Le blog politique de Luc Mandret

15 décembre 2007

Lumière de Marseille

Classé dans : photographie, voyage — lucmandret @ 05:00
Marseille, dans le 2ème arrondissement, photo prise le 8 décembre 2007 avec un Nokia 6300.

9 août 2007

Nos amis les bêtes

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 10:30

8 août 2007

Paysages

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 07:30
Voici quelques photos prises durant mes vacances. Vous pouvez les agrandir en cliquant dessus.

25 mai 2007

A côté de la mer

Classé dans : photographie, voyage — lucmandret @ 02:30




La mer par Lancelot

Classé dans : photographie, voyage — lucmandret @ 02:15



La mer et Lancelot

Classé dans : Narcisse, voyage — lucmandret @ 02:00


8 mai 2007

Nicolas et Cecilia sont sur un bateau

Classé dans : politique, voyage — lucmandret @ 12:30
Grâce au site Romandie News, on apprend que Nicolas Sarkozy est parti se reposer à Malte. Jusque là, rien de choquant, si ce n’est qu’il ne doit pas beaucoup aimer la France pour déjà la quitter, à peine élu !
Au programme : arrivée dans un jet privé, une limousine l’attend et l’amène sur un yacht. Non pas une petite coque, un yacht de 60 mètres. Si vous ne savez pas à quoi ça ressemble, je vous mets une photo de Paloma. Même mensurations que le Zaff et le Tarrafal, les deux bâteaux sur lesquels Nicolas Sarkozy et ses proches – dont sa (encore ?) femme Cécilia Sarkozy et leur fils Louis – ont embarqué. A savoir que ce genre de joujou se loue plus de 150.000 € la semaine (j’ai prix la fourchette la plus basse) et coûte la modeste somme de 10 millions d’euros à l’achat, pour les plus spartiates.

Ah, que ne ferait-on pas pour être proche du peuple …

30 janvier 2007

Cambodge, pays d’histoire (3) : Bokor, le Sud

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 06:00

Dernière étape du voyage au Cambodge. Après Phnom Penh, nous avons pris un car pour nous rendre dans le Sud du Cambodge. Deux étapes : le plateau du Bokor et Sihanoukville. L’occasion de parler du roi Norodom Sihamoni et de son père Norodom Sihanouk !


Pour accèder au Bokor, nous passons la nuit à Kampot. Petite ville provinciale sans charme, infestée de moustiques, la chaleur est rendue étouffante par la moiteur suante. Le lendemain à l’aube, l’escalade du Bokor est une véritable aventure ! Dans une vieille Toyota, la montée dure deux longues heures. Dans une jungle luxuriante, la route est une continuation de nids de (très grosses !) poules, de pierres acérées et parfois de morceaux de goudrons. A l’arrivée, l’estomac en vrac, à 1000 mètres d’altitude, l’air frais est plus que le bienvenue.

Le Bokor est un lieu totalement surprenant, et l’on ne regrette pas la grimpette ! D’ailleurs le côté inaccessible, faisant fuir les touristes, rend l’endroit encore plus mystérieux. Ici, des maisons coloniales abandonnées, un palais du roi Sihanouk inhabité. Le tout avec une vue à 360° absolument merveilleuse, la mer au loin, surplombant la forêt. Un village fantôme : une église chrétienne. L’endroit magique de cet endroit est sans nul doute le casino, le Bokor Palace. A l’intérieur, on pourrait croiser les fantômes des français ayant fréquentés cette station dans les années 60.

Suite aux différentes guerres, le Bokor a donc été abandonné de tous, du roi aux français. Mais un temple bouddhiste accueille tout de même des bonzes dans cet endroit perdu. Et ici des oies et un singe donne de la vie à ce plateau déshumanisé …

Lors de la dernièr étape de notre voyage, pas de photo. Désolé. Mais Sihanoukville est un lieu de repos. Des plages. La mer chaude. Dormir dans un bungalow avec vue sur la mer. Tout cela, pas besoin de photo pour l’imaginer. Vraiment reposant. Pour terminer les vacances, rien de mieux … Sihanouville tire donc son nom du précédent roi du Cambodge, Norodom Sihanouk. Etonnant roi, cinéaste ayant lancé son festival, qui s’est retiré du pouvoir pour le laisser à son plus jeune fils, chorégraphe et danseur à Paris. Un roi dans une dictature. Car les riches et les puissants ont tous les droits sur les pauvres. Mais à côté, un pays très libéral, avec notre regard d’occidental : les voitures sans plaque d’immatriculation sont courantes, des restaurants “happy herb pizza” avec pignon sur rue montrent que la drogue n’est pas une préoccuppation ici (cela nous sera d’ailleurs confirmé à demi-mots par le premier consul de France). Dans les rues de l’ensemble du Cambodge, nous ne croiserons jamais de militaires ou policiers armés. Une dictature donc, mais la violence est invisible.

Un pays magique, une seule envie : y retourner ! Un pays pauvre, un peuple fier et chaleureux. Une histoire dure et tragique. Espèrons que l’avenir sera meilleur, sans tomber dans le tout-mondialisé comme ses voisins asiatiques.

Pour terminer en musique, ci-dessous un “clip” de l’ancien roi, Norodom Sihanouk, dans une ôde à Monica, sa femme. Epatant !

Toutes les photos présentes sur le blog peuvent être agrandies en cliquant dessus. Toutes les photos du Bokor sont ici.

Cambodge, pays d’histoire (3) : Bokor, le Sud

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 06:00

Dernière étape du voyage au Cambodge. Après Phnom Penh, nous avons pris un car pour nous rendre dans le Sud du Cambodge. Deux étapes : le plateau du Bokor et Sihanoukville. L’occasion de parler du roi Norodom Sihamoni et de son père Norodom Sihanouk !


Pour accèder au Bokor, nous passons la nuit à Kampot. Petite ville provinciale sans charme, infestée de moustiques, la chaleur est rendue étouffante par la moiteur suante. Le lendemain à l’aube, l’escalade du Bokor est une véritable aventure ! Dans une vieille Toyota, la montée dure deux longues heures. Dans une jungle luxuriante, la route est une continuation de nids de (très grosses !) poules, de pierres acérées et parfois de morceaux de goudrons. A l’arrivée, l’estomac en vrac, à 1000 mètres d’altitude, l’air frais est plus que le bienvenue.

Le Bokor est un lieu totalement surprenant, et l’on ne regrette pas la grimpette ! D’ailleurs le côté inaccessible, faisant fuir les touristes, rend l’endroit encore plus mystérieux. Ici, des maisons coloniales abandonnées, un palais du roi Sihanouk inhabité. Le tout avec une vue à 360° absolument merveilleuse, la mer au loin, surplombant la forêt. Un village fantôme : une église chrétienne. L’endroit magique de cet endroit est sans nul doute le casino, le Bokor Palace. A l’intérieur, on pourrait croiser les fantômes des français ayant fréquentés cette station dans les années 60.

Suite aux différentes guerres, le Bokor a donc été abandonné de tous, du roi aux français. Mais un temple bouddhiste accueille tout de même des bonzes dans cet endroit perdu. Et ici des oies et un singe donne de la vie à ce plateau déshumanisé …

Lors de la dernièr étape de notre voyage, pas de photo. Désolé. Mais Sihanoukville est un lieu de repos. Des plages. La mer chaude. Dormir dans un bungalow avec vue sur la mer. Tout cela, pas besoin de photo pour l’imaginer. Vraiment reposant. Pour terminer les vacances, rien de mieux … Sihanouville tire donc son nom du précédent roi du Cambodge, Norodom Sihanouk. Etonnant roi, cinéaste ayant lancé son festival, qui s’est retiré du pouvoir pour le laisser à son plus jeune fils, chorégraphe et danseur à Paris. Un roi dans une dictature. Car les riches et les puissants ont tous les droits sur les pauvres. Mais à côté, un pays très libéral, avec notre regard d’occidental : les voitures sans plaque d’immatriculation sont courantes, des restaurants “happy herb pizza” avec pignon sur rue montrent que la drogue n’est pas une préoccuppation ici (cela nous sera d’ailleurs confirmé à demi-mots par le premier consul de France). Dans les rues de l’ensemble du Cambodge, nous ne croiserons jamais de militaires ou policiers armés. Une dictature donc, mais la violence est invisible.

Un pays magique, une seule envie : y retourner ! Un pays pauvre, un peuple fier et chaleureux. Une histoire dure et tragique. Espèrons que l’avenir sera meilleur, sans tomber dans le tout-mondialisé comme ses voisins asiatiques.

Pour terminer en musique, ci-dessous un “clip” de l’ancien roi, Norodom Sihanouk, dans une ôde à Monica, sa femme. Epatant !

Toutes les photos présentes sur le blog peuvent être agrandies en cliquant dessus. Toutes les photos du Bokor sont ici.

Cambodge, pays d’histoire (3) : Bokor, le Sud

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 06:00

Dernière étape du voyage au Cambodge. Après Phnom Penh, nous avons pris un car pour nous rendre dans le Sud du Cambodge. Deux étapes : le plateau du Bokor et Sihanoukville. L’occasion de parler du roi Norodom Sihamoni et de son père Norodom Sihanouk !


Pour accèder au Bokor, nous passons la nuit à Kampot. Petite ville provinciale sans charme, infestée de moustiques, la chaleur est rendue étouffante par la moiteur suante. Le lendemain à l’aube, l’escalade du Bokor est une véritable aventure ! Dans une vieille Toyota, la montée dure deux longues heures. Dans une jungle luxuriante, la route est une continuation de nids de (très grosses !) poules, de pierres acérées et parfois de morceaux de goudrons. A l’arrivée, l’estomac en vrac, à 1000 mètres d’altitude, l’air frais est plus que le bienvenue.

Le Bokor est un lieu totalement surprenant, et l’on ne regrette pas la grimpette ! D’ailleurs le côté inaccessible, faisant fuir les touristes, rend l’endroit encore plus mystérieux. Ici, des maisons coloniales abandonnées, un palais du roi Sihanouk inhabité. Le tout avec une vue à 360° absolument merveilleuse, la mer au loin, surplombant la forêt. Un village fantôme : une église chrétienne. L’endroit magique de cet endroit est sans nul doute le casino, le Bokor Palace. A l’intérieur, on pourrait croiser les fantômes des français ayant fréquentés cette station dans les années 60.

Suite aux différentes guerres, le Bokor a donc été abandonné de tous, du roi aux français. Mais un temple bouddhiste accueille tout de même des bonzes dans cet endroit perdu. Et ici des oies et un singe donne de la vie à ce plateau déshumanisé …

Lors de la dernièr étape de notre voyage, pas de photo. Désolé. Mais Sihanoukville est un lieu de repos. Des plages. La mer chaude. Dormir dans un bungalow avec vue sur la mer. Tout cela, pas besoin de photo pour l’imaginer. Vraiment reposant. Pour terminer les vacances, rien de mieux … Sihanouville tire donc son nom du précédent roi du Cambodge, Norodom Sihanouk. Etonnant roi, cinéaste ayant lancé son festival, qui s’est retiré du pouvoir pour le laisser à son plus jeune fils, chorégraphe et danseur à Paris. Un roi dans une dictature. Car les riches et les puissants ont tous les droits sur les pauvres. Mais à côté, un pays très libéral, avec notre regard d’occidental : les voitures sans plaque d’immatriculation sont courantes, des restaurants “happy herb pizza” avec pignon sur rue montrent que la drogue n’est pas une préoccuppation ici (cela nous sera d’ailleurs confirmé à demi-mots par le premier consul de France). Dans les rues de l’ensemble du Cambodge, nous ne croiserons jamais de militaires ou policiers armés. Une dictature donc, mais la violence est invisible.

Un pays magique, une seule envie : y retourner ! Un pays pauvre, un peuple fier et chaleureux. Une histoire dure et tragique. Espèrons que l’avenir sera meilleur, sans tomber dans le tout-mondialisé comme ses voisins asiatiques.

Pour terminer en musique, ci-dessous un “clip” de l’ancien roi, Norodom Sihanouk, dans une ôde à Monica, sa femme. Epatant !

Toutes les photos présentes sur le blog peuvent être agrandies en cliquant dessus. Toutes les photos du Bokor sont ici.

13 janvier 2007

Cambodge, pays d’histoire (2) : Phnom Penh

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 09:30
Le trajet entre Siem Reap et Phnom Penh se fait en car, de façon très agréable. Le paysage sublime nous laisse voir les rizières. La période est en outre celle de la récolte du riz.

L’arrivée à Phnom Penh est un vrai bonheur, la ville tellement différente de la capitale voisine de Thaïlande. Ici point de buildings : aucun bâtiment de plus de 5 niveaux. Les traces du protectorat français sont encore très visibles, les maisons coloniales nombreuses et imposantes. Il règne ici une ambiance douce et chaleureuse, aidée par la présence au coeur de cette ville du Mékong, le long duquel se situe tous les bars et restaurants touristiques. Une petite Croisette asiatique.

La pauvreté est moins visible dans la capitale que dans les provinces alentoures. Cependant les médiants sont plus nombreux, bien que pas insistants. Il semble qu’il existe un plus grand fossé : les pauvres plus pauvres, et une classe aisée beaucoup plus visible. A la sortie des lieux touristiques, nombreux sont les mutilés victimes des mines anti-personnelles, ayant perdu une ou deux jambes. Plutôt que de tendre la main, les enfants préfèrent ici vous aborder en vous vendant des livres. Toujours la dignité de ce peuple qui transparaît.

Le regard est attiré de part et d’autre. Ici des mariés posant pour leurs photographes sur l’esplanade du Monument de l’Indépendance. Là une vendeuse de cerfs-volants. Et encore un mariage dans une pagode. Ou bien une fête familiale à même la rue, sous une grande bâche. Et partout le même accueil chaleureux.

Dans la ville, le moyen de locomotion le plus simple est le motodop, à un ou deux – sans casque évidemment – à l’arrière d’un scooter. Sensations garanties. Mais efficace pour se déplacer dans cette ville rapidement embouteillée.

Les visites du Palais du roi et du musée national se font rapidement. Les lieux sont lumineux et élégants, grands mais à taille humaine. Les dorures sont nombreuses mais pas vulgaires. Un joli petit pavillon Napoléon III dénote du reste de l’architecture.

Un midi, nous déjeûnons chez Monsieur Leng, tenant un petit restaurant. Agé de soixante ans environ, il fait partie de ces cambodgiens en voie de disparition, parlant parfaitement le français. C’est l’occasion d’engager la discussion. Et pour lui de regretter l’abandon de la langue française. Et de réclamer l’aide de la France, avec un brin de nostalgie, pour soutenir l’accès à l’éducation des enfants.

Cependant, nous sentons que parler de la période khmère est impossible. Un tabou dans le pays. Jamais nous n’entendrons un cambodgien évoquer cet épisode douloureux, mais pourtant récent, de leur histoire. Déjà les personnes âgées sont rares, l’espérance de vie située à 53 ans n’arrangeant rien. Et pourtant tous ceux âgés de plus de 40 ans ont connu la barbarie des khmers rouges. Etrange sensation quand on y réfléchit. Nous nous retrouvons dans une ville qui, en 48h, a totalement été évacué de sa population en avril 1975 ! Imaginez 2,5 millions de personnes (le nombre d’habitants de Paris intra-muros) déportés.

Pour ne pas oublier, il existe tout-de-même quelques lieux de commémoration. Le principal est sans aucun doute le centre d’internement et de torture de Tuol Sleng, surnommé S 21 par l’équipe de Pol Pot, dirigé par un ancien instituteur, Douch. Effrayant de constater que l’endroit était auparavant un lycée, surtout lorsque l’on sait que nombre de dirigeants du Kampuchéa démocratique était professeurs. La visite se révèle si ce n’est traumatisante, au moins très éprouvante. La longue série de portraits des victimes de la torture, 15 000 environ dans ce seul endroit, s’avère un moment difficile à encaisser. D’autant plus lorsqu’on croise le visage figé via les photographies d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants. Sans parler des crânes humains entassés.

Les mêmes restes humains provoquent tout autant un choc en se rendant sur le camp d’extermination de Choeung Ek. Prêt de 9000 restent humains ont été retrouvés sur ce site. Un charnier à ciel ouvert que l’on visite dans le silence. Un bon moyen de comprendre le passé récent de ce magnifique pays. Une façon de rendre hommage à la souffrance endurée par le peuple khmère. En moins de 4 ans, le régime de Pol Pot provoquera la mort de plus de 2 millions de personnes. Sans parler des blessés. Ni des mutilés par les mines. Pour un pays qui ne comptait que 6 millions d’habitants à cette époque.

Le Cambodge, un pays d’histoire en effet. Et l’histoire ne se comprend pas que par des chiffres. Etre sur place permet de mieux saisir la situation actuelle.

Une fois encore, n’hésitez pas à agrandir les photos en cliquant dessus. Pour voir plus de photos sur Phnom Penh, cliquer ici. Pour celles relatives à la période du Kampuchéa démocratique, c’est ici.

Cambodge, pays d’histoire (2) : Phnom Penh

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 09:30
Le trajet entre Siem Reap et Phnom Penh se fait en car, de façon très agréable. Le paysage sublime nous laisse voir les rizières. La période est en outre celle de la récolte du riz.

L’arrivée à Phnom Penh est un vrai bonheur, la ville tellement différente de la capitale voisine de Thaïlande. Ici point de buildings : aucun bâtiment de plus de 5 niveaux. Les traces du protectorat français sont encore très visibles, les maisons coloniales nombreuses et imposantes. Il règne ici une ambiance douce et chaleureuse, aidée par la présence au coeur de cette ville du Mékong, le long duquel se situe tous les bars et restaurants touristiques. Une petite Croisette asiatique.

La pauvreté est moins visible dans la capitale que dans les provinces alentoures. Cependant les médiants sont plus nombreux, bien que pas insistants. Il semble qu’il existe un plus grand fossé : les pauvres plus pauvres, et une classe aisée beaucoup plus visible. A la sortie des lieux touristiques, nombreux sont les mutilés victimes des mines anti-personnelles, ayant perdu une ou deux jambes. Plutôt que de tendre la main, les enfants préfèrent ici vous aborder en vous vendant des livres. Toujours la dignité de ce peuple qui transparaît.

Le regard est attiré de part et d’autre. Ici des mariés posant pour leurs photographes sur l’esplanade du Monument de l’Indépendance. Là une vendeuse de cerfs-volants. Et encore un mariage dans une pagode. Ou bien une fête familiale à même la rue, sous une grande bâche. Et partout le même accueil chaleureux.

Dans la ville, le moyen de locomotion le plus simple est le motodop, à un ou deux – sans casque évidemment – à l’arrière d’un scooter. Sensations garanties. Mais efficace pour se déplacer dans cette ville rapidement embouteillée.

Les visites du Palais du roi et du musée national se font rapidement. Les lieux sont lumineux et élégants, grands mais à taille humaine. Les dorures sont nombreuses mais pas vulgaires. Un joli petit pavillon Napoléon III dénote du reste de l’architecture.

Un midi, nous déjeûnons chez Monsieur Leng, tenant un petit restaurant. Agé de soixante ans environ, il fait partie de ces cambodgiens en voie de disparition, parlant parfaitement le français. C’est l’occasion d’engager la discussion. Et pour lui de regretter l’abandon de la langue française. Et de réclamer l’aide de la France, avec un brin de nostalgie, pour soutenir l’accès à l’éducation des enfants.

Cependant, nous sentons que parler de la période khmère est impossible. Un tabou dans le pays. Jamais nous n’entendrons un cambodgien évoquer cet épisode douloureux, mais pourtant récent, de leur histoire. Déjà les personnes âgées sont rares, l’espérance de vie située à 53 ans n’arrangeant rien. Et pourtant tous ceux âgés de plus de 40 ans ont connu la barbarie des khmers rouges. Etrange sensation quand on y réfléchit. Nous nous retrouvons dans une ville qui, en 48h, a totalement été évacué de sa population en avril 1975 ! Imaginez 2,5 millions de personnes (le nombre d’habitants de Paris intra-muros) déportés.

Pour ne pas oublier, il existe tout-de-même quelques lieux de commémoration. Le principal est sans aucun doute le centre d’internement et de torture de Tuol Sleng, surnommé S 21 par l’équipe de Pol Pot, dirigé par un ancien instituteur, Douch. Effrayant de constater que l’endroit était auparavant un lycée, surtout lorsque l’on sait que nombre de dirigeants du Kampuchéa démocratique était professeurs. La visite se révèle si ce n’est traumatisante, au moins très éprouvante. La longue série de portraits des victimes de la torture, 15 000 environ dans ce seul endroit, s’avère un moment difficile à encaisser. D’autant plus lorsqu’on croise le visage figé via les photographies d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants. Sans parler des crânes humains entassés.

Les mêmes restes humains provoquent tout autant un choc en se rendant sur le camp d’extermination de Choeung Ek. Prêt de 9000 restent humains ont été retrouvés sur ce site. Un charnier à ciel ouvert que l’on visite dans le silence. Un bon moyen de comprendre le passé récent de ce magnifique pays. Une façon de rendre hommage à la souffrance endurée par le peuple khmère. En moins de 4 ans, le régime de Pol Pot provoquera la mort de plus de 2 millions de personnes. Sans parler des blessés. Ni des mutilés par les mines. Pour un pays qui ne comptait que 6 millions d’habitants à cette époque.

Le Cambodge, un pays d’histoire en effet. Et l’histoire ne se comprend pas que par des chiffres. Etre sur place permet de mieux saisir la situation actuelle.

Une fois encore, n’hésitez pas à agrandir les photos en cliquant dessus. Pour voir plus de photos sur Phnom Penh, cliquer ici. Pour celles relatives à la période du Kampuchéa démocratique, c’est ici.

Cambodge, pays d’histoire (2) : Phnom Penh

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 09:30
Le trajet entre Siem Reap et Phnom Penh se fait en car, de façon très agréable. Le paysage sublime nous laisse voir les rizières. La période est en outre celle de la récolte du riz.

L’arrivée à Phnom Penh est un vrai bonheur, la ville tellement différente de la capitale voisine de Thaïlande. Ici point de buildings : aucun bâtiment de plus de 5 niveaux. Les traces du protectorat français sont encore très visibles, les maisons coloniales nombreuses et imposantes. Il règne ici une ambiance douce et chaleureuse, aidée par la présence au coeur de cette ville du Mékong, le long duquel se situe tous les bars et restaurants touristiques. Une petite Croisette asiatique.

La pauvreté est moins visible dans la capitale que dans les provinces alentoures. Cependant les médiants sont plus nombreux, bien que pas insistants. Il semble qu’il existe un plus grand fossé : les pauvres plus pauvres, et une classe aisée beaucoup plus visible. A la sortie des lieux touristiques, nombreux sont les mutilés victimes des mines anti-personnelles, ayant perdu une ou deux jambes. Plutôt que de tendre la main, les enfants préfèrent ici vous aborder en vous vendant des livres. Toujours la dignité de ce peuple qui transparaît.

Le regard est attiré de part et d’autre. Ici des mariés posant pour leurs photographes sur l’esplanade du Monument de l’Indépendance. Là une vendeuse de cerfs-volants. Et encore un mariage dans une pagode. Ou bien une fête familiale à même la rue, sous une grande bâche. Et partout le même accueil chaleureux.

Dans la ville, le moyen de locomotion le plus simple est le motodop, à un ou deux – sans casque évidemment – à l’arrière d’un scooter. Sensations garanties. Mais efficace pour se déplacer dans cette ville rapidement embouteillée.

Les visites du Palais du roi et du musée national se font rapidement. Les lieux sont lumineux et élégants, grands mais à taille humaine. Les dorures sont nombreuses mais pas vulgaires. Un joli petit pavillon Napoléon III dénote du reste de l’architecture.

Un midi, nous déjeûnons chez Monsieur Leng, tenant un petit restaurant. Agé de soixante ans environ, il fait partie de ces cambodgiens en voie de disparition, parlant parfaitement le français. C’est l’occasion d’engager la discussion. Et pour lui de regretter l’abandon de la langue française. Et de réclamer l’aide de la France, avec un brin de nostalgie, pour soutenir l’accès à l’éducation des enfants.

Cependant, nous sentons que parler de la période khmère est impossible. Un tabou dans le pays. Jamais nous n’entendrons un cambodgien évoquer cet épisode douloureux, mais pourtant récent, de leur histoire. Déjà les personnes âgées sont rares, l’espérance de vie située à 53 ans n’arrangeant rien. Et pourtant tous ceux âgés de plus de 40 ans ont connu la barbarie des khmers rouges. Etrange sensation quand on y réfléchit. Nous nous retrouvons dans une ville qui, en 48h, a totalement été évacué de sa population en avril 1975 ! Imaginez 2,5 millions de personnes (le nombre d’habitants de Paris intra-muros) déportés.

Pour ne pas oublier, il existe tout-de-même quelques lieux de commémoration. Le principal est sans aucun doute le centre d’internement et de torture de Tuol Sleng, surnommé S 21 par l’équipe de Pol Pot, dirigé par un ancien instituteur, Douch. Effrayant de constater que l’endroit était auparavant un lycée, surtout lorsque l’on sait que nombre de dirigeants du Kampuchéa démocratique était professeurs. La visite se révèle si ce n’est traumatisante, au moins très éprouvante. La longue série de portraits des victimes de la torture, 15 000 environ dans ce seul endroit, s’avère un moment difficile à encaisser. D’autant plus lorsqu’on croise le visage figé via les photographies d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants. Sans parler des crânes humains entassés.

Les mêmes restes humains provoquent tout autant un choc en se rendant sur le camp d’extermination de Choeung Ek. Prêt de 9000 restent humains ont été retrouvés sur ce site. Un charnier à ciel ouvert que l’on visite dans le silence. Un bon moyen de comprendre le passé récent de ce magnifique pays. Une façon de rendre hommage à la souffrance endurée par le peuple khmère. En moins de 4 ans, le régime de Pol Pot provoquera la mort de plus de 2 millions de personnes. Sans parler des blessés. Ni des mutilés par les mines. Pour un pays qui ne comptait que 6 millions d’habitants à cette époque.

Le Cambodge, un pays d’histoire en effet. Et l’histoire ne se comprend pas que par des chiffres. Etre sur place permet de mieux saisir la situation actuelle.

Une fois encore, n’hésitez pas à agrandir les photos en cliquant dessus. Pour voir plus de photos sur Phnom Penh, cliquer ici. Pour celles relatives à la période du Kampuchéa démocratique, c’est ici.

12 janvier 2007

Cambodge, pays d’histoire (1) : Angkor

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 06:30
En arrivant au Cambodge, le premier choc est de constater la pauvreté de ce pays. Dès le passage de la frontière, on remarque la saleté des rues, les déchets qui s’amoncellent. Mais aussitôt après, le regard est attiré par la chaleur des habitants. Quel bonheur de voir tous les cambodgiens curieux et ouverts, toujours souriants, jamais plaintifs. Un peuple khmer fier et discret. Pour raconter la vision que j’ai eu de ce pays, je trouve plus intéressant de l’axer sous l’angle historique, tellement le temps caractérise l’évolution et l’attrait de ce territoire.

La route pour se rendre jusqu’à Poïpet, côté thaïlandais est bonne, la suite du trajet jusqu’à Siem Reap étant beaucoup plus laborieuse, au regard de l’état des routes. La ville sert de point d’accueil pour l’ensemble des touristes souhaitant visiter les temples d’Angkor. Angkor, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, fait partie des 21 prétendants pour être désigné parmi les New 7 Wonders.

Malheureusement, le site d’Angkor est littéralement envahi par les sud-coréens. Une notion du tourisme leur est propre, et m’échappe totalement. Ils arrivent directement à l’aéroport de Siem Reap. Logent dans des hôtels flambants neufs (et apparemment servant également à écouler de l’argent sale), se déplacent dans des bus climatisés. Se déplacent perpétuellement avec la panoplie Nikon : appareil photo, pieds stabilisateurs, objectifs, caméras, … Mais le pire est qu’ils sont extrêmement nombreux, terriblement bruyants. Au mépris de ces lieux magiques, la visite est donc perturbée par ces hordes hurlantes et ultra-photographiantes, se moquant des locaux et des autres touristes.

La visite des ruines se fera en tuk-tuk, moyen de locomation constitué d’un scooter auquel est attelé un habitacle couvert. L’entrée du site se trouve a une dizaine de kilomètres de la ville de Siem Reap. Nous resterons 3 jours sur place, ce qui permet d’avoir un très bon aperçu des différents temples, de visiter les plus célèbres, et de s’attarder sur d’autres moins fréquentés. Nous logions dans un charmant hôtel, à proximité d’une pagode (photo ci contre), le centre névralgique de chaque quartier, accueillant une école, un lieu de culte et parfois un centre culturel.

Le soir, nous avons l’occasion de profiter des massages dispensé par des aveugles, formés par une ONG du nom de Krousar Thmey. ONG crée par un français, Benoît Duchâteau-Arminjon. Un midi, nous déjeûnons également dans l’école hôtelière Salabai, tenue par l’association Agir pour le Cambodge. Une bonne occasion pour très bien manger en soutenant une bonne cause.

Le site le plus visité, presque à juste titre, est Angkor Wat, gigantesque temple dominé par cinq tours (celles du film Apocalypse Now) . Emblême du Cambodge, ces tours sont représentées sur le drapeau national. Je ne vais pas vous refaire l’historique de ce lieu (pour cela, allez sur wikipedia), mais il est bon de savoir que la construction de ce temple date de la même époque (XIIè siècle) que Notre Dame de Paris. La magie tient également des multipes sculptures et bas reliefs se répandant sur les murs.

L’ensemble du site d’Angkor, se déployant sur plus de 400km², montre la puissance de l’empire Khmer, véritable maître de la région entre les IXè et XIVè siècle. Le nombre de temples, de statues laissent présager de la splendeur de ce royaume.

Je ne vais pas m’étendre sur la douzaine de temples que nous avons parcouru, mais le plus surprenant de ceux-ci est véritablement le temple de Ta Phrom. Outre le fait qu’il est presque totalement déserté par les touristes, ce lieu est envahi par la jungle. Un air féérique règne dans cet endroit. Les arbres poussant n’importe où, tous plus gigantesques les uns des autres, laissent entrevoir l’émerveillement que devait être celui des découvreurs de ces lieux magiques. Un lieu dans lequel on a envie de s’attarder, où l’on s’attend d’un instant à l’autre de voir surgir qui des sujets du Jayavarman VII, qui une nuée de gnomes d’un conte allemand.

Je terminerai cette note consacrée à Angkor par le temple du Bayon, que nous avons parcouru à deux reprises. La première fois, trop de touristes présents ont empêché de véritablement profité de ce lieu. Car l’endroit est très mystérieux. Une montagne de statues. Des têtes d’hommes, des visages surdimensionnés, des sourires énigmatiques. Tous disposés de façon incompréhensible. Un véritable labyrinthe.

Je vous donne rendez-vous demain pour la suite des aventures. Au programme la période des khmers rouges et Phnom Penh. Encore un vaste programme. En espèrant que vous appréciez ce récit …

Vous pouvez trouver l’ensemble des photos relatives à la visite d’Angkor en cliquant sur le lien, ici.
Je rappelle que les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.

Cambodge, pays d’histoire (1) : Angkor

Classé dans : Narcisse, photographie, voyage — lucmandret @ 06:30
En arrivant au Cambodge, le premier choc est de constater la pauvreté de ce pays. Dès le passage de la frontière, on remarque la saleté des rues, les déchets qui s’amoncellent. Mais aussitôt après, le regard est attiré par la chaleur des habitants. Quel bonheur de voir tous les cambodgiens curieux et ouverts, toujours souriants, jamais plaintifs. Un peuple khmer fier et discret. Pour raconter la vision que j’ai eu de ce pays, je trouve plus intéressant de l’axer sous l’angle historique, tellement le temps caractérise l’évolution et l’attrait de ce territoire.

La route pour se rendre jusqu’à Poïpet, côté thaïlandais est bonne, la suite du trajet jusqu’à Siem Reap étant beaucoup plus laborieuse, au regard de l’état des routes. La ville sert de point d’accueil pour l’ensemble des touristes souhaitant visiter les temples d’Angkor. Angkor, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, fait partie des 21 prétendants pour être désigné parmi les New 7 Wonders.

Malheureusement, le site d’Angkor est littéralement envahi par les sud-coréens. Une notion du tourisme leur est propre, et m’échappe totalement. Ils arrivent directement à l’aéroport de Siem Reap. Logent dans des hôtels flambants neufs (et apparemment servant également à écouler de l’argent sale), se déplacent dans des bus climatisés. Se déplacent perpétuellement avec la panoplie Nikon : appareil photo, pieds stabilisateurs, objectifs, caméras, … Mais le pire est qu’ils sont extrêmement nombreux, terriblement bruyants. Au mépris de ces lieux magiques, la visite est donc perturbée par ces hordes hurlantes et ultra-photographiantes, se moquant des locaux et des autres touristes.

La visite des ruines se fera en tuk-tuk, moyen de locomation constitué d’un scooter auquel est attelé un habitacle couvert. L’entrée du site se trouve a une dizaine de kilomètres de la ville de Siem Reap. Nous resterons 3 jours sur place, ce qui permet d’avoir un très bon aperçu des différents temples, de visiter les plus célèbres, et de s’attarder sur d’autres moins fréquentés. Nous logions dans un charmant hôtel, à proximité d’une pagode (photo ci contre), le centre névralgique de chaque quartier, accueillant une école, un lieu de culte et parfois un centre culturel.

Le soir, nous avons l’occasion de profiter des massages dispensé par des aveugles, formés par une ONG du nom de Krousar Thmey. ONG crée par un français, Benoît Duchâteau-Arminjon. Un midi, nous déjeûnons également dans l’école hôtelière Salabai, tenue par l’association Agir pour le Cambodge. Une bonne occasion pour très bien manger en soutenant une bonne cause.

Le site le plus visité, presque à juste titre, est Angkor Wat, gigantesque temple dominé par cinq tours (celles du film Apocalypse Now) . Emblême du Cambodge, ces tours sont représentées sur le drapeau national. Je ne vais pas vous refaire l’historique de ce lieu (pour cela, allez sur wikipedia), mais il est bon de savoir que la construction de ce temple date de la même époque (XIIè siècle) que Notre Dame de Paris. La magie tient également des multipes sculptures et bas reliefs se répandant sur les murs.

L’ensemble du site d’Angkor, se déployant sur plus de 400km², montre la puissance de l’empire Khmer, véritable maître de la région entre les IXè et XIVè siècle. Le nombre de temples, de statues laissent présager de la splendeur de ce royaume.

Je ne vais pas m’étendre sur la douzaine de temples que nous avons parcouru, mais le plus surprenant de ceux-ci est véritablement le temple de Ta Phrom. Outre le fait qu’il est presque totalement déserté par les touristes, ce lieu est envahi par la jungle. Un air féérique règne dans cet endroit. Les arbres poussant n’importe où, tous plus gigantesques les uns des autres, laissent entrevoir l’émerveillement que devait être celui des découvreurs de ces lieux magiques. Un lieu dans lequel on a envie de s’attarder, où l’on s’attend d’un instant à l’autre de voir surgir qui des sujets du Jayavarman VII, qui une nuée de gnomes d’un conte allemand.

Je terminerai cette note consacrée à Angkor par le temple du Bayon, que nous avons parcouru à deux reprises. La première fois, trop de touristes présents ont empêché de véritablement profité de ce lieu. Car l’endroit est très mystérieux. Une montagne de statues. Des têtes d’hommes, des visages surdimensionnés, des sourires énigmatiques. Tous disposés de façon incompréhensible. Un véritable labyrinthe.

Je vous donne rendez-vous demain pour la suite des aventures. Au programme la période des khmers rouges et Phnom Penh. Encore un vaste programme. En espèrant que vous appréciez ce récit …

Vous pouvez trouver l’ensemble des photos relatives à la visite d’Angkor en cliquant sur le lien, ici.
Je rappelle que les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus.

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