Pierre Moscovici se range dans la catégorie des smooth terminator. Une voix calme douce et posée, le sourire gendre idéal toujours en façade, une élocution dans une langue française parfaitement rigoureuse. Un intellectuel sûr de lui, une maîtrise parfaite des dossiers, un multi-bagagiste à la fois économiste et philosophe. Parfois cependant la saine colère serait bienvenue : Pierre Moscovici le socialiste appartient à l’opposition, un accrochage frontal, vif et viril dans une émission politique de grande écoute lui ferait gagner la sympathie de nombreux sympathisants de gauche le jugeant trop soc-dem.

La principale faiblesse de Pierre Moscovici : ses réseaux au sein du Parti Socialiste. Et il en a totalement conscience. Certes une majeure partie des amis de Dominique Strauss-Kahn arrivent dans son giron depuis le départ du mentor outre-atlantique. Mais les socialistes en veulent à Pierre Moscovici, ils ne peuvent imaginer que celui-ci n’était pas au courant bien avant de son départ. Et Pierre Moscovici le sait mieux que personne d’autre : DSK souhaite briguer les présidentielles françaises de 2012, et Moscovici se positionne comme le gardien de la chapelle strauss-kahnienne. Par ailleurs, les réseaux socialistes de Moscovici s’avèrent être relativement maigres, principalement parisiens et pas très diversifiés. Alors Mosco cherche des alliances au sein du PS : premier approché, Arnaud Montebourg, le pacte impensable, le rassemblement des minoritaires. Difficilement explicables aux socialistes sur l’idéologie commune. Une impression trop politicienne de pacte du diable d’affrontement à Royal et Delanoë. Mais alors vers qui se tourner ? Un Manuel Valls ? Trop égocentrique, le clash assuré. Une Martine Aubry ? A envisager. Et pourquoi pas un Benoît Hamon ? Les jeunes socialistes vont hurler mais les réseaux jeunes ne sont pas négligeables et très obéissants.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Pierre Moscovici, que lui conseilleriez-vous ?

4 avril 2008

Si j’étais le spin doctor de … Marianne !

Classé dans : Narcisse, communication, medias, politique, spin doctor — lucmandret @ 07:00
Rassurez-vous, je ne vais pas faire de Marianne un nouveau sujet pour ma rubrique comme spin doctor. Simplement, je suis ravi, honoré et fier de retrouver les différents articles de la rubrique “si j’étais le spin doctor de …sur le site de l’hebdomadaire Marianne.

Pour en savoir plus sur cette rubrique, vous pouvez en lire sa description. Si vous avez raté les premiers épisodes, retrouvez mes conseils comme spin doctor pour François Bayrou, pour Martine Aubry, pour Jean-François Copé, pour François Hollande et pour Rachida Dati.

Dès aujourd’hui, retrouvez donc cette chronique dans l’onglet Tribunes de l’Agorianne sur Marianne2.fr. Un grand merci à Philippe Cohen et à Anna Borrel pour cette proposition.

Retrouvez très rapidement sur ce blog, et sur le site de Marianne, de nouveaux sujets pour le spin doctor. Très probablement, Pierre Moscovici sera la prochaine “victime” de cette rubrique …

Si j’étais le spin doctor de … Marianne !

Classé dans : Narcisse, communication, medias, politique, spin doctor — lucmandret @ 07:00
Rassurez-vous, je ne vais pas faire de Marianne un nouveau sujet pour ma rubrique comme spin doctor. Simplement, je suis ravi, honoré et fier de retrouver les différents articles de la rubrique “si j’étais le spin doctor de …sur le site de l’hebdomadaire Marianne.

Pour en savoir plus sur cette rubrique, vous pouvez en lire sa description. Si vous avez raté les premiers épisodes, retrouvez mes conseils comme spin doctor pour François Bayrou, pour Martine Aubry, pour Jean-François Copé, pour François Hollande et pour Rachida Dati.

Dès aujourd’hui, retrouvez donc cette chronique dans l’onglet Tribunes de l’Agorianne sur Marianne2.fr. Un grand merci à Philippe Cohen et à Anna Borrel pour cette proposition.

Retrouvez très rapidement sur ce blog, et sur le site de Marianne, de nouveaux sujets pour le spin doctor. Très probablement, Pierre Moscovici sera la prochaine “victime” de cette rubrique …

30 mars 2008

Si j’étais le spin doctor de … Rachida Dati

Classé dans : communication, dati, politique, spin doctor — lucmandret @ 07:00
Cinquième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après François Hollande, Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, je vais m’occuper du cas de la Ministre de la Justice, Rachida Dati. Deux axes pour m’occuper de son cas : l’image et la politique.

Rachida Dati, 42 ans, passée de l’ombre à la lumière en seulement une année. Ascension fulgurante, attention danger. D’autant plus que Rachida Dati décalque son comportement sur celui de Nicolas Sarkozy. Un “je vous emmerde” qui protège Nicolas Sarkozy tant qu’il reste dans la protection de sa tour d’ivoire élyséenne, mais qui risque d’attirer de sérieux ennuis à la Garde des Sceaux.

Rachida Dati appartient à cette nouvelle classe de femmes et hommes politiques ayant intégré que l’apparence joue une part non négligeable dans un parcours politique. Rachida Dati prend soin de son look. Mais trop. L’élégance se transforme vite en glamour. La ministre passe du statut de politicienne à celui de starlette pour tabloïds. Ses apparitions médiatiques deviennent défilés de haute couture. Le bon goût quitte la scène, le bling bling entre en jeu, laissant rapidement place au mauvais goût, au too much, bref : à la vulgarité. On ne demande pas pour autant que Rachida Dati emprunte la garde-robe de Bernadette Chirac, cependant nous ne pouvons que lui conseiller de la retenue. Sus aux bijoux transformant notre ministre en Palais des Glaces déambulant. Finies les robes empruntées à Paris Hilton d’une valeur de plusieurs SMIC. Sobriété, telle devrait être la devise vestimentaire de Rachida Dati.

Intransigeante. Caractérielle. Insupportable. Despotique. Quelques mots maintes fois entendus pour définir le caractère de Rachida Dati. De ce comportement transparaît une image très négative. Etre femme de caractère ne nuit jamais, véhiculant la possibilité de tenir tête aux hommes. Etre celle avec qui il semble impossible ni de travailler ni de discuter deviendra rapidement un poids. Avant d’atteindre le point de non-retour, une véritable communication permettrait d’adoucir le personnage. Féminiser le pit-bull Dati. Organiser par exemple une opération auprès d’enfants, toujours payant. Donner l’impression d’un instinct maternel, d’une proximité réelle auprès de “nos chères têtes blondes“.

Rachida Dati a réussi un coup de maître : se mettre à dos les élus de terrain, qu’ils soient de gauche ou de droite. Une seule raison à ce désamour : sa réforme de la carte judiciaire. En fermant des tribunaux, Rachida Dati devient l’une des responsable de la défaite des municipales. Détestée en outre par une grande majorité des personnels de l’administration judiciaire, de la magistrature. Urgence donc : il faut sauver le soldat Dati, la Ministre doit se recaser avant que le naufrage du Datitanic ne l’emporte dans les lointaines eaux obscures de l’oubli. Possibilité et suggestion de reclassement : le Ministère de l’Education. Mieux encore : les Affaires Etrangères, difficile de devenir impopulaire, un poste médiatique convenant parfaitement à ses desiderata d’apparats.

Longtemps Rachida Dati appartenait à la caste des proches de Cécilia. La trahison n’effraie guère la Ministre de la Justice. Aussitôt le divorce des Sarkozy prononcé, Rachida Dati trouve toute sa place dans la cour de Nicolas. Mais sa proximité trop affichée avec le Président de la République lui fermera de nombreuses portes. Etre “very close of Nicolas Sarkozy“,et conjointement n’être qu’un bébé requin de la politique encore toute neuve dans l’appareil politique véhiculent forcément les rancœurs, les jalousies et renvoient l’image d’un arrivisme patent. Il est important que Rachida Dati densifie ses réseaux : certes ses amitiés dans la beurgeoisie parisienne et celles dans les réseaux républicains féministes ne doivent guère être négligées, mais restent fondamentalement très superficielles et parisianistes. Ajoutez à cela une élection dans le très chic 7ème arrondissement de Paris, et le parfait tableau d’une grande bourgeoise se dessine. Membre du très élitiste Club Le Siècle, Rachida Dati attirée par la lumière et le pouvoir, ce constat ne fait aucun doute. La Garde des Sceaux de ce fait, si elle veut grimper encore plus vers les sommets du pouvoir, devra aller au contact des vrais gens, tâter de la classe moyenne et populaire.

Sinon promouvoir la voix de son maître, l’idéologie de Rachida Dati reste une grande inconnue. Une clarification devient nécessaire. Solution : un livre phare. Un livre faisant d’une pierre deux coups. Ou plutôt deux livres. Deux tomes. “L’histoire d’une femme libre“, pour devenir populaire et humaine. On y parlerait du parcours de Rachida Dati. Les français aiment les histoires. Et un clin d’œil à la France Libre du Général de Gaulle et à l’ouvrage Libre de Sarkozy. “Cette France que j’aimerai” : une quinzaine de grands sujets abordés, inspirés d’intellectuels de divers horizons et quelques propositions novatrices. Clin d’œil à la France sarkozyste que l’on aime ou que l’on quitte. Une Rachida Dati qui aime la France, un titre volontiers très républicain. Mais plongée vers le futur, cette France qu’elle veut construire.

Si j’étais le spin doctor de Rachida Dati, voici donc certains des points que j’aurais aimé aborder avec elle. Malheureusement – et le récent départ de François Guéant (le fils de Claude Guéant) du cabinet de Mme Dati le confirme – je craindrais de ne rester bien longtemps son conseiller tant leur espérance de vie à ses côtés reste bien éphémère.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Rachida Dati, que lui conseilleriez-vous ?

Si j’étais le spin doctor de … Rachida Dati

Classé dans : communication, dati, politique, spin doctor — lucmandret @ 07:00
Cinquième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après François Hollande, Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, je vais m’occuper du cas de la Ministre de la Justice, Rachida Dati. Deux axes pour m’occuper de son cas : l’image et la politique.

Rachida Dati, 42 ans, passée de l’ombre à la lumière en seulement une année. Ascension fulgurante, attention danger. D’autant plus que Rachida Dati décalque son comportement sur celui de Nicolas Sarkozy. Un “je vous emmerde” qui protège Nicolas Sarkozy tant qu’il reste dans la protection de sa tour d’ivoire élyséenne, mais qui risque d’attirer de sérieux ennuis à la Garde des Sceaux.

Rachida Dati appartient à cette nouvelle classe de femmes et hommes politiques ayant intégré que l’apparence joue une part non négligeable dans un parcours politique. Rachida Dati prend soin de son look. Mais trop. L’élégance se transforme vite en glamour. La ministre passe du statut de politicienne à celui de starlette pour tabloïds. Ses apparitions médiatiques deviennent défilés de haute couture. Le bon goût quitte la scène, le bling bling entre en jeu, laissant rapidement place au mauvais goût, au too much, bref : à la vulgarité. On ne demande pas pour autant que Rachida Dati emprunte la garde-robe de Bernadette Chirac, cependant nous ne pouvons que lui conseiller de la retenue. Sus aux bijoux transformant notre ministre en Palais des Glaces déambulant. Finies les robes empruntées à Paris Hilton d’une valeur de plusieurs SMIC. Sobriété, telle devrait être la devise vestimentaire de Rachida Dati.

Intransigeante. Caractérielle. Insupportable. Despotique. Quelques mots maintes fois entendus pour définir le caractère de Rachida Dati. De ce comportement transparaît une image très négative. Etre femme de caractère ne nuit jamais, véhiculant la possibilité de tenir tête aux hommes. Etre celle avec qui il semble impossible ni de travailler ni de discuter deviendra rapidement un poids. Avant d’atteindre le point de non-retour, une véritable communication permettrait d’adoucir le personnage. Féminiser le pit-bull Dati. Organiser par exemple une opération auprès d’enfants, toujours payant. Donner l’impression d’un instinct maternel, d’une proximité réelle auprès de “nos chères têtes blondes“.

Rachida Dati a réussi un coup de maître : se mettre à dos les élus de terrain, qu’ils soient de gauche ou de droite. Une seule raison à ce désamour : sa réforme de la carte judiciaire. En fermant des tribunaux, Rachida Dati devient l’une des responsable de la défaite des municipales. Détestée en outre par une grande majorité des personnels de l’administration judiciaire, de la magistrature. Urgence donc : il faut sauver le soldat Dati, la Ministre doit se recaser avant que le naufrage du Datitanic ne l’emporte dans les lointaines eaux obscures de l’oubli. Possibilité et suggestion de reclassement : le Ministère de l’Education. Mieux encore : les Affaires Etrangères, difficile de devenir impopulaire, un poste médiatique convenant parfaitement à ses desiderata d’apparats.

Longtemps Rachida Dati appartenait à la caste des proches de Cécilia. La trahison n’effraie guère la Ministre de la Justice. Aussitôt le divorce des Sarkozy prononcé, Rachida Dati trouve toute sa place dans la cour de Nicolas. Mais sa proximité trop affichée avec le Président de la République lui fermera de nombreuses portes. Etre “very close of Nicolas Sarkozy“,et conjointement n’être qu’un bébé requin de la politique encore toute neuve dans l’appareil politique véhiculent forcément les rancœurs, les jalousies et renvoient l’image d’un arrivisme patent. Il est important que Rachida Dati densifie ses réseaux : certes ses amitiés dans la beurgeoisie parisienne et celles dans les réseaux républicains féministes ne doivent guère être négligées, mais restent fondamentalement très superficielles et parisianistes. Ajoutez à cela une élection dans le très chic 7ème arrondissement de Paris, et le parfait tableau d’une grande bourgeoise se dessine. Membre du très élitiste Club Le Siècle, Rachida Dati attirée par la lumière et le pouvoir, ce constat ne fait aucun doute. La Garde des Sceaux de ce fait, si elle veut grimper encore plus vers les sommets du pouvoir, devra aller au contact des vrais gens, tâter de la classe moyenne et populaire.

Sinon promouvoir la voix de son maître, l’idéologie de Rachida Dati reste une grande inconnue. Une clarification devient nécessaire. Solution : un livre phare. Un livre faisant d’une pierre deux coups. Ou plutôt deux livres. Deux tomes. “L’histoire d’une femme libre“, pour devenir populaire et humaine. On y parlerait du parcours de Rachida Dati. Les français aiment les histoires. Et un clin d’œil à la France Libre du Général de Gaulle et à l’ouvrage Libre de Sarkozy. “Cette France que j’aimerai” : une quinzaine de grands sujets abordés, inspirés d’intellectuels de divers horizons et quelques propositions novatrices. Clin d’œil à la France sarkozyste que l’on aime ou que l’on quitte. Une Rachida Dati qui aime la France, un titre volontiers très républicain. Mais plongée vers le futur, cette France qu’elle veut construire.

Si j’étais le spin doctor de Rachida Dati, voici donc certains des points que j’aurais aimé aborder avec elle. Malheureusement – et le récent départ de François Guéant (le fils de Claude Guéant) du cabinet de Mme Dati le confirme – je craindrais de ne rester bien longtemps son conseiller tant leur espérance de vie à ses côtés reste bien éphémère.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Rachida Dati, que lui conseilleriez-vous ?

28 mars 2008

Si j’étais le spin doctor de … François Hollande

Classé dans : Hollande, PS, communication, politique, spin doctor — lucmandret @ 05:00
Quatrième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, je vais m’occuper du cas de François Hollande. S’il est bien un politicien qui aurait besoin de recevoir les conseils d’un spin doctor, c’est François Hollande … Alors que François Hollande annonce dans Paris Match qu’il n’exclut pas d’être candidat à la prochaine élection présidentielle en 2012, il s’avère nécessaire de le conseiller en se focalisant sur deux axes : l’image et le positionnement.

L’image. La photographie ci-contre représente bien François Hollande. Un homme pas très beau réputé pour son humour. “La politique, c’est le showbiz des gens au physique ingrat“, disait Bill Clinton. Cette maxime se confirme avec le cas Hollande. Un goitre n’ayant rien à envier à celui de Balladur. Une calvitie en total désaccord avec un visage de poupon. Que faire alors ? Continuer à se cacher derrière son humour ? Mauvaise idée, pourquoi utiliser l’arme de l’humour comme un secours, alors qu’il pourrait être un supplétif ?

Première mission : casser la rondeur du visage. Une suggestion : changer de lunettes. Remplacer les rondes par des rectangulaires, avec une monture noire prononcée. Look jeune cassant le visage en deux.

Seconde mission : casser la rondeur du corps. Une suggestion : porter des costumes noirs avec de fines rayures verticales claires. Chemises noires. Eviter au maximum les cravates, rebondissant sur l’abdomen, ou bien en acheter des claires, discrètes et sans rayure. Autre suggestion : faire un régime.

Troisième mission : régler le problème de cheveux. Surtout ne pas copier un Fabius ou un Bouteflika, tous deux rabattant sur le dessus du crâne une très longue et large mèche venue d’un côté de la tête. Assumer la calvitie. Aller régulièrement chez le coiffeur, et garder une coupe courte.

Quatrième mission : casser l’image du grand-frère ou oncle rigolo. Prendre celle du père sérieux. Assumant les responsabilités qu’il souhaite porter. Se donner une image rigoureuse et intello. Suggérons lui d’écrire (ou de faire écrire) un livre crypto-chiant.

Nous en arrivons au positionnement politique. Principal boulet de François Hollande : son ex-compagne, Ségolène Royal. A son habitude, François Hollande compte utiliser les appareils politiques pour sa carrière. Mais arrivera-t-il pour 2012 là où il a échoué en 2007 ? Il misait tout sur l’appareil Parti Socialiste pour 2007. Il va persévérer dans son choix, avec en outre sa force d’élu local. Président du Conseil Général de la Corrèze, François Hollande vise désormais le poste de président de l’Assemblée des Départements de France. Un outil très utile, lui permettant de continuer à tisser ses réseaux locaux, et d’asseoir ses positions auprès des responsables départementaux socialistes. François Hollande s’avère être un redoutable stratège, probablement l’un des meilleurs, maîtrisant parfaitement les rouages des arcanes du pouvoir. Mais trop de stratégie tue la carrière. Etre continuellement dans les coups fourrés, le jeu d’échec nuit à un objectif pourtant primordial : la popularité.

François Hollande bénéficie d’un avantage majeur : il est connu. Mais pas aimé. Un véritable apparatchik. Devenir populaire, et être aimé. Désiré par les socialistes dans un premier temps. Aimé des français dans un second. Je conseillerais à Hollande le silence. Se taire jusqu’à la veille du congrès du Parti Socialiste de Novembre. N’étant pas candidat à sa succession, Hollande pourrait se contenter du rôle de gentil organisateur. En ne prenant position ni pour untel ni pour unetelle. Laisser les cadres socialistes se déchirer entre eux. Les royalistes, les delanoistes, les ex-jospiniens, les strausskahniens, les camba, les mosko, les hamonistes, les drayistes, les montebourgeois, les mélanchonistes, les emmanuellistes, les fabiusiens, les aubryistes, tous vont entrer dans des luttes internes : une véritable guerre de tranchée, le sang va couler, des alliances se nouer puis se rompre, pour arriver à un bordel monstrueux au congrès, tous couteaux sortis. François Hollande devrait laisser tous ceux-là s’entre-déchirer. Avec une forte probabilité : arriver au soir du congrès sans véritable leader évident pour prendre la direction du PS. Hollande sera alors le faiseur de roi. Il offrira sa succession à qui il le voudra, sous couvert de besoin de rassemblement. Et il peut même être envisager que le successeur de François Hollande ne soit autre que Hollande François (bien qu’il affirme le contraire). François Hollande : le moindre mal pour tous les socialistes.

Se faire aimer des français. Pour cela, nul mystère : faire du terrain, du terrain et encore du terrain. Ne pas rester enfermer dans la tour d’ivoire de Solférino. Sortir continuellement, aller au devant des françaises et des français. Effectuer de temps à autre un voyage à l’étranger. Faire copain-copain devant les caméras avec les dirigeants socialistes européens. Aller tâter devant les caméras du ruminant au Salon de l’Agriculture. Aller serrer des mains devant les caméras dans des usines, sur les marchés, aux enterrements, aux manifestations. Occuper l’espace médiatique.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Hollande, que lui conseilleriez-vous ?

(Photo : Benjamin Lemaire)

Si j’étais le spin doctor de … François Hollande

Classé dans : Hollande, PS, communication, politique, spin doctor — lucmandret @ 05:00
Quatrième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Après Jean-François Copé, Martine Aubry et François Bayrou, je vais m’occuper du cas de François Hollande. S’il est bien un politicien qui aurait besoin de recevoir les conseils d’un spin doctor, c’est François Hollande … Alors que François Hollande annonce dans Paris Match qu’il n’exclut pas d’être candidat à la prochaine élection présidentielle en 2012, il s’avère nécessaire de le conseiller en se focalisant sur deux axes : l’image et le positionnement.

L’image. La photographie ci-contre représente bien François Hollande. Un homme pas très beau réputé pour son humour. “La politique, c’est le showbiz des gens au physique ingrat“, disait Bill Clinton. Cette maxime se confirme avec le cas Hollande. Un goitre n’ayant rien à envier à celui de Balladur. Une calvitie en total désaccord avec un visage de poupon. Que faire alors ? Continuer à se cacher derrière son humour ? Mauvaise idée, pourquoi utiliser l’arme de l’humour comme un secours, alors qu’il pourrait être un supplétif ?

Première mission : casser la rondeur du visage. Une suggestion : changer de lunettes. Remplacer les rondes par des rectangulaires, avec une monture noire prononcée. Look jeune cassant le visage en deux.

Seconde mission : casser la rondeur du corps. Une suggestion : porter des costumes noirs avec de fines rayures verticales claires. Chemises noires. Eviter au maximum les cravates, rebondissant sur l’abdomen, ou bien en acheter des claires, discrètes et sans rayure. Autre suggestion : faire un régime.

Troisième mission : régler le problème de cheveux. Surtout ne pas copier un Fabius ou un Bouteflika, tous deux rabattant sur le dessus du crâne une très longue et large mèche venue d’un côté de la tête. Assumer la calvitie. Aller régulièrement chez le coiffeur, et garder une coupe courte.

Quatrième mission : casser l’image du grand-frère ou oncle rigolo. Prendre celle du père sérieux. Assumant les responsabilités qu’il souhaite porter. Se donner une image rigoureuse et intello. Suggérons lui d’écrire (ou de faire écrire) un livre crypto-chiant.

Nous en arrivons au positionnement politique. Principal boulet de François Hollande : son ex-compagne, Ségolène Royal. A son habitude, François Hollande compte utiliser les appareils politiques pour sa carrière. Mais arrivera-t-il pour 2012 là où il a échoué en 2007 ? Il misait tout sur l’appareil Parti Socialiste pour 2007. Il va persévérer dans son choix, avec en outre sa force d’élu local. Président du Conseil Général de la Corrèze, François Hollande vise désormais le poste de président de l’Assemblée des Départements de France. Un outil très utile, lui permettant de continuer à tisser ses réseaux locaux, et d’asseoir ses positions auprès des responsables départementaux socialistes. François Hollande s’avère être un redoutable stratège, probablement l’un des meilleurs, maîtrisant parfaitement les rouages des arcanes du pouvoir. Mais trop de stratégie tue la carrière. Etre continuellement dans les coups fourrés, le jeu d’échec nuit à un objectif pourtant primordial : la popularité.

François Hollande bénéficie d’un avantage majeur : il est connu. Mais pas aimé. Un véritable apparatchik. Devenir populaire, et être aimé. Désiré par les socialistes dans un premier temps. Aimé des français dans un second. Je conseillerais à Hollande le silence. Se taire jusqu’à la veille du congrès du Parti Socialiste de Novembre. N’étant pas candidat à sa succession, Hollande pourrait se contenter du rôle de gentil organisateur. En ne prenant position ni pour untel ni pour unetelle. Laisser les cadres socialistes se déchirer entre eux. Les royalistes, les delanoistes, les ex-jospiniens, les strausskahniens, les camba, les mosko, les hamonistes, les drayistes, les montebourgeois, les mélanchonistes, les emmanuellistes, les fabiusiens, les aubryistes, tous vont entrer dans des luttes internes : une véritable guerre de tranchée, le sang va couler, des alliances se nouer puis se rompre, pour arriver à un bordel monstrueux au congrès, tous couteaux sortis. François Hollande devrait laisser tous ceux-là s’entre-déchirer. Avec une forte probabilité : arriver au soir du congrès sans véritable leader évident pour prendre la direction du PS. Hollande sera alors le faiseur de roi. Il offrira sa succession à qui il le voudra, sous couvert de besoin de rassemblement. Et il peut même être envisager que le successeur de François Hollande ne soit autre que Hollande François (bien qu’il affirme le contraire). François Hollande : le moindre mal pour tous les socialistes.

Se faire aimer des français. Pour cela, nul mystère : faire du terrain, du terrain et encore du terrain. Ne pas rester enfermer dans la tour d’ivoire de Solférino. Sortir continuellement, aller au devant des françaises et des français. Effectuer de temps à autre un voyage à l’étranger. Faire copain-copain devant les caméras avec les dirigeants socialistes européens. Aller tâter devant les caméras du ruminant au Salon de l’Agriculture. Aller serrer des mains devant les caméras dans des usines, sur les marchés, aux enterrements, aux manifestations. Occuper l’espace médiatique.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Hollande, que lui conseilleriez-vous ?

(Photo : Benjamin Lemaire)

25 mars 2008

Si j’étais le spin doctor de … Jean-François Copé

Classé dans : communication, medias, politique, sarkozy, spin doctor — lucmandret @ 08:00
Troisième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Jean-François Copé, député et maire de Meaux depuis 1995, président du groupe UMP depuis juin 2007, président du club Génération France. Après Martine Aubry et François Bayrou, je décide de m’attaquer à un homme politique de droite. Exercice plus difficile, mais je relève ce défi. Au menu, deux axes : l’homme et son positionnement politique.

L’homme Copé. Quel âge donnez-vous à Monsieur Copé ? Jean-François Copé soufflera ses 44 bougies le 5 mai prochain. Mais l’on pourrait facilement affirmer que Monsieur Copé en fait 10 de plus. Avoir l’air vieux peut s’avérer être un avantage au début d’une carrière, plus facile pour s’imposer. Mais rapidement, la situation s’inverse. A 43 ans, Copé semble être présent dans l’arène politique depuis une éternité. Certes il en impose plus et l’on pourrait penser qu’il est plus aisé d’accorder du crédit à ses propos qu’à ceux d’un Arnaud Montebourg (45 ans) au physique d’adolescent à peine pubère. Mais Copé semble appartenir à une génération plus vieille que celle d’un Xavier Bertrand (43 ans) par exemple.

Conseils donc pour Jean-François Copé : se décoincer et rajeunir son look. Rajeunir son look, Copé pourrait prendre exemple sur un Pierre Moscovici, qui malgré ses 51 ans conserve un physique de jeune premier au sex appeal non négligeable. Le chef des députés UMP oserait-il la barbe de cinq jours, voire les cheveux rasés ? Car la calvitie de Copé, à laquelle s’ajoute un brushing ringard accentuant la faible densité de sa chevelure, représente le symbole de son look quinquagénaire. Des implants seraient cependant malvenus, tant cette opération reste facilement très visible. Par ailleurs, Jean-François Copé possède de très beaux yeux d’un bleu électrique, malheureusement jamais mis en valeur. Un léger bronzage les ferait ressortir et le sublimerait. Après cela changer la garde-robe : des costumes noir ou gris anthracite uniquement, et oser des couleurs vives pour les accessoires : bleu électrique, rouge et jaune vifs, rose fuchsia, …

Voici notre Jean-François Copé habillé pour un quinquennat, nous lui avons fait perdre facilement cinq ans. Il lui faut désormais adopter sa stratégie politique. Car Copé y pense chaque matin en se rasant, être président. Il a obtenu de diriger la restructuration des services publics audio et télévisuels, il espère de ce fait enrichir son carnet d’adresses des noms qui comptent dans les médias. Président du groupe UMP à l’Assemblée National, il tente d’établir un véritable réseau d’élus de terrain. 2012 ou 2017, Copé attend la faille pour s’engouffrer dans l’ère post-sarkozyste de la droite française. Ses principaux rivaux ? François Bayrou, Xavier Bertrand et … Nicolas Sarkozy. La lutte sera sanglante. Alors Jean-François Copé va devoir se tailler un costume sur mesure. Pour cela, il lui est absolument nécessaire de se démarquer de Nicolas Sarkozy. Un boulevard dans lequel s’engouffrer : la politique étrangère. Jean-François Copé peut réussir là où Dominique de Villepin a échoué, diffuser une voix non alignée sur l’atlantisme. Devenir le plus fervent promoteur d’une Europe forte et ouverte, là où Nicolas Sarkozy va se prendre les pieds dans le tapis, avec les élections européennes comme tremplin pour ce nouveau discours. Devenir le porte-parole des pays opprimés et du Tiers Monde. Devenir le nouveau Chirac tant apprécié à travers le monde. Un Copé social néo-gaulliste tiers-mondiste.

Pour asseoir sa force sur le plan national, Jean-François Copé ne peut compter sur les camarades plus âgés et de sa génération, tous à l’affut de postes et prêt à se tirer dans les pattes au moindre coup dur. Alors le maire de Meaux va devoir séduire la galaxie des jeunes roquets de l’UMP, se positionner comme le chef de file et mentor de tous les vingtenaires et trentenaires prêts à mettre leurs aînés en retraite anticipée.

Jean-François Copé bénéficie déjà d’une image de bon orateur, de travailleur maniaque, de fins connaisseurs des dossiers sur lesquels il travaille. Mais il faudra durcir la carapace politicienne de Copé. Chirac disait qu’un président doit avoir trahit deux fois avant d’atteindre la magistrature suprême. On peut considérer qu’il a déjà trahit le camp Chirac en faisant tout pour plaire à Nicolas Sarkozy afin que le Président de la République ne l’oublie pas. Il devient nécessaire que Copé trahisse un jour Sarkozy, pour se positionner comme son meilleur ennemi.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Jean-François Copé, que lui conseilleriez-vous ?

Si j’étais le spin doctor de … Jean-François Copé

Classé dans : communication, medias, politique, sarkozy, spin doctor — lucmandret @ 08:00
Troisième sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Jean-François Copé, député et maire de Meaux depuis 1995, président du groupe UMP depuis juin 2007, président du club Génération France. Après Martine Aubry et François Bayrou, je décide de m’attaquer à un homme politique de droite. Exercice plus difficile, mais je relève ce défi. Au menu, deux axes : l’homme et son positionnement politique.

L’homme Copé. Quel âge donnez-vous à Monsieur Copé ? Jean-François Copé soufflera ses 44 bougies le 5 mai prochain. Mais l’on pourrait facilement affirmer que Monsieur Copé en fait 10 de plus. Avoir l’air vieux peut s’avérer être un avantage au début d’une carrière, plus facile pour s’imposer. Mais rapidement, la situation s’inverse. A 43 ans, Copé semble être présent dans l’arène politique depuis une éternité. Certes il en impose plus et l’on pourrait penser qu’il est plus aisé d’accorder du crédit à ses propos qu’à ceux d’un Arnaud Montebourg (45 ans) au physique d’adolescent à peine pubère. Mais Copé semble appartenir à une génération plus vieille que celle d’un Xavier Bertrand (43 ans) par exemple.

Conseils donc pour Jean-François Copé : se décoincer et rajeunir son look. Rajeunir son look, Copé pourrait prendre exemple sur un Pierre Moscovici, qui malgré ses 51 ans conserve un physique de jeune premier au sex appeal non négligeable. Le chef des députés UMP oserait-il la barbe de cinq jours, voire les cheveux rasés ? Car la calvitie de Copé, à laquelle s’ajoute un brushing ringard accentuant la faible densité de sa chevelure, représente le symbole de son look quinquagénaire. Des implants seraient cependant malvenus, tant cette opération reste facilement très visible. Par ailleurs, Jean-François Copé possède de très beaux yeux d’un bleu électrique, malheureusement jamais mis en valeur. Un léger bronzage les ferait ressortir et le sublimerait. Après cela changer la garde-robe : des costumes noir ou gris anthracite uniquement, et oser des couleurs vives pour les accessoires : bleu électrique, rouge et jaune vifs, rose fuchsia, …

Voici notre Jean-François Copé habillé pour un quinquennat, nous lui avons fait perdre facilement cinq ans. Il lui faut désormais adopter sa stratégie politique. Car Copé y pense chaque matin en se rasant, être président. Il a obtenu de diriger la restructuration des services publics audio et télévisuels, il espère de ce fait enrichir son carnet d’adresses des noms qui comptent dans les médias. Président du groupe UMP à l’Assemblée National, il tente d’établir un véritable réseau d’élus de terrain. 2012 ou 2017, Copé attend la faille pour s’engouffrer dans l’ère post-sarkozyste de la droite française. Ses principaux rivaux ? François Bayrou, Xavier Bertrand et … Nicolas Sarkozy. La lutte sera sanglante. Alors Jean-François Copé va devoir se tailler un costume sur mesure. Pour cela, il lui est absolument nécessaire de se démarquer de Nicolas Sarkozy. Un boulevard dans lequel s’engouffrer : la politique étrangère. Jean-François Copé peut réussir là où Dominique de Villepin a échoué, diffuser une voix non alignée sur l’atlantisme. Devenir le plus fervent promoteur d’une Europe forte et ouverte, là où Nicolas Sarkozy va se prendre les pieds dans le tapis, avec les élections européennes comme tremplin pour ce nouveau discours. Devenir le porte-parole des pays opprimés et du Tiers Monde. Devenir le nouveau Chirac tant apprécié à travers le monde. Un Copé social néo-gaulliste tiers-mondiste.

Pour asseoir sa force sur le plan national, Jean-François Copé ne peut compter sur les camarades plus âgés et de sa génération, tous à l’affut de postes et prêt à se tirer dans les pattes au moindre coup dur. Alors le maire de Meaux va devoir séduire la galaxie des jeunes roquets de l’UMP, se positionner comme le chef de file et mentor de tous les vingtenaires et trentenaires prêts à mettre leurs aînés en retraite anticipée.

Jean-François Copé bénéficie déjà d’une image de bon orateur, de travailleur maniaque, de fins connaisseurs des dossiers sur lesquels il travaille. Mais il faudra durcir la carapace politicienne de Copé. Chirac disait qu’un président doit avoir trahit deux fois avant d’atteindre la magistrature suprême. On peut considérer qu’il a déjà trahit le camp Chirac en faisant tout pour plaire à Nicolas Sarkozy afin que le Président de la République ne l’oublie pas. Il devient nécessaire que Copé trahisse un jour Sarkozy, pour se positionner comme son meilleur ennemi.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Jean-François Copé, que lui conseilleriez-vous ?

22 mars 2008

Si j’étais le spin doctor de … Martine Aubry

Classé dans : PS, communication, medias, politique, spin doctor — lucmandret @ 10:00
Second sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Martine Aubry, la maire de Lille, facilement réélue dans la capitale du Nord, notamment par un accord de second tour avec le MoDem. Contrairement à François Bayrou, je vais m’appuyer sur deux axes : la femme et la (sa) politique.

La femme. Premier déficit de popularité de Martine Aubry : son image. Politique tout d’abord, et j’y reviendrai plus tard. Mais également son apparence physique et son caractère. Un physique banal et pas très sexy, presque transparent. Certes Martine Aubry refuse le diktat de l’apparence et le reproche souvent à ses adversaires politiques, Ségolène Royal au premier plan. Pourtant, peu de choses suffiraient pour transformer Martine Aubry d’une bonne copine en une executive woman. Passage chez un bon coiffeur : avoir une coupe qui ressemble à quelque chose, quelques centimètres de plus en longueur, une coloration dans les châtain avec de légères mèches ton sur ton : on aboutirait à un visage plus affiné mettant en valeur ses yeux qu’elle a fort jolis. Passage ensuite dans les boutiques de vêtements : chaussures à talons et vestes cintrées, Martine Aubry prend de la hauteur et sa silhouette devient plus élancée. Elle oserait les couleurs (sobres mais inattendues) qu’elle perdrait quelques années. Enfin, un grand mystère quant à ce Martine Aubry a fait à son visage – chirurgie guère réussie ? trop de nourriture ? – le fait est que son visage est flasque. Cesser de suite ces mauvaises habitudes.

Un caractère difficile à gérer, sèche et quelque peu autoritaire. Caractère notamment véhiculé par le fait que Martine Aubry bénéficie d’une capacité de travail monumentale ; et demande les mêmes qualités à ses proches. Malheureusement cela transparaît dans ses apparitions. Quelques cours de media training seraient les bienvenues afin qu’Aubry se détende et n’effraie pas ses spectateurs.

La politique. Il semble impératif que Martine Aubry, femme ô combien brillante et intelligente, cesse de trainer derrière elle un énorme boulet : les 35 heures. Pas question ici de disserter sur les bienfaits ou non de cette réforme. Mais inconsciemment, les français pensent une seule chose en voyant, entendant Martine Aubry : les 35 heures. Deux étapes pour se libérer de ce poids. Tout d’abord un faux lapsus et une avancée. Faux lapsus (totalement téléguidé) quant à des remords sur cette réforme, on reparle des 35 heures, elle prend la main, elle devient incontournable durant quelques jours, l’on s’arrache pour connaître le fond de sa pensée. Vient l’avancée : surprendre tout le monde en ne parlant pas des 35 heures mais d’une nouvelle réforme du travail, cinq propositions à marteler.

Combien de fois a-t-on pu entendre : Martine Aubry, un véritable mystère de la scène politique française. Que veut-elle ? Ou va-t-elle ? Que pense-t-elle ? Que vise-t-elle ? Son animosité (voire sa haine) envers Ségolène Royal ne fait aucun mystère. Aubry conchie cette politique de la démagogie et de la communication. Mais Aubry aime le pouvoir, Aubry hurle de voir moins brillants qu’elle mieux réussir. Alors Martine Aubry va revenir sur le devant de la scène. Et Aubry devra casser son positionnement politique au sein du PS. Ce qu’elle semble avoir commencé à faire d’ailleurs. Longtemps Martine Aubry se positionnait au centre de l’échiquier politique socialiste : à la gauche de cet échiquier se trouvent des Mélenchon, Emmanuelli ou Hamon, voire même Montebourg ; à la droite de l’échiquier socialiste des Strauss-Kahn, Royal, Cambadélis ou Valls. Cependant, lors des décisions et attributions des postes au sein du Parti Socialiste, la pomme se coupait environ au centre bien évidemment, cependant une moitié allait à la gauche du PS, la seconde à la droite, et rien ou presque pour le centre, dans lequel se positionne Aubry. En acceptant une alliance de second tour avec le MoDem, Aubry semble vouloir se repositionner à la droite de l’échiquier politique socialiste. Très intéressant et à encourager politiquement. En piétinant les plate-bandes de Ségolène Royal, Martine Aubry va vouloir prendre la place toute chaude en l’éradiquant sur le domaine des idées. Obligeant Royal à se trouver une autre place. Car le prochain congrès du PS se jouera sur le terrain des problématiques et du débat de fond. Et l’on ne pourrait que conseiller une alliance avec Delanoë : le maire de Paris occupant la gauche du PS, la maire de Lille la droite. Leurs forces en commun, ils pourraient se positionner comme les rassembleurs d’un large éventail des chapelles idéologiques.

Enfin et pour revenir définitivement sur le devant de la scène, Martine Aubry va devoir s’emparer d’un véritable sujet. Tout se joue sur une problématique. L’insécurité en 2002. La rupture en 2007. Un cheval de bataille. Son sujet de présidentielles. Le pouvoir d’achat serait une erreur : trop de personnes se le sont déjà approprié. Pas de sujets polémiques susceptibles de diviser. Exit l’immigration, les sans-papiers, l’Europe. Alors pourquoi pas le logement. Sujet consensuel à souhait. Pouvant rassembler de l’extrême-gauche au centre droit. Compréhensible en quelques phrases par tous les français. Tous les français. Après, Martine Aubry va devoir convaincre ses amitiés, nombreuses au sein de moults lobbies et appareils de pouvoir. Mettre en ordre de bataille ses réseaux, qui devraient lui ouvrir très facilement les portes des médias. Avec son nouveau look et un sujet phare, rien ne pourra arrêter Martine Aubry si elle utilise ses nombreuses armes : son extrême intelligence, son regard de tueuse et son sourire enjôleur.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Martine Aubry, que lui conseilleriez-vous ?

Si j’étais le spin doctor de … Martine Aubry

Classé dans : PS, communication, medias, politique, spin doctor — lucmandret @ 10:00
Second sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, Martine Aubry, la maire de Lille, facilement réélue dans la capitale du Nord, notamment par un accord de second tour avec le MoDem. Contrairement à François Bayrou, je vais m’appuyer sur deux axes : la femme et la (sa) politique.

La femme. Premier déficit de popularité de Martine Aubry : son image. Politique tout d’abord, et j’y reviendrai plus tard. Mais également son apparence physique et son caractère. Un physique banal et pas très sexy, presque transparent. Certes Martine Aubry refuse le diktat de l’apparence et le reproche souvent à ses adversaires politiques, Ségolène Royal au premier plan. Pourtant, peu de choses suffiraient pour transformer Martine Aubry d’une bonne copine en une executive woman. Passage chez un bon coiffeur : avoir une coupe qui ressemble à quelque chose, quelques centimètres de plus en longueur, une coloration dans les châtain avec de légères mèches ton sur ton : on aboutirait à un visage plus affiné mettant en valeur ses yeux qu’elle a fort jolis. Passage ensuite dans les boutiques de vêtements : chaussures à talons et vestes cintrées, Martine Aubry prend de la hauteur et sa silhouette devient plus élancée. Elle oserait les couleurs (sobres mais inattendues) qu’elle perdrait quelques années. Enfin, un grand mystère quant à ce Martine Aubry a fait à son visage – chirurgie guère réussie ? trop de nourriture ? – le fait est que son visage est flasque. Cesser de suite ces mauvaises habitudes.

Un caractère difficile à gérer, sèche et quelque peu autoritaire. Caractère notamment véhiculé par le fait que Martine Aubry bénéficie d’une capacité de travail monumentale ; et demande les mêmes qualités à ses proches. Malheureusement cela transparaît dans ses apparitions. Quelques cours de media training seraient les bienvenues afin qu’Aubry se détende et n’effraie pas ses spectateurs.

La politique. Il semble impératif que Martine Aubry, femme ô combien brillante et intelligente, cesse de trainer derrière elle un énorme boulet : les 35 heures. Pas question ici de disserter sur les bienfaits ou non de cette réforme. Mais inconsciemment, les français pensent une seule chose en voyant, entendant Martine Aubry : les 35 heures. Deux étapes pour se libérer de ce poids. Tout d’abord un faux lapsus et une avancée. Faux lapsus (totalement téléguidé) quant à des remords sur cette réforme, on reparle des 35 heures, elle prend la main, elle devient incontournable durant quelques jours, l’on s’arrache pour connaître le fond de sa pensée. Vient l’avancée : surprendre tout le monde en ne parlant pas des 35 heures mais d’une nouvelle réforme du travail, cinq propositions à marteler.

Combien de fois a-t-on pu entendre : Martine Aubry, un véritable mystère de la scène politique française. Que veut-elle ? Ou va-t-elle ? Que pense-t-elle ? Que vise-t-elle ? Son animosité (voire sa haine) envers Ségolène Royal ne fait aucun mystère. Aubry conchie cette politique de la démagogie et de la communication. Mais Aubry aime le pouvoir, Aubry hurle de voir moins brillants qu’elle mieux réussir. Alors Martine Aubry va revenir sur le devant de la scène. Et Aubry devra casser son positionnement politique au sein du PS. Ce qu’elle semble avoir commencé à faire d’ailleurs. Longtemps Martine Aubry se positionnait au centre de l’échiquier politique socialiste : à la gauche de cet échiquier se trouvent des Mélenchon, Emmanuelli ou Hamon, voire même Montebourg ; à la droite de l’échiquier socialiste des Strauss-Kahn, Royal, Cambadélis ou Valls. Cependant, lors des décisions et attributions des postes au sein du Parti Socialiste, la pomme se coupait environ au centre bien évidemment, cependant une moitié allait à la gauche du PS, la seconde à la droite, et rien ou presque pour le centre, dans lequel se positionne Aubry. En acceptant une alliance de second tour avec le MoDem, Aubry semble vouloir se repositionner à la droite de l’échiquier politique socialiste. Très intéressant et à encourager politiquement. En piétinant les plate-bandes de Ségolène Royal, Martine Aubry va vouloir prendre la place toute chaude en l’éradiquant sur le domaine des idées. Obligeant Royal à se trouver une autre place. Car le prochain congrès du PS se jouera sur le terrain des problématiques et du débat de fond. Et l’on ne pourrait que conseiller une alliance avec Delanoë : le maire de Paris occupant la gauche du PS, la maire de Lille la droite. Leurs forces en commun, ils pourraient se positionner comme les rassembleurs d’un large éventail des chapelles idéologiques.

Enfin et pour revenir définitivement sur le devant de la scène, Martine Aubry va devoir s’emparer d’un véritable sujet. Tout se joue sur une problématique. L’insécurité en 2002. La rupture en 2007. Un cheval de bataille. Son sujet de présidentielles. Le pouvoir d’achat serait une erreur : trop de personnes se le sont déjà approprié. Pas de sujets polémiques susceptibles de diviser. Exit l’immigration, les sans-papiers, l’Europe. Alors pourquoi pas le logement. Sujet consensuel à souhait. Pouvant rassembler de l’extrême-gauche au centre droit. Compréhensible en quelques phrases par tous les français. Tous les français. Après, Martine Aubry va devoir convaincre ses amitiés, nombreuses au sein de moults lobbies et appareils de pouvoir. Mettre en ordre de bataille ses réseaux, qui devraient lui ouvrir très facilement les portes des médias. Avec son nouveau look et un sujet phare, rien ne pourra arrêter Martine Aubry si elle utilise ses nombreuses armes : son extrême intelligence, son regard de tueuse et son sourire enjôleur.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de Martine Aubry, que lui conseilleriez-vous ?

20 mars 2008

Si j’étais le spin doctor de … François Bayrou

Classé dans : bayrou, communication, politique, spin doctor — lucmandret @ 08:30
Premier sujet de “Si j’étais le spin doctor de …“, François Bayrou donc. Pour promouvoir le leader du Mouvement Démocrate, trois axes : l’homme, la forme et le fond.

L’homme François Bayrou. L’ancien candidat UDF aux élections présidentielles de 2007 conserve une image de français moyen, proche des français. Un léger côté vieille France qu’il faut adoucir sans cependant choquer son électorat le plus âgé. Pour ce faire, un léger relooking semble nécessaire. Rien de très significatif. Se diriger vers une coiffure plus Kennedy. Mais surtout revoir la garde-robe, afin de séduire un public plus jeune. Alterner les couleurs avec la sobriété du classique noir et blanc. Mais absolument cesser les costumes mal taillés bleu marine. D’élégantes vestes noires avec des chemises blanches immaculées. Oser le no cravate afin de véhiculer une allure décontractée. Lors de meeting ou débats ciblés, François Bayrou pourrait faire tomber la veste et porter des chemises noires par exemple. Surtout, François Bayrou devra apprendre à déboutonner ses vestes, lui donnant un air bien trop engoncé, signe de fermeture vers autrui.

La forme. La communication du Mouvement Démocrate se remarque par son absence totale d’originalité. Le site internet de son parti n’apporte aucune plus-value. Simplement une médiocre revue de presse de l’actualité de trois ou quatre cadres du MoDem. Il va falloir songer à investir dans un véritable site internet ambitieux. Avec des rendez-vous réguliers donnés aux internautes. Des messages vidéos, des tchats, un blog personnel de François Bayrou, …

Nous savons tous que François Bayrou se voit déjà prochain président de la République en 2012, et que c’est là son seul objectif. Pour cela, il s’avère absolument nécessaire d’occuper le terrain. De prévoir un déplacement en Province par semaine durant les quatre années à venir. De se rendre à des manifestations publiques ou revendicatives, apportant son soutien à des causes pour lesquelles on ne l’attend pas (ex : parrainage républicain d’enfants sans-papier, soutien au Don Quichotte, etc.). François Bayrou doit rebondir sur l’actualité et devenir offensif, même sur des sujets mineurs. Dans l’actualité chaude, je conseillerais à Bayrou une véhémente protestation contre le parachutage de Georges-Marc Bénamou à la Villa Médicis (cf ce groupe), agrémenté d’un appel pour préserver l’indépendance de la culture face aux pouvoirs politiques.

A l’inverse, François Bayrou ne gagnera rien à tenter d’obtenir l’annulation du scrutin des municipales à Pau. Il apparaîtra forcément comme mauvais perdant. Cette stratégie eut pu être envisagée sous condition d’un écart absolument minime avec la gagnante du scrutin, mais avec presque 350 voix de différence, François Bayrou a de très fortes chances de ne pas être entendu par la justice.

L’orangemania de son parti, certes très utile comme signe de reconnaissance, tombe dans l’excès et décrédibilise l’action de François Bayrou, trop centré sur le superficiel et l’ambiance bisounours. Le chef du MoDem n’a rien à gagner à s’orner de ces couleurs, et le laisser aux militants, tout en les canalisant dans leur toujours plus d’oranges.

Le fond. François Bayrou, s’il veut se positionner comme l’opposant principale à Nicolas Sarkozy, doit se munir d’un programme sérieux et ambitieux. Et pour atteindre cet objectif, aucun mystère : il faut travailler et faire travailler. Et surtout ne pas attendre 6 mois avec les élections présidentielles de 2012. La solution consisterait en un rendez-vous fixe. Le MoDem se vend comme un parti neuf. Chaque semaine, un sujet. Chaque semaine, un constat, un bilan sur la situation quant à ce sujet. Chaque semaine, une proposition claire, nette et chiffrée. Une semaine, une idée. Tout d’abord consultations de spécialistes et des militants. Puis une prise de décision de François Bayrou, annoncée chaque semaine au cours d’un point presse. Au rythme d’une quarantaine d’idées par an, François Bayrou pourra arriver en 2012 avec un projet solide et préparé, riche de 150 à 200 propositions. Et donc se consacrer uniquement durant les mois précédents le scrutin présidentielle à sa campagne même.

Mais François Bayrou auparavant devra se positionner politiquement. Droite. Centre-droit. Extrême-centre. Centre. Centre-gauche. Gauche. La clarification est indispensable pour ne pas faire fuir les électeurs. Et son projet découlera de ce positionnement. Sachant que son projet gagnerait à se situer socialement parlant à gauche et économiquement parlant sur l’aile libérale.

Et vous, si vous étiez le spin doctor de François Bayrou, que lui conseilleriez-vous ?

(Photo : Alexandre Lataste)

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